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Préambule
Voici un article bien travaillé et plein d’humour qui s’intéresse à l’économie du point de vue russe, avec la décision brillante de bannir les importations de nourritures [depuis les pays occidentaux]

   

 

Opération « Sauvons La Russie »,

 

et un grand « Allez vous faire f… ! » à l’Eurangloland

 
  
Un nombre toujours croissant des 85 % de la population mondiale osent faire publiquement un gros blblblbl… ! au visage de l’Eurangloland, et adorent ça ! (Image par busyminds.ae)
 
Un évènement amusant vient de se produire, alors que nous approchons des 500 ans de colonialisme par les empires occidentaux. La Russie vient de boycotter la nourriture et les produits agricoles de l’Eurangloland (l’Union Européenne, les USA, le Canada, l’Australie, sans compter la Nouvelle-Zélande qui a été épargnée), ce qui est, en soi, très instructif quant aux tendances actuelles. Mais il y a plus. Les opprimés [du reste du monde] sont en train de riposter. Jusqu’à récemment, ce que sont les réactions actuelles des gouvernements mondiaux ne faisant pas partie de l’Eurangloland (ceux-ci représentant 85% des gens sur notre planète), face à une telle prise de position par la Russie, auraient été inimaginables. Prenez le temps de vous assoir, et admirez !

Pour être juste envers cette fière majorité, il est nécessaire d’ajouter le Japon et la Corée du Sud à l’Empire d’Eurangloland. Ces deux pays sont militairement occupés, des satrapes soumis aux princes tout-puissants de Washington. Ajoutez quelques autres pays, qui s’aplatissent aux pieds de l’Empire Occidental, et nous pouvons affirmer qu’environs 20 % des personnes dans le monde gouvernent les 80 % restants, ce qui assez ressemblant avec la domination des pharaons sur leurs sujets et esclaves en Egypte ancienne. Le Principe de Pareto s’applique ici également. Cette liste d’états clients croit et décroit, suivant la date de mise en place d’un gouvernement soumis aux CIA/MI6/DGSE et autres agences des « États profonds », dans les différents centres de pouvoirs locaux. Par exemple, récemment, les Philippines se sont prosternées devant la Wehrmacht globale américaine. L’Ukraine est la plus récente souillon soumise à l’Occident, tandis qu’à ce jour, le Venezuela résiste admirablement aux efforts que l’Ouest met en œuvre pour y susciter un changement de régime.

Nous pouvons féliciter la Russie, pour son idée brillante d’utiliser les produits issus de l’agriculture comme un coup au plexus solaire de l’Occident. Comme l’a indiqué Deena Stryker dans un récent article :

Quiconque a assisté au spectacle des fermiers européens conduisant leurs tracteurs dans le centre de Bruxelles pour déverser leurs récoltes devant le quartier général de l’Union Européenne, comprend le levier que ceux-ci possèdent sur leurs législateurs. La plus grande partie de l’agriculture européenne est formée de fermes familiales, et l’UE a dû créer des règlementations spécifiques et des subventions pour garder ses producteurs de nourritures heureux.

De retour aux USA, cet été, j’ai beaucoup entendu dire que Poutine et la Russie étaient stupides d’interdire les importations de nourriture, puisque « là-bas, les étagères des épiceries sont vides, et les Russes n’ont rien à manger ». Vraiment ? Cela n’a fait que me confirmer combien les américains sont isolés dans les bulles de propagande des Fox-CNN-Wapo-NYT et consorts. La liste ci-dessous présente l’ensemble des produits agricoles dont la Russie est parmi les quatre premiers producteurs mondiaux. Merci FAO :
 
  
Productions alimentaires pour lesquelles la Russie est dans le top 4 des producteurs mondiaux

Eh bien, ca fait un très beau dossier de production, si vous voulez mon avis ! Et si l’on prend en compte le fait que la plus grande partie de la Russie est sur le permafrost, et que le reste du pays doit faire avec les plus courtes saisons de culture au monde, il n’est pas étonnant que les Russes veuillent importer ce qu’ils ne peuvent faire pousser à cause des conditions météorologiques, par exemple les fruits et légumes venant des zones tempérées. Il est clair, si l’on se réfère au graphique ci-dessus, que les Russes n’ont pas besoin de recourir aux importations agricoles, pour maintenir un régime nutritionnel satisfaisant. Ils sont juste suffisamment riches pour se permettre de se payer un régime plus varié. Comme pour tous les peuples commerçants, qu’ils soient d’Afrique ou d’Asie, la variété est ce qui donne goût à la vie. Le commerce de nourriture a existé pendant au moins 8.000 ans de civilisation sédentaire, sans doute depuis encore plus longtemps.

« Hey, Nath la Néanderthale, je t’échange cette peau pleine de foie de mastodonte contre ce quartier de tigre à dents de sabre, qu’es’t’en dit, ma vieille ? Et s’cuse moi de le dire, l’amie, mais t’es vraiment très moche ! »

Pour nos ancêtres pré-civilisés, le commerce offrait la possibilité de bénéfices mutuels directs. Pendant les cinq siècles passés par les gouvernements de l’Ouest à extraire les ressources du monde entier, la majorité de leurs efforts a été tournée vers l’acquisition de nourritures savoureuses, pleines de nutriments, et d’épices, depuis les terres des peuples à la peau brune, les 85% dont il était question plus haut, et le rapatriement des ces produits vers l’Occident, afin de réaliser des profits obscènes et permettre aux plus riches membres de la société d’accéder à des plaisirs culinaires qui leur étaient réservés, vu leur coût prohibitif. Tout cela allait de soi.

Encore plus amusant pour ceux qui l’ignorent, la Russie ne se classe même pas parmi les dix plus gros importateurs de nourriture au monde. Et si ce n’est pas le cas, qui sont ces peuples qui meurent tellement de faim qu’ils en sont réduits à importer de la nourriture, pour éviter que les étagères de leurs épiceries ne soient ravagées ? 
 
Les plus gros importateurs mondiaux de produits alimentaires.

Hum. Les temps doivent être durs pour les États-Unis, l’Europe Occidentale, le Japon, et pour tous ces millions d’obèses en Chine, où le diabète, le fléau des sociétés sédentaires modernes, est maintenant rampant :

Contrairement à ce que veut faire croire la propagande occidentale, s’attaquer aux produits agricoles a été une idée de génie de la part de la Russie. Non seulement, elle a réussi à enrager des millions de petits fermiers politiquement très connectés, à travers toute l’Europe Occidentale, mais les produits boycottés sont des biens que les pays qui détestent l’Ouest peuvent fournir rapidement et avec joie, améliorant par la même les relations de la Russie avec les BRICS et les pays du Mouvement des Non-Alignés.

Aujourd’hui, la Russie menace d’interdire les importations de voitures, ce qui serait un couteau en plein cœur des bastions industriels d’Europe Occidentale que sont l’Allemagne, la Pologne, la France, l’Italie, etc. Les importations de voitures par la Russie ne sont pas très importantes, et cette mesure affecterait principalement BMW et Mercedes-Benz, puisque Ford, Volkswagen, Renault, Toyota et Hyundai ont investi 5 milliards de dollars dans des manufactures automobiles à l’intérieur de la Russie. Et si vous croyez encore que les Russes ne sont pas sérieux :

« Nous avons de vives inquiétudes. Nous espérons que le gouvernement russe y réfléchira à deux fois avant de prendre de telles mesures, car celles-ci feraient du tort à tous les constructeurs. »

C’est ce qu’a affirmé Joerg Schreiber, président de l’Association des Constructeurs Automobiles Européens. Tous les constructeurs, mon cher monsieur Joerg ? Ou plutôt les constructeurs européens ? Les Russes continueraient bien sûr à permettre l’importation des composants ou matériels nécessaires pour garder une industrie automobile fonctionnelle.

La fabrication de voitures, comme de nombreuses autres commodités modernes, nécessite un réseau constitué de milliers de fournisseurs du second ou troisième échelons, qui se propage à travers l’ensemble de l’économie. Ils seraient tous défavorablement affectés. Et quels pays viendraient combler la brèche ? Mais, la Chine et la Corée, bien sûr ! Les véhicules chinois de Great Wall Motors et Chery Automobiles, ainsi que les SsangYong coréennes adoreraient profiter des souffrances de l’Europe. Bien qu’à la réflexion, on puisse douter que la Corée, totalement soumise, suive cette voie en allant contre les désirs des ses maitres américains.

Rappelez-vous que la règle d’or des 1 % est :

« S’ils sont à terre, frappez-les au visage aussi fort que possible. »

Il est donc normal que ce soit maintenant au tour des 99 % de riposter…

En conséquence, les opprimés de l’économie mondiale sont en train de se soulever. Il n’a fallu que quelques heures après l’annonce par la Russie qu’elle allait boycotter la nourriture occidentale, pour que les 85 % en profitent pour envoyer un uppercut insolent dans les mâchoires du monde occidental. L’Amérique Latine, qui, pendant 200 ans n’a été que la putain économique et politique de la doctrine Monroe washingtonienne, a été la première à se présenter devant les caméras (les malheureux Guatemala, Honduras et El Salvador sont encore des états clients des USA – Est-ce une coïncidence si c’est de ces pays que des dizaines de milliers d’enfants fuient vers la « Démocratie » et le capitalisme américains – et non-pas du Nicaragua socialiste ? L’Equateur, le Chili, l’Uruguay, le Paraguay, l’Argentine et le Brésil sont intervenus en annonçant fièrement qu’ils étaient prêts à venir en aide à la Russie. Les tentatives de l’UE pour intimider ces grands pays, maintenant presque indépendants, est aussi pathétique qu’humiliante. Et puisque cette servile Union Européenne ne peut même pas lâcher un gaz sans la permission de Washington, il faut en déduire que les USA sont également impliqués. Désolé Eurmerica, mais ton génocide d’une centaine de millions d’indigènes américains s’est terminé il y a bien longtemps. Prends ça, Cortez ! Et prends ça, Jackson !

L’Argentine, l’un des principaux producteurs de viande et de grains, s’est ajoutée à la liste de ceux qui crient : « Mais oui, Eurangloland, nous allons augmenter nos exportations vers la Russie, et vous pouvez en faire une conférence de presse ! »

(L’Argentine) réaffirme son statut de producteur de nourriture pour 400 million de personnes, et de cinquième plus gros exportateur (de nourriture) au monde.

Et il y a aussi le Brésil. Existe-t-il un produit agricole que ce behemot [Ndt : nom hébreu de l’énorme créature marine du livre de Job, par commodité qualifiée de baleine] des BRICS ne produit pas ? Après tout, ce pays est plus grand que le territoire continental des États-Unis, et son climat tropical permet d’y récolter toute l’année.

De même, les chinois ont fait retentir leurs grands cors bouddhistes, et ont annoncé qu’ils allaient passer en vitesse de croisière pour construire un immense complexe douanier de 100.000 m² servant de marché et d’entrepôt de nourriture, sur leur frontière nord-est, en coopération directe avec leurs collègues russes. Une fois les chinois décidés à agir, il ne leur faudra guère plus de quelques mois pour achever le projet et le faire fonctionner.

Parvenu à ce point, même les alliés supposés de l’Eurangloland en viennent à faire défection. La Turquie, un membre clé de l’OTAN colonial, et un prétendant à l’admission dans l’Union Européenne, a publiquement annoncé :

« Nous sommes prêts à augmenter nos exportations de nourriture vers la Russie. »

Aïe ! C’est une vraie gifle. L’Egypte, un loyal état client de l’Occident, qui aide avec joie Israël dans son génocide des Palestiniens, est prête à s’embarquer avec les autres. Idem pour l’Afrique sud-saharienne, avec le Kenya, l’Ouganda, la Tanzanie, le Zimbabwe, la Zambie et l’Afrique du Sud, qui l’annoncent en public. Et juste pour que l’Eurangloland comprenne de quel côté son pain est beurré, la Biélorussie et le Tadjikistan se sont mis en rang d’oignons pour ouvrir les vannes vers leur colossal voisin.

Il s’est révélé que même la Serbie, qui essaie de gagner sa place dans l’Union Européenne, tournait le dos à l’Ouest. Et ceci, malgré les menaces explicites de Bruxelles, héhé. Peut-être que ces milliers de bébés malformés du fait des 50.000 balles à l’uranium appauvri disséminées ici et là par l’OTAN sont en train de leur monter au nez : il s’agit en effet d’un prix bien élevé à payer pour une allégeance aux Princes tout-puissants de l’Occident. Ah, l’uranium 238, le cadeau dont on ne se débarrasse pas, pendant 4,5 milliards d’années.

En plus de cette impressionnante liste de pays qui n’ont plus peur de faire publiquement un gros blblblbl… bien baveux à la face de l’Eurangloland, la Russie est en train de contacter la Colombie, le Kyrgyzstan, l’Ile Maurice, le Mexique, le Mozambique, le Paraguay, le Pérou et le Sri Lanka, pour signer des contrats d’importation de nourriture. Et maintenant que la Russie en est arrivée à posséder la sixième réserve d’or mondiale, surpassant même la vorace Chine, et qu’elle est également assise sur le cinquième stock mondial de réserves monétaires étrangères, plus que les USA ou n’importe quel pays de l’UE, nous pouvons nous référer à ce si bel adage du capitalisme américain :

« L’argent fait loi et les belles paroles peuvent aller se rhabiller. »

Et il y a les si nombreux pays anonymes, trop timides pour donner en public à l’Union Européenne un coup de pied aux parties, mais qui seront heureux de voler vers Moscou, contrats d’exportation en main.

En somme, le choix de la Russie de boycotter les produits agricoles a été un mouvement brillant tant du point de vue diplomatique qu’économique pour les 85%, et une superbe stratégie pour les amener à aider au déclin de l’Empire Occidental. Tout ceci aurait été inimaginable il y a 15 ou 20 ans, ou même il y a 10 ans. Aujourd’hui, il s’agit de nourriture, demain, nous parlerons d’automobile, et ensuite ? A tous les américains : continuez à regarder Fox et CNN. Gardez vos têtes enterrées dans le New York Times et le Washington Post. A tous les Européens : continuez à lécher servilement les bottes de l’Oncle Sam, couvertes du sang répandu par l’OTAN et par Gladio. Tout est en train de s’écrouler sous votre nez, plus vite qu’un TGV chinois en pleine accélération.

Jeff J. Brown
Traduit par Goklayeh pour vineyardsaker.fr


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Présentation de Jeff J. Brown

Jeff a grandi au cœur des États-Unis, en Oklahoma, et a fait ses études à la Oklahoma State University. Durant ses études, il a voyagé au Brésil, à la Purdue University, pour chercher fortune, ce qui a aiguisé son appétit pour les voyages autour du monde. Cette expérience l’a aidé à se décider à devenir une volontaire pour le Peace Corps en Tunisie en 1980, et il a vécu et travaillé en Afrique, au Moyen-Orient, en Chine et en Europe pendant les 21 années suivantes. En même temps, il a appris à utiliser le portugais, l’arabe, le français et le mandarin, tout en voyageant dans plus de 85 pays. Il est ensuite retourné en Amérique pendant 9 ans, après quoi il est retourné en Chine en 2010.

Vous voulez passer un diplôme amusant et bon marché en Études de la Chine ? Le livre de Jeff, 44 Days (44 Jours), vous distraira tout en faisant de vous un expert sur tout ce qui concerne l’Empire du Milieu. Si vous vivez en chine, achetez-le sur le site web de 44 Days, en cliquant sur Print Book, Ebook ou Color Ebook
 
La couverture de 44 Days Backpacking in China, le livre de Jeff J. Brown

Les affirmations, vues et opinions exprimées dans cet article sont uniquement celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement ceux du Saker français.

Source : Operation Rescue Russia and a big “F.U.” to Eurangloland (44days.net, anglais, 09-2014)
 

Tag(s) : #CONFLICTS DANS LE MONDE

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