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La question posée est une des questions les plus perturbantes qui soit aujourd’hui dans le domaine politique et social.

Inutile de revenir sur la situation actuelle – parfaitement décrite par Jean DORNAC dans son article – reste l’interrogation.
Toute réflexion faite, il n’y a là rien de surprenant et de nouveau.
LES LEÇONS DE L’HISTOIRE
1er constat : si l’on analyse l’évolution des systèmes économiques et politiques, le rythme, à l’échelle humaine, est extrêmement lent.
2e constat : ce n’est pas parce que la situation est insupportable que le changement a lieu.
3e constat : de manière générale, le nouveau système qui émerge a commencé à fonctionner, sous forme embryonnaire, dans le système dominant.
4e constat : il n’existe pas de « thermomètre », d’appareil de mesure, permettant de prévoir le moment du changement.
C’est la conclusion à laquelle je suis parvenu pour essayer de comprendre comment se font les changements dans l’Histoire.
Si cela est exact, ça explique bien des choses aujourd’hui. Mais tout cela mérite quelques explications.
 



ACCEPTATION ET RÉVOLTE
Un système économique est composé de relations sociales, c'est-à-dire d’une manière dont les hommes sont organisés pour produire et distribuer les richesses.
La spécificité de ces rapports sociaux fait la caractéristique du système – aujourd’hui c’est le rapport salarial qui domine. Ces rapports sociaux se sont construits au cours de l’Histoire à partir de conflits et de rapports de forces.
Ces rapports sociaux sont confortés par tout un environnement administratif, juridique, politique, idéologique qui les stabilise, les perpétue et même les justifie. L’ensemble de la population « baigne » littéralement dans une atmosphère culturelle – au sens large – qui justifie la situation présente. Tout est fait, et les autorités en sont garantes, pour que le système se pérennise. Tout ceci contribue à installer une passivité, voire une fatalité qui fait accepter la situation présente. Certes, des conflits existent, des protestations, des révoltes, mais, même si elles sont importantes, ce ne sont quasiment jamais elles qui aboutissent à un changement de système.
La contestation est canalisée. Pour cela tout est bon : le père, Dieu, le chef, la patrie, le clan, la tribu, le peuple, la République,… au choix.
L’acceptation de la situation présente est une garantie de stabilité, même pour celles et ceux qui sont les plus défavorisés, d’une part parce que la justification idéologique fonctionne : « accepte ta situation, tu seras satisfait au centuple au Paradis » ou plus moderne : « ce sont des lois – économiques - naturelles auxquelles nous ne pouvons que nous soumettre ». Garantie de stabilité d’autant plus importante que l’on ne sait pas trop quoi mettre à la place du système existant : « Bon d’accord tu contestes le système, mais que mets–tu à la place ?».
D’autre part même si les plus opprimés se révoltent, ce ne sont jamais eux qui procèdent au changement. Exemple : les esclaves de l’Antiquité, les paysans du système féodal,… les ouvriers dans le capitalisme qui devaient le renverser au début du 20e siècle suivant le « schéma standard ».
Tout cela pour dire que la « passivité » du peuple n’est pas un fait nouveau. Même si l’on prend le cas de la période 1940-44 en France – je te trouve bien optimiste Jean sur cette période - le nombre derésistants était infime et le plus grand nombre croyait que Pétain avait « sauvé la France ». Les masses qui applaudissaient Pétain en Juin 1944 étaient les mêmes que celles qui applaudissaient De Gaulle en Août de la même année ( ?).
UNE SITUATION BLOQUÉE
La situation dans laquelle nous sommes aujourd’hui est bloquée. Bloquée par le discours trompeur des politiques – quelle que soit la couleur - qui nous font croire que la situation nous est imposée et que seule la rigueur peut « nous sauver ». Ça les gens le croient – la preuve, ils vont revoter pour les mêmes individus.
C’est de l’ordre de la croyance, de la foi… de même que les paysans du Moyen Age croyaient à ce que racontaient les religieux. Ils croient aussi qu’en changeant le personnel au moment des élections, ils vont faire avancer la solution des problèmes,… ce qui est évidemment faux. Mais le martèlement idéologique (aujourd’hui les médias, hier l’Eglise) arrive à conditionner les consciences.
La solution est ailleurs, en dehors des institutions. Se heurter de face au système, comme le font les « indignés » est certes héroïque et respectable mais totalement inefficace… le mouvement se délite, s’essouffle et va disparaître… il n’a aucune prise sur la réalité.
Je pense que la solution réside dans la mise en place de structures alternatives qui montrent que l’on peut fonctionner autrement et qui relativise la portée sociale du système dominant – je ne développe pas ici, j’ai suffisamment écrit là-dessus. L’exemple de la Bourgeoise est significatif à cet égard : elle a miné l’Ancien Régime économiquement avant de s’emparer du pouvoir.
Un tel processus ne se fera pas spontanément, c’est un travail de longue haleine, mais c’est je pense la seule issue qui nous reste.
Tag(s) : #AIR DU TEMPS

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