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MOSCOU - Les centrales nucléaires russes sont loin d'être aussi sûres que l'affirment les autorités de Moscou, notamment face au risque sismique, révèle un rapport officiel réalisé après la catastrophe de Fukushima au Japon, et dont l'AFP a obtenu copie jeudi.

La sismicité des sites de plusieurs centrales nucléaires est sous-évaluée et certaines centrales sont privées de système d'arrêt du réacteur automatique en cas de séisme, écrit le rapport gouvernemental.

L'AFP a obtenu copie de ce rapport auprès de l'ONG écologiste norvégienne Bellona, très active en matière de sécurité nucléaire à l'égard de la Russie.

Consacré aux différents aspects de la sécurité écologique, le rapport de 150 pages énumère 32 problèmes révélés dans les centrales nucléaires.

Il avait été présenté le 9 juin pendant une réunion du Conseil d'Etat présidé par le chef de l'Etat Dmitri Medvedev.

Une partie des équipements voués à assurer la sécurité des centrales n'ont pas été testés pour leurs capacités antisismiques, selon la même source.

La chose la plus importante dans ce rapport est qu'aucune des centrales n'a été testée pour un choc potentiel qui pourrait être causé par un tremblement de terre, mais aussi par des phénomènes naturels comme une tempête, a déclaré à l'AFP Igor Koudrik, chef du programme nucléaire russe de Bellona.

Certaines centrales n'ont jamais été testées pour savoir pendant combien d'heures leurs systèmes seraient en mesure de refroidir le réacteur en cas de défaillance des systèmes habituels, comme cela a été le cas dans la centrale japonaise de Fukushima, a-t-il poursuivi.

Le Premier ministre russe Vladimir Poutine a assuré à maintes reprises que les centrales russes étaient les plus sûres au monde et que rien de semblable à Fukushima ne pourrait survenir en Russie.

Il a commandé à la mi-mars une étude sur le secteur nucléaire en Russie après le séisme au Japon, tout en laissant clairement entendre que Moscou ne modifierait pas sa politique en la matière.

Les écologistes, eux, disent qu'ils savaient déjà que les centrales nucléaires russes étaient vulnérables.

Celle de la péninsule de Kola, située non loin de la Finlande et la Norvège a failli exploser en 1993 à la suite d'une tempête qui a l'a privée de courant. Les générateurs de réserve, défaillants, ne se sont pas mis en marche pour refroidir les réacteurs.

Nous savions tout. Nous sommes quelque peu surpris que Rosatom (Groupe public du nucléaire russe, ndlr) reconnaisse les problèmes de manière si spectaculaire, souligne M. Koudrik.

Parmi d'autres problèmes, le rapport cite les dépôts de combustible usagé, jugeant critique l'état de celui de la centrale de Boloïarsk (Oural).

La centrale de Leningrad équipée de réacteurs RBMK, de même type de ceux de Tchernobyl, situé du golfe de Finlande près de Saint-Pétersbourg manque pour sa part d'installations pour conserver et retraiter le combustible nucléaire usagé.

Les sites russes ne disposent pas ailleurs pas de systèmes de contrôle du niveau d'hydrogène, une substance potentiellement explosive.

A l'issue d'une série de stress-tests, le chef de Rosatom Sergueï Kirienko avait admis qu'il fallait dépenser 5 milliards de roubles (125 millions d'euros), notamment pour des systèmes d'approvisionnement en électricité et en eau autonomes, dont l'absence s'est avérée fatale à Fukushima.

Le gouvernement russe n'a cependant pas communiqué de manière plus détaillée sur l'ampleur des risques évoqués dans ce rapport.

La Russie dispose actuellement de dix centrales nucléaires avec au total 32 réacteurs.


(©AFP / 23 juin 2011 14h50)

Tag(s) : #AIR DU TEMPS

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