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L'ancienne candidate à la présidentielle était face à un choix cornélien : Aubry, sa meilleure ennemie, ou Hollande, le père de ses enfants.

Ségolène Royal, les raisons d'un soutien

Ségolène Royal a beaucoup consulté pour prendre sa décision.©Montage LePoint.fr

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Trois scénarios étaient envisagés : une interview sur le plateau d'un 20 heures, une conférence de presse ou un communiqué. C'est finalement par ce dernier biais que Ségolène Royal a décidé d'annoncer, mercredi, "tout [son] soutien à François Hollande" pour le second tour de la primaire dimanche.

 

L'idée de confronter Royal à la presse paraissait violente, aux yeux de certains proches, si peu de temps après le cruel premier tour, après les 6,9 % de voix et cette 4e place, après les larmes trop médiatisées.

 

Royal "a relevé la tête, c'est une femme debout", assurait pourtant dès mardi soir son porte-parole Guillaume Garot lors de l'émission Mardi politique sur RFI, dont Le Point et 20 minutes sont partenaires.

 

 

La meilleure ennemie ou l'ancien compagnon

 

 

Pendant trois jours, Royal a beaucoup consulté. Elle a surtout reçu, en tête-à-tête, Martine Aubry et François Hollande. La présidente de Poitou-Charentes, qui portait ses 17 millions de voix en étendard depuis 2007 et rêvait d'être de nouveau la représentante des socialistes en 2012, voulait choisir...

Mais que faire ? Soutenir sa meilleure ennemie Aubry, rivale de toujours, des ministères aux couloirs de Solférino, de l'époque Mitterrand jusqu'à la bataille du Reims ? Ou son ancien compagnon Hollande, dont elle est séparée depuis cinq ans ?

 

 

"En effet, ce n'est pas facile", euphémisaient ses proches. Alors elle a décidé de faire vite, comme pour se débarrasser d'une corvée. Royal n'a pas attendu de visionner le débat de mercredi soir pour se positionner. Hollande a sa voix, donc. Mais l'inverse était en fait difficilement imaginable.

 

 

Guillaume Garot jure que "les considérations personnelles n'entrent pas en ligne de compte" dans la décision de Royal... Difficile pourtant d'imaginer la mère des quatre enfants de François Hollande piétiner près de trente ans de vie commune en optant pour Martine Aubry, avec qui elle n'a aucune affinité.

 

 

L'équipe de Royal avait fait le choix Hollande

 

 

D'autant que parmi les membres de son conseil politique, les plus proches, les plus fidèles - Najat Vallaud-Belkacem (adjointe au maire de Lyon), Gérard Collomb (soutien de Hollande), Guillaume Garot (député-maire de Laval), Jean-Louis Bianco (député des Alpes-de-Haute-Provence) - avaient déjà choisi Hollande et n'attendaient que la prise de parole publique de Royal pour s'exprimer à leur tour. Jean-Jack Queyranne, président de la région Rhône-Alpes, s'était même déjà prononcé en faveur du Corrézien.

 

 

Reste l'ironie de l'histoire, aussi triste qu'incroyable. En 2006, c'est elle qui l'avait empêché de se présenter à la présidentielle, trop populaire, trop évidente, trop candidate. L'ex-patron du PS tient sa revanche, mais fait évidemment profil bas. Dès dimanche soir il rendait hommage à Royal, mesurant la "déception" qui devait être la sienne, et lançait : "Qu'elle sache que ses idées sont partagées par tous."

 

 

"L'hommage" de Valérie Trierweiler

 

 

Puisqu'il faut bien justifier cet impossible choix, Royal donne dans son communiqué trois raisons officielles, dont deux ne font en fait qu'une : la nécessité "d'amplifier l'avance donnée par les électeurs" et de "donner un élan au candidat avec une nette avance qui ne laissera aucune prise à la droite", et le fait que Hollande défende sa "réforme bancaire, la lutte contre les licenciements boursiers, la moralisation politique avec le non-cumul des mandats et la mutation écologique de l'économie". Sur le fond, les mots auraient sans doute été les mêmes pour Martine Aubry...

 

 

François Hollande n'a pas tardé à réagir. Il salue "l'élégance et la responsabilité" de Ségolène Royal. Dans la foulée, sur le réseau social Twitter, la compagne de François Hollande, la journaliste Valérie Trierweiler, poste ce message : "Hommage à Ségolène Royal pour son ralliement sincère, désintéressé et sans ambiguïté @fhollande..." Là encore, il faut croire qu'aucune considération personnelle n'entre en ligne de compte...

 

 

Reste à savoir quelle place il lui fera dans l'équipe en cas de victoire. Réponse au prochain épisode.

Source: LePoint.fr



Tag(s) : #Présidentielles 2012

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