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SYNODE FAMILLE

 

RELIGION - Ce devait être un moment historique marquant une nette évolution de l'Église catholique sur des sujets de société. Le résultat n'est pas tout à fait à la hauteur des attentes. Le synode des évêques sur la famille convoqué par le pape François a approuvé samedi 18 octobre un rapport final, "rééquilibré" pour tenir compte des réticences des prélats les plus conservateurs.

Dans ce rapport intitulé "relatio synodi", aucun accord n'a ainsi été dégagé sur les cas des divorcés et des homosexuels, a annoncé le porte-parole du Vatican, le père Federico Lombardi. Le rapport fait toutefois un inventaire des problèmes très divers de la famille catholique sur les cinq continents, dont ceux de l'accueil dans l'Eglise des personnes en union libre, homosexuelles et divorcées, dans le cadre du processus d'ouverture voulu par François, que redoutent les conservateurs.

Le cardinal Christoph Schönborn archevêque de Vienne, a résumé devant des journalistes le changement intervenu en six jours, par rapport à la première mouture du texte: "ce texte est nettement plus réservé" que celui de lundi, notamment sur les homosexuels, en tenant compte notamment des oppositions des évêques de "pays de cultures très différentes", principalement en Afrique. "Il ne faut pas oublier que des évêques viennent de situations culturelles très différentes, où d'autres religions, par exemple l'islam, sont prédominantes, et où ce thème est un thème très délicat", a-t-il noté.

"Des déclarations mal vues dans ces pays pourraient être un problème pour les pasteurs et pour l'Eglise. Mais il y a par ailleurs l'affirmation très claire" dans le rapport final qu'"on ne doit en aucun cas discriminer les homosexuels: c'est un message envoyé dans des pays où la peine de mort peut-être infligé aux homosexuels", a insisté le cardinal autrichien.

183 pères synodaux ont participé au vote sur chacun des 62 paragraphes. Pour être approuvés, ils devaient être approuvés aux deux-tiers. Trois n'ont pas obtenu cette majorité qualifiée. Ils concernent l'accès aux sacrements des divorcés remariés et l'accueil des homosexuels.

"Sur ces points, on ne peut considérer qu'il y a un consensus du synode. Mais cela ne veut pas dire qu'ils sont complètement rejetés", ont expliqué ensuite plusieurs porte-paroles. Les paragraphes en question n'ont d'ailleurs pas été retirés du texte final.

Deux des paragraphes du texte final qui n'ont pas obtenu les deux-tiers concernent les divorcés remariés. Ils font le constat de la division entre les évêques qui veulent le maintien de "la discipline actuelle" et ceux qui prônent "un accueil" limité de certaines de ces personnes aux sacrements. Ils suggèrent pour sortir de l'impasse un "approfondissement" de la réflexion de l'Eglise sur "un chemin de pénitence". Ils demandent qu'il soit tenu compte de "circonstances atténuantes", par exemple pour l'époux victime de l'échec de son mariage.

Le troisième paragraphe évoque "l'attention pastorale" aux homosexuels. Il affirme que ces "hommes et femmes doivent être accueillis avec respect et délicatesse" et ne doivent pas être victimes d'aucune "marque de discrimination". Il ajoute cependant qu'il "n'y a aucun fondement pour assimiler ou établir des analogies, même lointaines, entre les unions homosexuelles et le dessein de Dieu sur le mariage et la famille".

Le faible vote pour ces trois paragraphes signifie que leur formulation n'a pas satisfait certains pères synodaux conservateurs, mais aussi peut-être libéraux pour lesquels les textes n'allaient pas assez loin.

Des propositions dans un an

La teneur de ce texte est aussi une forme de sondage sur la ligne audacieuse que soutient le pape, un bon indicateur qui lui permet de voir la force des camps en présence, partisans et adversaires de ses réformes.

Ce synode agité est la première phase d'un long processus de consultations. Un deuxième synode "ordinaire", chargé d'élaborer des propositions, est prévu pour octobre 2015. Ses conclusions seront remises à François, qui aura le dernier mot. Samedi, le pape François a pris la parole, se déclarant confiant que l'année à venir permettrait de "faire mûrir, avec un vrai discernement spirituel, les idées proposées et trouver des solutions concrètes à tant de difficultés et innombrables défis".

Certains cardinaux craignent que l'édifice de l'Eglise ne s'écroule tout entier en cas d'ouvertures majeures sur le divorce, l'union libre ou l'homosexualité

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Tag(s) : #RELIGIONS

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