Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Quand Aubrac réglait son compte à Sarkozy

Raymond Aubrac, le grand résistant parti hier à 97 ans, a reçu l’hommage aussi vibrant qu’obligé du sortant candidat, pieusement recueilli par Le Figaro : «Une figure héroïque de la résistance», écrit Nicolas Sarkozy dans un communiqué. Le chef de l’État rend hommage à un de ces «héros de l’ombre qui ont sauvé l’honneur de la France, à un moment où elle semblait perdue, disparaissent les uns après les autres.» Le président de la République ajoute : «Nous avons le devoir d’en maintenir le souvenir vivant au cœur de notre mémoire collective.» Rue89 saisit l’occasion : « Puisqu’il nous y invite, et que c’est un devoir, participons à cet exercice de mémoire, en retrouvant un souvenir assez récent : le 14 juillet dernier, à la Bastille, une centaine de militants des droits de l’homme étaient réunis pour protester contre la politique sécuritaire du gouvernement. »

Et les confrères de reprendre le texte dont voici un extrait, en forme de réquisitoire implacable et lucide : « Depuis bientôt un an, les plus hautes autorités de l’État s’acharnent à dresser les citoyens les uns contre les autres. Elles ont successivement jeté à la vindicte publique les Roms et les gens du voyage, les Français d’origine étrangère, les habitants des quartiers populaires, les chômeurs et précaires qualifiés d’“assistés”… Elles ont ressorti le vieux mensonge d’une immigration délinquante, elles pratiquent la politique de la peur et de la stigmatisation. Nous avons manifesté le 4 septembre 2010, dans toute la France, contre ce dévoiement de la République. Aujourd’hui, chacun mesure la terrible responsabilité de ceux qui ont donné un label de respectabilité aux idées d’extrême droite, à la xénophobie, à la haine et au rejet de l’autre. De dérapages verbaux en pseudo-débats, de crispations identitaires en reculs sociaux, la voie a été grande ouverte à une crise démocratique encore plus grave que celle du 21 avril 2002. Parce que nous sommes attachés aux valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité, nous ne supportons plus que la République soit ainsi défigurée, la laïcité instrumentalisée au service de la stigmatisation de millions de nos concitoyens, la xénophobie banalisée dans les propos de ministres et de députés qui prétendent parler en notre nom à tous. Nous refusons que la peur soit utilisée pour faire reculer nos libertés, que les inégalités soient encouragées par l’injustice fiscale, le recul des droits sociaux et la démolition des services publics. »

Plume de presse 

Tag(s) : #ACTUALITES

Partager cet article