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Une rangée de soldats irakiens james_gordon_los_angeles via Flickr CC License by

Près de neuf ans après avoir chassé Saddam Hussein du pouvoir en 2003, l’intervention américaine en Irak a pris fin avec le départ de ses derniers soldats. Mais des centaines d’interprètes irakiens ayant servi les Etats-Unis durant le conflit attendent toujours leur visa pour quitter le pays et se rendre sur le sol américain, explique The Los Angeles Times.

Si les Américains ont, semble-t-il, un peu délaissé ces collaborateurs, ils n’ont pas été oubliés par la population qui les assimile à des traîtres et restent la cible des milices. Alors qu'ils se sentaient protégés par la forte présence des troupes américaines, ils vivent dorénavant dans la peur et l’angoisse depuis qu’elles ont quitté le sol irakien.

Tariq, un irakien de 27 ans, ayant officié comme interprète pour l’armée américaine, est maintenant vu comme un «agent américain».Pendant qu’il servait l’US Army, il vivait dans une base sous protection américaine à l’abri de ceux qui voulaient le tuer pour avoir collaboré avec les Etats-Unis. Mais lorsque l’unité qu’il servait s’est retirée, le 13 octobre 2011, il a été licencié et escorté hors de la base.

Depuis, il vit reclus dans la maison familiale en espérant obtenir son visa. «J’ai servi l’armée américaine et maintenant ils me laissent seul, sans protection», déclare-t-il dans un anglais parfait.

«Ils nous ont expulsé des seuls endroits où nous [les interprètes ] étions en sécurité: dans les bases américaines».

Pourtant, le Special Immigrant Visas mis en place en 2008 prévoyait une entrée facilitée sur le territoire américain pour ceux qui avaient travaillé pour le gouvernement ou les services américains. Mais la délivrance de ces visas est longue et compliquée: Johnnie [un pseudonyme], un autre interprète irakien, raconte : «J’ai envoyé toutes les informations à l’ambassade américaine mais pour le moment, je n’ai eu aucun retour. C’est toujours en cours de traitement. C’est en fait… une frustration», rapporte la radio NPR.

Le Département d'Etat américain assure que 7.362 visas ont déjà été délivrés, mais cela inclut également les membres de la famille des interprètes ayant aidé les Américains. 62.500 Irakiens avaient demandé un visa en vertu de ce programme spécial, mais beaucoup ont renoncé ou abandonné à cause de la longueur des procédures et de la difficulté d’obtention.

Jacques Benillouche avait souligné, dans un article sur Slate, que non seulement la guerre avait coûté extrêmement cher mais qu'elle aurait en plus renforcé un autre ennemi des Etats-Unis, l'Iran.

Photo: Une rangée de soldats irakiens james_gordon_los_angeles via Flickr CC License by

source: slate.fr
Tag(s) : #ACTUALITES

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