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Le ministre des Télécoms s’est attiré les foudres des internautes indiens lorsqu’il a déclaré vouloir prendre des mesures pour retirer le contenu "offensant" et "blasphématoire" sur des sites comme Google et Facebook. Tout en se défendant de pratiquer la censure.

La proposition de Kapil Sibal de filtrer le contenu sur internet a provoqué une levée de boucliers en Inde


"Proteger la sensibilite des citoyens indiens"

Kapil Sibal est sans aucun doute devenu l’homme le plus détesté du web en Inde depuis mardi. Le ministre indien des Télécoms a provoqué la colère des internautes lorsqu’il a annoncé lors d’une conférence de presse vouloir faire pression sur plusieurs sites, dont Google, Twitter et Facebook, afin de s’assurer que certains contenus « blasphématoires » ne soient pas mis en ligne.

M. Sibal s’est défendu d’avoir recours à la censure, arguant que le contenu en question risquait d’exacerber les tensions religieuses et communautaires en Inde. "Nous devons prendre en compte les sensibilités de nos citoyens, nous devons les protéger. L’ethos culturel est quelque chose de très important pour les Indiens", a-t-il déclaré. Une explication qui n’a toutefois pas convaincu la majorité des internautes indiens, qui ont réagi rapidement, traitant le ministre d’ "idiot" ou même de "fasciste", sur des sites de réseaux sociaux comme Facebook et Twitter.

M. Sibal, qui a rencontre lundi les représentants de Google, Facebook et d’autres sites internet majeurs, leur aurait demandé de retirer certaines images et textes "blasphématoires" mais ces derniers auraient refuse d’intervenir. Le ministre affirme avoir interpellé les représentants de ces sites dès le mois de septembre mais qu’ils auraient refusé de coopérer.
Facebook a publié un communique dans lequel le groupe affirme "comprendre les efforts du gouvernement pour minimiser la publication de contenu offensant", rappelant toutefois que le site avait mis en place des mécanismes afin que les utilisateurs eux-mêmes puissent alerter les modérateurs du site. Les porte-paroles de Google et Microsoft n’ont pas souhaité s’exprimer sur la réunion de lundi.

Impossible de "filtrer" ce qui apparait sur la toile

Kapil Sibal aurait été particulièrement irrité par plusieurs images et groupes facebook se moquant de Sonia Gandhi, la présidente du Congres, le parti au pouvoir, et du Premier Ministre indien Manmohan Singh, ainsi que des montages photo de cochon courant dans les rues de la Mecque, publiés dans un but clairement islamophobe. « Nous allons mettre en place des directives pour que de tels contenus ne se retrouvent sur aucune plateforme », a-t-il déclaré, sans plus de précisions.

Ses propos ont toutefois été rapidement discrédités par plusieurs experts informatiques, qui ont fait remarquer qu’il était quasiment impossible de "filtrer" le contenu sur la toile afin de déterminer en amont s’il est "offensant" ou non.

Les dirigeants de « la plus grande démocratie du monde » ont déjà tenté de censurer du contenu sur la toile par le passé, sous prétexte de défendre la "sécurité nationale" ou de ne pas heurter la "sensibilité nationale" de leurs citoyens. Le gouvernement indien aurait fait 68 demandes de retrait de contenu à Google cette année, affirmant notamment que Google Earth pouvait faciliter les attaques terroristes. L’annee dernière, New Delhi avait tenté d’avoir accès aux messages cryptés sur les smart-phones Blackberry (avançant, là encore, des raisons sécuritaires), menaçant d’interdire les services de courrier électronique sur ces téléphones, avant de faire marche arrière.

A moins de vouloir suivre l’exemple chinois qui contrôle de manière stricte le contenu accessible a ses internautes, chemin que l’Inde n’est pas prête d’emprunter, il sera virtuellement impossible de contrôler les actions des quelque de 100 millions d’utilisateurs internet que compte désormais le pays.

source: Inde.aujourdhuilemonde

Tag(s) : #INTERNET - COMMUNICATION

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