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Introduction

Après plusieurs jours de négociations intenses, les représentants des 195 pays participant à la 17ème conférence des Nations Unies sur le changement climatique, à Durban en Afrique du Sud, ont adopté à l'unanimité un paquet de décisions pour renforcer le régime multilatéral de lutte contre le réchauffement climatique. Si cet accord a été salué, il coïncide cependant avec l'annonce par le Canada de sa décision de se retirer du protocole de Kyoto, ce qui pourrait remettre en cause la portée des engagements de l'ensemble des Etats en faveur de la protection de l'environnement.

Le protocole de "Kyoto, pour le Canada, est chose du passé. Nous invoquons notre droit reconnu par la loi de nous retirer officiellement de Kyoto", a déclaré le ministre de l'environnement canadien Peter Kent, quelques heures après la fin de la conférence des Nations Unies.

Quoi qu'il en soit, Durban, "représente un accord significatif qui définit la manière dont la communauté internationale répondra au changement climatique dans les années à venir", a souligné le porte-parole du Secrétaire général de l'ONU.

Le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, "pense que la décision de lancer un protocole ou un instrument juridique applicable à toutes les parties dans le cadre de la Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques est indispensable pour susciter davantage d'action et augmenter le niveau d'ambition et la mobilisation des ressources pour répondre aux défis du changement climatique".
En outre, le Secrétaire général de l'ONU s'est déclaré satisfait que "les pays aient pris des décisions qui permettront de rendre opérationnels les Accords de Cancun, notamment le Mécanisme technologique qui encouragera l'accès des pays en développement à des technologiques propres et le Comité d'adaptation qui coordonnera des activités d'adaptation à l'échelle globale. Il a aussi salué le lancement du Fonds climatique vert, et s'est dit heureux de constater qu'un certain nombre de pays ont signalé leur intention de contribuer au Fonds".

Durban, qui constitue une seconde période d'engagement du Protocole de Kyoto, fournit des incitations supplémentaires pour de nouveaux investissements dans la technologie et l'infrastructure nécessaires pour combattre le changement climatique.

Pour la ministre de l'Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, qui participait à ces négociations, l'accord de Durban "matérialise des avancées significatives" sur plusieurs points essentiels, retracés dans un communiqué de presse et dont voici la teneur.

L'adoption d'une feuille de route pour un accord global signé en 2015

Malgré les réticences initiales de certains pays émergents et de plusieurs grandes puissances industrielles concernant le principe d'un tel accord, sa nature juridique, sa date d'adoption et de mise en place, la dynamique insufflée par l'union européenne, a permis de conduire l'ensemble des grands pays émetteurs à faire évoluer leur position. Les propositions de l'Europe ont formé la base du compromis.

"L'Union Européenne ne représentant que 11% des émissions mondiales, seul l'engagement de toutes les grandes économies, au premier rang desquels se trouvent les Etats-Unis et la Chine, permet de contenir la hausse de la température mondiale. La voie est désormais ouverte. C'est un tournant qui a été pris avec une grande difficulté mais qui a été pris (...) Nous avons (...) franchi une étape", a déclaré la ministre.

Rappel du calendrier des engagements pris à Kyoto

Alors que s'approchait le terme de la première période d'engagement du Protocole de Kyoto, au 31 décembre 2012, Durban a permis de préserver ce qui constitue jusqu'à présent le seul cadre multilatéral juridiquement contraignant de réduction des émissions de gaz à effet de serre, tout en lançant, parallèlement - compte tenu de la part limitée et déclinante des émissions mondiales qu'il recouvre, la feuille de route pour un accord plus large et plus ambitieux, incluant tous les pays.

Le compromis final a été inspiré par l'Union européenne, qui conditionnait la prolongation de son engagement au titre de Kyoto à l'adoption d'une telle feuille de route.

La seconde période de Kyoto entrera en vigueur au 1er janvier 2013. L'accord global qui aura force légale, devra être conclu d'ici 2015 et entrer en vigueur au plus tard à compter de 2020. D'ici là, les Parties ne devront pas relâcher leurs efforts, les décisions de Durban reconnaissant l'insuffisance des engagements souscrits à ce jour pour répondre aux défis du changement climatique et la nécessité d'une action renforcée.

Vers la mise en place opérationnelle du Fonds vert pour le Climat

L'Accord de Durban assure le lancement effectif et rapide du Fonds vert pour le climat, décidé à Copenhague et officiellement créé à Cancun, répondant ainsi à une demande forte des pays en développement de se doter d'un instrument financier innovant facilitant leur transition vers une économie bas carbone et résiliente au changement climatique.

Cette décision permet en effet d'adopter l'instrument du Fonds vert (qui inclut ses grands objectifs, ses principes de gouvernance et ses modalités opérationnelles) et définit l'ensemble des arrangements pratiques assurant sa mise en place début 2012 (nomination du Conseil et établissement du secrétariat). Des contributions volontaires, dont plusieurs ont déjà été annoncées à Durban, permettront de couvrir les frais de fonctionnement du Fonds vert sur les deux années à venir.

L'ouverture d'un dialogue sur l'agriculture

Après 24h d'intenses discussions avec les représentants des pays les plus actifs, un texte intégré à l'accord final met en place, pour la première fois, un dialogue sur l'agriculture pour :

  • développer les bonnes pratiques,
  • transférer les technologies,
  • répondre aux enjeux climatiques tant sur le plan de la réduction des émissions que de l'adaptation à ses effets, notamment en ce qui concerne la sécurité alimentaire.

"A l'origine de 30% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, l'agriculture représente un potentiel considérable de réduction des émissions. C'est aussi le premier secteur touché par le défi du réchauffement climatique. L'accord de Durban ouvre la voie d'un programme de travail pour réduire les émissions et favoriser l'adaptation a l'évolution du climat pour garantir la sécurité alimentaire. Un accord sur l'agriculture était recherché depuis plusieurs années. Son obtention est une avancée pour le climat, et notamment pour les pays les moins développés dans lesquels l'agriculture est synonyme de survie", a expliqué la ministre.

© 2011 Net-iris

source: Net-iris

Tag(s) : #NATURE - ECOLOGIE

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