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Quel avenir pour la plante médicinale dans l’union européenne ?

 
Vous avez probablement reçu par mail, en automne 2010, une pétition, remaniée en ce début d’année et émanant d’un "Collectif pour la défense de la médecine naturelle". Des messages alarmistes se succèdent, dénonçant "l’interdiction de la possibilité d’utilisation des plantes médicinales" du fait de l’entrée en vigueur, au 30 Avril 2011, de la directive européenne 2004/24/CE du 30 Mars 2004 (THMPD : Traditional Herbal Medicinal Products Directive).

Plante médicinale et législation

(...)

Dans la Communauté Européenne toute entière, la commercialisation des plantes médicinales procède majoritairement d’un double dispositif, à la fois de l’industrie pharmaceutique avec les phyto médicaments, et du secteur agroalimentaire avec les compléments alimentaires

(...)

La directive 2004/24/CE vise essentiellement trois objectifs :

. avant tout, la protection de la santé publique est une préoccupation constante du législateur européen, celui-ci recherchant pour le patient qualité, efficacité et sécurité d’utilisation de tout produit à but thérapeutique.

. l’ouverture du marché des médicaments traditionnels à base de plantes, ainsi créée au sein de la Communauté européenne, doit permettre aux fabricants de rentabiliser leurs investissements dans un secteur très cloisonné par la disparité des législations nationales, et d’améliorer ainsi la libre circulation de ces médicaments au sein de l’Europe.

. enfin, l’harmonisation des législations est une conséquence logique de l’enregistrement spécial simplifié ; elle implique, de ce fait, une reconnaissance mutuelle et permet de faire valoir les autorisations accordées par d’autres pays membres lorsqu’il existe un document de référence communautaire.

(...)

Le marché des Plantes Médicinales est en pleine expansion, et les enjeux de pouvoir autour de "l’herboristerie" sont immenses. Ce texte est destiné essentiellement à l’industrie pharmaceutique, mais, par son caractère dérogatoire, la directive permet aussi aux compléments alimentaires à base de plantes d’être concernés par cette législation, ce qui renforce la concurrence entre lobbies agroalimentaire et pharmaceutique.

(...)

Mais si le cadre règlementaire existant est perçu comme un frein, en raison de la lourdeur administrative, il a pourtant l’avantage d’assurer une certaine sécurité. Tous les « produits miracles » issus de la flore, qui fleurissent sur le net ou les étalages, sont-ils en mesure de respecter les conditions requises pour assurer la sécurité de l’usager ? La toxicité intrinsèque des Plantes Médicinales, liée à leur composition chimique propre, mais aussi celle provenant d’impuretés et de différents contaminants (microbiens, résidus de pesticides, métaux lourds, additifs volontaires ou falsifications frauduleuses par méconnaissance, ou par mélanges) doivent être prises en compte.

(...)
 


 

Perspectives législatives pour une utilisation de la Plante médicinale dans toutes ses potentialités et sa réelle insertion dans les systèmes de santé

Du fait d’une incompréhension profonde de l’usage médical des plantes médicinales par défaut de connaissances cliniques, le patrimoine médicinal traditionnel et l’utilisation clinique au quotidien de celles-ci sont dramatiquement pénalisés par les nouveaux cadres sécuritaires, juridiques ou scientifiques édictés.

En quoi les mesures prises préservent-elles le citoyen d’un mode de consommation aveugle et outrancier, alors que le rempart de la réglementation est insuffisant pour le protéger de pratiques mal adaptées d’automédication en matière de gestion de sa propre santé ?

- Du déremboursement à l’automédication :

Nous assistons à la marginalisation de la phytothérapie par la politique de santé actuelle, conséquence de la décision négative qui a été prise par les pouvoirs publics en déremboursant les préparations magistrales à base de plantes médicinales et les phyto médicaments.

(...)

Certes, l’automédication a de tout temps existé, mais elle devrait être rigoureusement encadrée par une information dénuée de tout aspect mercantile, et une législation au service du seul intérêt de la santé du patient. (...)

- Quelle place pour la Plante Médicinale dans le système de santé ?

Dans le cadre de la nouvelle directive européenne, l’utilisation d’un médicament traditionnel à base de plantes est restreinte à des indications qui ne doivent pas impliquer l’intervention d’un médecin. La démédicalisation d’un outil thérapeutique à part entière, qu’il soit phytothérapique ou autre, est un non-sens médical et une absurdité scientifique.

Les connaissances des propriétés de la Plante médicinale issues des données traditionnelles devraient, au contraire, être enrichies et actualisées par les connaissances pharmacologiques, physiologiques et physiopathologiques médicales actuelles.

Non seulement une telle politique économique dévalorise la phytothérapie, ainsi que ceux qui l’utilisent dans leur pratique médicale, mais génère un véritable danger de santé publique, tant au niveau de l’utilisateur/patient (problème de prise en charge médicale sérieuse) que du produit thérapeutique (problèmes des contrôles de qualité).

(...)

- Avec quelle législation ?

Alors, une politique et une législation concernant la Plante médicinale sont nécessaires, à l’unique condition que leur seule finalité soit la stricte protection du patient et de cet l’outil thérapeutique, mais aussi et surtout sachant s’affranchir, autant que faire se peut, des lobbies de l’industrie pharmaco-chimique et agroalimentaire.

L’actualité récente nous permet de mesurer le chemin à parcourir…

A la condition d’une phytothérapie clinique rigoureuse, d’un arsenal moderne alliant à la fois tradition et connaissances pharmacologiques actuelles, la Plante Médicinale peut retrouver ses lettres de noblesse tout en gardant son authenticité.

 
Pour lire l'article dans sa totalité, cliquer ICI

  

Auteur : Dr. J.CL. Lapraz – Dr. A. Carillon – Dr. B. Chastel

Source : www.simepi.info via  "Terre Sacrée"

Tag(s) : #SANTE

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