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Qu’est-ce qui fait fondre les glaciers de l’Himalaya ?

 

Non, ce ne sont pas seulement les gaz à effet de serre comme le CO2 qui sont responsables. D’après les scientifiques, un autre facteur, aussi important, mais moins évident, est en jeu.

Il s’agit de la suie émise par les millions de foyers ouverts utilisés par les populations d’Asie pour la cuisine et le chauffage. L’Inde, qui jouxte ces glaciers, est relativement peu industrialisée et, en conséquence, elle contribue peu aux émissions mondiales de CO2 associées au réchauffement planétaire. Sa contribution est de l’ordre de cinq pour cent, alors que, pour la Chine, c’est 21 pour cent, et 20 pour cent pour les États-Unis.

En contrepartie, c'est en Inde et dans les autres pays de la région que l'on retrouve la majorité des trois milliards de personnes qui utilisent des foyers ouverts, sources de particules de suie.

La suie, du fait de sa couleur, absorbe la chaleur du soleil et réchauffe l'atmosphère. Quand elle se dépose sur la surface des glaciers, elle fait fondre la glace en dessous. Bien que l'impact de la suie provenant des foyers ouverts soit plus marqué en Asie du Sud-Est, ces particules voyagent. On a retrouvé de la suie provenant de l'Inde jusqu'aux Îles Maldives, dans l'Océan Indien.

Les pays industrialisés sont aussi la source de suie, en provenance, notamment, des moteurs diésel et des centrales thermiques au charbon. Mais les contributions de ces sources, avec les mesures de contrôle de la pollution mises en place au cours des dernières années, sont en déclin. Ce qui n'est pas le cas pour la suie provenant des foyers ouverts.

Il est intéressant de noter que le rapport de 2007 du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) ne mentionne même pas la suie provenant des foyers ouverts comme étant un contributeur anthropogénique au réchauffement planétaire.

Aujourd'hui, les scientifiques (Jacobson) classent la suie comme étant le deuxième plus important contributeur au réchauffement planétaire, après le CO2, mais avant le méthane*. Les chiffres avancés sont de l'ordre 48 pour cent dans le cas du CO2, 16 pour cent pour la suie et quatorze pour cent pour le méthane.

Le contrôle des émissions de suie est un moyen relativement bon marché, et rapide, de combattre le réchauffement planétaire.

Le CO2 persiste pendant des années dans l'atmosphère, ce qui n'est pas le cas de la suie. C'est pourquoi la conversion des foyers ouverts en fourneaux «propres», à faible production de suie, a le potentiel d'éliminer rapidement cette cause majeure du réchauffement planétaire. Une approche beaucoup plus «payante» dans l’immédiat que de remplacer les centrales thermiques au charbon par des technologies plus écologiques.

 

Un cuisinier indien prépare un repas avec un réchaud à charbon dans un restaurant de Mumbai, en Inde

Un autre avantage, plus immédiat, du remplacement des foyers ouverts par des fourneaux plus efficaces se fera sentir sur la santé. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que la pollution intérieure causée par les foyers ouverts est responsable de la mort prématurée de près de deux millions de personnes par an à travers le monde.

Sur l'ensemble de ces décès, 44 pour cent sont dus à la pneumonie, 54 pour cent à la broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO) et deux pour cent au cancer du poumon. Les enfants sont particulièrement à risque. Près de la moitié des décès par pneumonie d'enfants de moins de cinq ans sont causés par la pollution intérieure imputable aux foyers ouverts.

Un organisme, Global Alliance for Clean Cookstoves, fondé en 2010 à l'initiative des Nations Unies, s'est donné pour mission de combattre ce fléau. Son but se résume dans le slogan «100 by 20». Il s'agit d’équiper 100 millions de foyers de fourneaux efficaces d'ici 2020. L'actrice Julia Roberts est l'ambassadrice mondiale de l'organisation ; un beau rôle pour Pretty Woman.

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* Les quantités de méthane émises sont bien moindres que celles de CO2, mais le méthane capte la chaleur six fois plus efficacement que le CO2. Parmi les principales sources de méthane, il y a deux contributeurs bien présents en Asie du Sud-Est : les rizières et les ruminants (une vache produit à peu près 400 litres de méthane par jour –cela sort par l'avant et non par l'arrière).

 

 

 

Auteur : Ariel Fenster

Source : www.sciencepresse.qc.ca via "Terre Sacrée"

Tag(s) : #NATURE - ECOLOGIE

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