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Cette image tirée d'une vidéo sur YouTube montre la manifestation à Musaifra, dans la région de Daraa, vendredi.

Photo: AFP/AFP

Cette image tirée d'une vidéo sur YouTube montre la manifestation à Musaifra, dans la région de Daraa, vendredi.

 

Au moins 217 civils ont été tués et plusieurs centaines, blessés dans la nuit de vendredi à samedi à Homs, au centre de la Syrie, par des tirs de chars et de mitrailleuses, a affirmé l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), qui a appelé le peuple à descendre dans la rue.

Quelque 138 personnes, dont des femmes et des enfants, ont été tuées dans le quartier d'Al-Khalidiya et 79 dans d'autres quartiers, selon un communiqué de l'organisation basée à Londres, au Royaume-Uni.

Il s'agirait de l'une des attaques les plus sanglantes dans ce pays depuis le début du mouvement de révolte en mars dernier.

Homs est un haut lieu de la contestation contre le régime du président Bachar Al-Assad.

L'OSDH appelle « le peuple syrien dans toutes les régions à descendre dans les rues des villes et des villages et à se lever contre le régime qui commet un véritable massacre en ce moment à Homs ».

 

Aucune confirmation n'est possible, le pouvoir syrien ayant restreint l'activité des médias indépendants en Syrie.

Le Conseil de sécurité de l'ONU doit se réunir samedi matin pour voter le nouveau projet de résolution sur la Syrie condamnant la répression, selon des diplomates. La Russie rejette toujours le texte dans sa forme actuelle.

Ailleurs dans le pays, les violences perpétrées vendredi par les forces de l'ordre contre des civils et les combats entre l'armée et des déserteurs ont fait au moins 35 morts, selon l'OSDH.

Des milliers de Syriens ont manifesté dans l'ensemble du pays, notamment dans la capitale Damas, pour marquer le 30e anniversaire du massacre de Hama, où plusieurs milliers de personnes ont été tués à l'époque par le régime de Hafez Al-Assad, père de l'actuel président syrien.

« Hafez est mort, Hama n'est pas morte, Bachar va mourir et la Syrie ne mourra pas », proclamaient des pancartes brandies par des manifestants dans le quartier Al-Kidam de Damas, selon une vidéo publiée par des militants.

Les manifestants étaient également nombreux à Deraa et Daël (sud), Idleb (nord-ouest), Lattaquié (ouest) et à Hama même.

Le massacre de Hama

En février 1982, l'armée syrienne a assiégé et pilonné la ville de Hama quatre semaines durant pour mater une insurrection des Frères musulmans.

Les bilans dénombrent de 10 000 à 40 000 victimes.

Dans cette ville majoritairement sunnite, les Frères musulmans se sont attaqués aux responsables locaux du parti Baas qui dirige le pays. Les bilans de l'époque faisaient état de 70 à 300 morts.

À l'époque, c'était Rifaat Al-Assad, le frère du président Hafez, qui dirigeait la répression.

Trente ans après, c'est le même schéma qui se répète. C'est Maher Al-Assad, le frère de Bachar, qui dirige la répression à la tête des troupes d'élite.

En lançant un appel à des manifestations « par millions » vendredi, les opposants au régime syrien souhaitaient honorer les victimes de ce massacre.

De nombreuses personnes vêtues de noir chantaient et dansaient, criant à la gloire de l'Armée syrienne libre (ASL), composée de déserteurs qui luttent contre le régime.

Les manifestants ont subi partout les tirs des forces de sécurité, selon des militants.

Seize civils, dont deux enfants, ont été tués vendredi, a indiqué l'OSDH.

Parallèlement, les combats entre l'armée et des groupes de déserteurs à travers le pays ont fait 14 morts du côté des forces du régime et 5 morts chez les déserteurs, selon l'OSDH.

L'opposition rappelle que « le silence arabe et international face aux crimes de Hafez Al-Assad et de sa clique il y a 30 ans est en grande partie responsable de la poursuite de ces crimes et des atrocités quotidiennes commises par Bachar au vu et au su » du monde entier.

Malgré la poursuite de la répression et l'incapacité jusqu'à présent de la communauté internationale d'y mettre fin, en raison de la division au sein du Conseil de sécurité, la mobilisation ne faiblit pas.

Au moins 6000 personnes ont péri dans la répression depuis plus de dix mois, selon les militants.

Les forces de sécurité torturent des enfants

« L'armée et les officiers de la sécurité ont arrêté, l'année dernière, et torturé des enfants sans être inquiétés. Au moins 12 cas ont été recensés d'enfants détenus dans des conditions inhumaines, torturés ou tués par balle dans leurs maisons et dans les rues », a indiqué l'ONG Human Rights Watch.

Les enfants sont âgés d'à peine 13 ans, a précisé l'organisation de défense des droits de l'homme.

L'ONG accuse le gouvernement syrien d'avoir « transformé des écoles en lieux de détention et en bases militaires, et d'avoir posté des francs-tireurs sur ces bâtiments, où des enfants ont également été arrêtés ».

La Russie s'oppose à la résolution à l'ONU

La Russie, allié traditionnel de la Syrie, a de nouveau indiqué vendredi ne pas pouvoir soutenir « en l'état » le projet de résolution sur la Syrie qui circule à l'ONU.

Néanmoins, le département d'État américain a fait état d'une « une conversation constructive » entre la secrétaire d'État américaine Hillary Clinton et son homologue russe Sergueï Lavrov.

Hillary Clinton et M. Lavrov « se sont accordés sur le fait que leurs équipes à New York allaient continuer à travailler sur un projet de résolution », a déclaré un porte-parole du département d'État, ajoutant que les deux ministres doivent se rencontrer ce week-end lors d'une conférence en Allemagne.

Fruit d'intenses négociations entre les ambassadeurs des 15 pays membres du Conseil, le nouveau projet de résolution propose que le Conseil de sécurité « [soutienne] pleinement [...] la décision de la Ligue arabe du 22 janvier 2012 de faciliter une transition politique menant à un système politique démocratique et pluraliste ».

Les détails de cette transition - en particulier le départ du président Assad et le transfert de ses pouvoirs au vice-président - ont en revanche été retirés. Ces modalités avaient été envisagées en janvier par la Ligue arabe, et proposées dans le cadre de son plan de sortie de crise qui a été rejeté par Damas.

Le texte abandonne aussi toute référence aux sanctions économiques décidées par la Ligue arabe contre Damas en novembre 2011. Un paragraphe où le Conseil « s'inquiétait » des ventes d'armes à la Syrie a également été supprimé.

Tag(s) : #CONFLICTS DANS LE MONDE

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