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Saint-Valentin : l’or illégal poursuit ses ravages

 
Connaissez-vous la provenance de cette chaîne en or que vous comptez offrir ou avez reçu de votre Valentin(e) ? Non, car l'origine de ce métal précieux reste trop souvent douteuse. A l'occasion de la fête des amoureux, ce mardi 14 février, les ONG tirent la sonnette d'alarme sur les conséquences tant écologiques, sociales, que sanitaires de l'extraction illégale de l'or.

Premier impact négatif : la déforestation. Sous l'effet de la flambée du cours de l'or (+ 450 % entre 2001 et 2010), certaines régions du sud pâtissent de l'installation massive d’exploitations aurifères qui ne bénéficient d’aucune autorisation officielle.

Ils seraient ainsi plus de 10 000 orpailleurs clandestins à travailler dans le plateau des Guyane, particulièrement touché par ce phénomène.

Dans le reste du monde, en parallèle des grandes concessions minières d'Afrique du sud, d'Australie et de Chine — pas toujours aux normes, malgré tout —, les petites exploitations aurifères illégales sont légions, au Pérou, en Colombie, aux Philippines, au Burkina Faso, Bénin, Congo, Niger ou Ghana.
 


 

Selon le WWF, qui a publié un rapport réalisé à partir d'observations par satellite, la déforestation liée à l’orpaillage a triplé en huit ans sur l'ensemble des trois Guyane (la Guyane française, le Suriname et l’Etat du Guyana) et sur une partie du territoire brésilien de l’Amapá, passant de 22 000 hectares en 2000 à 65 000 hectares en 2007-2008.

"L'exploitation d'or alluvionnaire, qui consiste à remuer les cours d'eau pour trouver des sédiments d'or, provoque une importante déforestation dans la mesure où il faut installer de grands bassins de décantation à proximité des rivières, explique Florent Taberlet, chargé du programme écosystèmes terrestres en Guyane pour le WWF.

Cette activité a aussi un impact sur les cours d'eau, en entraînant des boues en suspension, qui captent l'oxygène et asphyxient toute forme de vie."

Conséquence : la très grande biodiversité et les écosystèmes uniques qui caractérisent cette région se voient affectés, de même que l'habitat et les modes de vie des communautés amérindiennes, obligées de se déplacer et de se nourrir ailleurs.

Au-delà des hectares de forêts primaires qui partent en fumée, c'est l'orpaillage illégal en lui-même qui s'avère polluant. La principale technique utilisée par les exploitants illégaux, et merci parfois légaux, pour récupérer l’or est en effet encore basée sur l’emploi du mercure qui amalgame les particules dorées.

Pour récupérer 1 kg d’or, les orpailleurs clandestins emploient ainsi 1,3 kg de mercure, dont 10 % s’échappe dans les cours d’eau.
 


 

Sous l’action de l’acidité de l’eau, le mercure se transforme en un dérivé dangereux, le diméthyl-mercure, qui se retrouve dans l'ensemble de la chaîne alimentaire et entraîne des conséquences pour la santé, tant pour les populations que pour les orpailleurs eux-mêmes.

Des études réalisées sur les cheveux des populations locales ont fait apparaître dans 30 % des cas des taux de mercure supérieurs au seuil sanitaire maximal fixé par l’Organisation mondiale de la santé, s'alarme le WWF.

Les conséquences sociales de l'exploitation aurifère sont également régulièrement épinglées par les associations. Dans de nombreuses mines, légales ou illégales, les habitants, dont des milliers d'enfants, sont employés dans des conditions de travail désastreuses. Cette filière concourt par ailleurs au développement de réseaux de prostitution et de trafics d'armes et de drogues.

Pour lutter contre le blanchiment de l'or sale, le WWF propose alors de renforcer les contrôles dans les pays concernés, mais surtout d'assurer une meilleure traçabilité de l'or. Car aujourd'hui, 95 % de l'or mondial n'est pas traçable.

Et pire, selon un sondage de l'association, 82 % des acteurs de la bijouterie (fabricants, distributeurs, affineurs, etc) ne connaissent pas la provenance de l’or qui passe entre leurs mains.

 

 

 

Auteur : Audrey Garric

Source : ecologie.blog.lemonde.fr via "Terre Sacrée

Tag(s) : #VIE QUOTIDIENNE

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