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Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad et le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu © ap.


L'Union européenne et les Etats-Unis sont prêts à renforcer les sanctions contre l'Iran dans l'espoir de convaincre Israël de ne pas frapper préventivement les installations nucléaires iraniennes, selon des diplomates en marge de l'Assemblée générale de l'ONU.


 

© afp. © ap. © afp.

 

Il s'agit de faire pression sur Téhéran, que les Occidentaux et Israël soupçonnent de vouloir fabriquer une bombe atomique sous couvert de programme nucléaire civil. Mais aussi de convaincre Israël de faire preuve de retenue après la "ligne rouge" tracée par son Premier ministre à la tribune de l'Assemblée jeudi.

L'entretien téléphonique de Benjamin Netanyahu avec Barack Obama a rassuré certains diplomates sur la convergence de vues entre Israël et Washington mais le geste théâtral de M. Netanyahu laisse planer un doute sur ses intentions. Il a affirmé que l'Iran pourrait avoir assez d'uranium fortement enrichi pour fabriquer une bombe d'ici la mi-2013 et a demandé qu'on lui fixe une "ligne rouge claire" à ne dépasser.

Israël repousse ainsi l'échéance bien après l'élection présidentielle du 6 novembre, comme le souhaitait Obama. Mais il signale aussi que sa patience a des limites, car les responsables israéliens ne font pas confiance aux sanctions déjà en place pour faire plier Téhéran. "L'Iran est au bord de la faillite économique à cause des sanctions (internationales) et il y a des protestations croissantes contre les ayatollahs, mais ces sanctions n'ont pas dissuadé le régime au pouvoir à Téhéran de poursuivre ses ambitions nucléaires", a affirmé jeudi le vice-ministre israélien des affaires étrangères Danny Ayalon.

L'UE frustrée
L'Union européenne, de plus en plus frustrée par l'impasse des négociations entre Téhéran et le groupe P5+1 (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Royaume uni, Allemagne), devrait être la première à faire monter la pression d'un cran. "La prochaine étape sera d'intensifier les sanctions", indique un diplomate occidental de haut rang. Les ministres des affaires étrangères de l'UE ont prévu de se réunir à Luxembourg le 15 octobre pour en discuter. "Il s'agira notamment de sanctions dans le domaine financier", a-t-il prédit, en précisant que les mesures n'étaient pas encore arrêtées. "Nous avons dit à Israël que nous n'étions pas en faveur d'une attaque, quelle qu'elle soit, contre l'Iran, étant donné que nous continuons les sanctions et les négociations", a-t-il souligné.

Les sanctions frappent durement l'économie iranienne: le rial a perdu plus de 60% de sa valeur depuis fin 2011, avec une nouvelle chute brutale samedi de la monnaie iranienne face au dollar, et les prix alimentaires ont augmenté de plus de 50% depuis fin 2011. L'Union européenne a décrété à partir du premier juillet dernier un embargo total sur l'achat de pétrole iranien. La France, l'Allemagne et le Royaume uni sont d'accord pour demander un nouveau tour de vis à leurs collègues de l'UE, a souligné le même diplomate.

Selon un autre diplomate, les Etats-Unis envisagent de "nouveaux domaines" où des sanctions pourraient être appliquées ou renforcées. En août, le Congrès américain a voté une loi qui interdit l'accès à l'économie américaine aux banques des pays qui achètent du pétrole à l'Iran et aux entreprises travaillant dans le secteur du gaz naturel, du pétrole ou de l'uranium iraniens, assurant la Compagnie nationale iranienne du pétrole, ou lui vendant des pétroliers. "Il y a toujours des moyens de peaufiner les mesures déjà prises par l'administration" américaine, a expliqué le diplomate. "On peut augmenter le nombre de cibles, l'objectif doit être de punir le gouvernement pas la population". Les ministres des affaires étrangères du P5+1 se sont rencontrés à New York jeudi.

La chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton a demandé au Iraniens "d'agir d'urgence" pour rassurer sur leur programme nucléaire et elle doit poursuivre ses contacts avec eux. Une réunion d'experts des six pays est prévue bientôt à Londres "pour définir notre position de négociation en vue des prochaines rencontres avec les Iraniens", a précisé un diplomate. source

Tag(s) : #CONFLICTS DANS LE MONDE

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