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REUTERS/Allison Joyce



Par RFI

La Russie a mis sa menace à exécution. La Chine a suivi. Les deux pays ont apposé leur veto à un projet de résolution condamnant la répression de la révolte par le régime syrien. C’est la deuxième fois en quatre mois que Moscou et Pékin font usage de ce droit sur un dossier dans lequel les deux derniers alliés de Bachar el-Assad continuent de camper leurs positions.Et ce, au grand dam de ses partenaires occidentaux dont les réactions, indignées voire scandalisées, ne se sont pas faites attendre.

Avec nos correspondants à New York, Moscou et Bruxelles

Le veto de la Russie et de la Chine a surpris les diplomates de l’ONU. Après huit jours de négociations, l’ambassadeur français Gérard Araud, pensait que cette fois un compromis était possible : « Ce double veto aux yeux de tout le monde est incompréhensible [...] parce que la résolution était un texte simple : nous soutenions l'initiative de la Ligue arabe, nous avions fait beaucoup d'efforts, nous avions fait disparaître beaucoup de dispositions que n'aimaient pas les Russes. »

La Russie a considéré par la voix de son ambassadeur, Vitaly Churkin, que le plan de la Ligue arabe demandant le retrait des forces syriennes, n’était suffisamment ferme avec les groupes armés liés à l’opposition : « Quand le gouvernement syrien se retire, ce sont des groupes armés qui prennent sa place ! Et puis rien n’oblige le Conseil de sécurité à adopter ce qu’a décidé une organisation régionale au mot près. Ce n’est pas le Coran ou la Bible. »

Plusieurs ambassadeurs craignent que ce veto ne soit interprété comme un feu vert à Bachar el-Assad pour alourdir la répression.

Pour la secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, le veto russo-chinois revient « à endosser la responsabilité des horreurs qui se produisent en Syrie ». « Sans une action commune, avec la communauté internationale, je crains que la fin de partie ne soit la guerre civile », a-t-elle affirmé.

Les réactions à Bruxelles

Le ton est parfois différent, mais à l'unisson, les Européens regrettent les veto russes et chinois au projet de résolution des Nations unies.

Le plus virulent est le ministre britannique des Affaires étrangères. William Hague estime que Moscou et Pékin « abandonnent le peuple syrien ». Il accuse les deux pays d'« encourager le régime brutal du président Bachar el-Assad. »

Nicolas Sarkozy, de son côté, a déplorédouble veto et affirmé que « la tragédie syrienne doit cesser ».

L'Union européenne avait multiplié les contacts pour parvenir à un accord. En déplacement au Brésil, la chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, demandait aux autorités brésiliennes et à l'ensemble de Conseil de sécurité de l'ONU de voter en faveur de ce texte.

Le président du Parlement européen, Martin Schulz, regrette lui aussi le veto de la Russie et de la Chine. Il demande aux deux pays de prendre leurs responsabilités et de permettre ainsi à la communauté internationale d'agir d'une même voix.

Moscou reste inflexible

La Russie refuse toujours de lâcher son allié syrien, auquel elle continue de vendre des armes. Damas reste le plus gros importateur de blindés, de fusils d'assaut, ou d’avions de chasse russes au Moyen-Orient. Cette semaine, les autorités russes ont répété que leur pays continuerait d’exporter des armements en Syrie, se défendant au passage de fournir de l’équipement qui pourrait être utilisé contre les manifestants.

Face aux violences qui n’en finissent pas de faire des victimes, la Russie insiste pour que la communauté internationale mette sur le même plan les exactions commises par le régime syrien et les attaques des opposants armés. Pas question non plus de donner son feu vert à un quelconque début d'ingérence dans les affaires intérieures syriennes et de prôner une transition démocratique à un moment où le pouvoir russe fait lui-même face à une importante vague de contestations.

Inlassablement, Serguei Lavrov répète son opposition à l'usage de la force et à toute résolution qui soutiendrait des sanctions unilatérales visant le régime de Bachar el-Assad, qui mènerait inévitablement, selon lui, à un scénario libyen.

Le chef de la diplomatie russe continue de croire en une solution politique au conflit. C'est dans cette optique qu'il se rendra mardi à Damas pour des entretiens avec le président Bachar el-Assad.

source: RFI

Tag(s) : #CONFLICTS DANS LE MONDE

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