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François Hollande ne sent pas tenu par l'accord signé entre les socialistes et EELV. © REUTERS.

François Hollande ne sent pas tenu par l'accord signé entre les socialistes et EELV. © REUTERS.

Les divergences et les oppositions se multiplient entre le candidat Hollande et Eva Joly. Tiendront-ils jusqu'à l'élection présidentielle ?

Les coutures de l'accord conclu voici un mois entre Europe Ecologie-Les Verts (EELV) et le Parti socialiste n'en finissent pas de craquer. L'interprétation du texte varie selon que l'interlocuteur appartient à la première ou à la seconde famille politique.

Ainsi l'épisode, voici quelques semaines, concernant le paragraphe sur la filière MOX, ce combustible fortement irradié dont EELV réclame l'arrêt. Le texte était si imprécis que le PS n'était plus certain d'avoir bien compris ce qu'il avait signé. Résultat, un psychodrame de 48 heures au terme duquel les deux formations politiques ont finalement conclu que l'approvisionnement en MOX diminuerait...proportionnellement à la fermeture des centrales nucléaires.

Mais d'autres points de friction demeurent.

1. Agriculture intensive : Hollande pas concerné par l'accord

Le texte de l'accord prévoit, en cas de changement de majorité, "l'organisation d'un débat national sur l'agriculture, la pêche et l'alimentation en 2012". Mais il n'est fait aucune référence à l'agriculture intensive et aux grandes exploitations céréalières.

Au point que les représentants de la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA), le premier syndicat agricole, s'en sont ému. Devaient-ils comprendre que les socialistes reprenaient à leur compte les critiques des écologistes contre l'agriculture intensive ?

Ce week-end, révèle le site d'Europe 1, François Hollande a fait savoir qu'il s'agissait là d’un accord "entre partis" qui n’engage pas le "candidat". Le président de la FNSEA, Xavier Beulin, a d’ailleurs été convié à rencontrer François Hollande début janvier.

2. L'EPR de Flamanville : pas d'accord

Cette question figurait initialement dans le projet d'accord. Incapables de s'entendre EELV et le PS ont préféré la retirer du texte.

EELV réclame l'arrêt de la construction de l'EPR. François Hollande reste, en revanche, favorable à son achèvement, pourvu que les règles de sécurité soient respectées.

3. L' aéroport Notre-Dame des Landes : encore pas d'accord

Là encore, l'opposition est totale :

EELV est contre la construction de cet aéroport en Loire-Atlantique. Le PS, et au premier chef Jean-Marc Ayraut, député-maire de Nantes, est pour.

4. Le droit de veto de la France à l'ONU : tout de suite ou un jour peut-être ?

L'accord énonce que "la France fera des propositions précises pour réformer et démocratiser l'ONU afin qu'elle structure un ordre juridique et normatif global : siège européen, suppression du droit de veto, meilleure représentativité des pays du Sud au sein du Conseil de sécurité, renforcement du rôle des ONG".

Pour François Hollande, il n'est pas question de renoncer au droit de veto dans l'immédiat. Il s'agit d'une pétition de principe soumise à une refonte globale de l'ONU. Eva Joly, en revanche, entend ne pas subordonner cette décision à une quelconque réorganisation. La France devra prendre l'initiative de renoncer à son droit de veto.

5. La retraite : 60 ou 65 ans ?

L'accord EELV- PS prévoit la "retraite à 60 ans à taux plein pour ceux qui ont commencé tôt ou ont eu des métiers pénibles." Mais rien n'est précisé sur l'âge légal de départ à la retraite.

Problème : Eva Joly est pour un départ à 60 ans sans surcote ou décote alors que le PS entend fixer l'âge légal de départ à 60 ans et l'âge de départ sans décote à 65 ans.

6. Les emplois verts : 600 000 ou un million ?

L'accord entend favoriser la création de 600 000 emplois verts (isolation thermique, énergies renouvelables, etc.).

Ce week-end, lors d'un conseil fédéral d'EELV, Eva Joly a revu ce chiffre à la hausse : "Nous voulons créer un million d'emplois dans les énergies renouvelables, les économies d'énergie, les services et l'économie solidaire et les petites et moyennes entreprises (PME)"

7. La réduction du déficit : 3% ou 4% ? A moins que ce ne soit 4,5%

Ce point n'est pas évoqué dans l'accord. Il est cependant la pierre angulaire de toute politique économique. Et là, la divergence est de taille :

François Hollande entend le ramener à 3 % du PIB dès 2013.

Eva Joly, elle, mise plutôt sur une fourchette comprise entre 3,5 % et 4,5 %. "Les socialistes font une erreur de raisonnement, expliquait-elle en octobre dernier. On tremble de peur devant les agences de notation. Je veux montrer à la communauté financière internationale qu’il est plus important d’assurer la cohésion sociale et de sauver les gens du désespoir".

8. Plus fort que les 35 heures : les 32 heures...

S'agissait-il de se démarquer du PS ? En tous cas, c'est réussi. En remettant au premier plan, dimanche, la revendication écologiste de la semaine des 32 heures, Eva Joly a choisi de bousculer ses partenaires socialistes. Rares sont ceux, au sein du PS, à défendre encore le principe d'une réduction du temps de travail comme remède à la crise et aux licenciements.

« Les Verts ont pris l'habitude, et encore plus depuis quelques mois, de se projeter dans un monde idéal, a vivement réagi le député Jean-Marie le Guen. Entre l'idéal et le réel il y a un fossé qu'ils n'essayent pas aujourd'hui de combler. C'est un peu dommage, car cet idéal est parfois un peu caricatural ».

Reste à savoir jusqu'où ce fossé peut s'agrandir...

 

Tag(s) : #Présidentielles 2012

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