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Tout chercheur de vérité aura été confronté à une horrible vérité : La plupart des dirigeants semblent appartenir à un vaste réseau de corruption. Derrière la vernis de la respectabilité et quoiqu'en disent leurs belles paroles, se cachent le plus souvent des canailles sans scrupules, la plupart du temps des obsédés sexuels en quête d'argent facile. Nous avons eu tous maintes fois l'occasion de le constater, notamment avec l'affaire DSK, les guerres de l'empire, le 11 septembre et les divers scandales pédophiles. Il y a vraiment quelque chose de pourri chez nos dirigeants et cela ne date pas d'hier puisqu'à divers époques on relate des faits similaires.


L'explication est simple, elle nous est fournie par le philosophe Etienne de la Boétie : Le fait que les dirigeants soient choisis parmi les individus les plus corrompus  permet d'exercer sur eux un contrôle absolu dans la mesure où à la moindre incartade ils se retrouveraient pénalisés pour leurs crimes.
L'exercice du pouvoir est donc intrinsèquement lié à diverses formes de corruption, plus le dirigeant subalterne sera corrompu plus il sera soumis pied et poings liés à son maître.
Cela fait des siècles que cela dure et il n'y a aucune raison pour que cela change.



Dans son très célèbre ouvrage de philosophie politique, Discours de la servitude volontaire, Etienne de la Boétie s’interroge sur ce paradoxe : l’homme est né libre, il aime la liberté et pourtant, partout, il est dans les fers. La Boétie distingue trois causes profondes à cette servitude. Les deux premières sont l’habitude et l’abrutissement du peuple, que nous ne détaillerons pas ici. La troisième cause, en revanche, concerne directement notre sujet.

« J’en arrive maintenant à un point qui est, selon moi, le ressort et le secret de la domination, le soutien et le fondement de toute tyrannie. Celui qui penserait que les hallebardes, les gardes et le guet garantissent les tyrans, se tromperait fort. Ils s’en servent, je crois, par forme et pour épouvantail, plus qu’ils ne s’y fient. […]

Ce ne sont pas les bandes de gens à cheval, les compagnies de fantassins, ce ne sont pas les armes qui défendent un tyran mais toujours (on aura peine à le croire d’abord, quoique ce soit la vérité) quatre ou cinq hommes qui le soutiennent et qui lui soumettent tout le pays. Il en a toujours été ainsi : cinq ou six ont eu l’oreille du tyran et s’en sont approchés d’eux même, ou bien ils ont été appelés par lui pour être les complices de ses cruautés, les compagnons de ses plaisirs, les maquereaux de ses voluptés et les bénéficiaires de ses rapines. Ces six dressent si bien leur chef qu’il en devient méchant envers la société, non seulement de sa propre méchanceté mais encore des leurs. Ces six en ont sous eux six cents, qu’ils corrompent autant qu’ils ont corrompu le tyran. Ces six cents en tiennent sous leur dépendance six mille, qu’ils élèvent en dignité. Il leur font donner le gouvernement des provinces ou le maniement des deniers afin de les tenir par leur avidité ou par leur cruauté, afin qu’ils les exercent à point nommé et fassent d’ailleurs tant de mal qu’ils ne puissent se maintenir que sous leur ombre, qu’ils ne puissent s’exempter des lois et des peines que grâce à leur protection. »

Résumons ce propos. Autour du tyran, il y a cinq hommes. Ces cinq hommes « en ont sous eux » six cents. Ces six cents « en tiennent six milles sous leur domination ». Ces six milles sont élevés en dignité : on leur donne le gouvernement des provinces et le maniement des deniers publics.

La Boétie nous décrit là une organisation pyramidale dans les hautes strates de nos sociétés. Il nous décrit des réseaux oligarchiques qui se structurent autour des hautes fonctions ; fonctions qui de prime abord sont réputées indépendantes les unes des autres. La Boétie nous décrit donc ce que les dissidents du XXIème siècle appellent le Système, soit les réseaux informels de l’oligarchie, dont les acteurs, réputés indépendants les uns des autres (finance, politique, médias) sont en réalité reliés entre eux par des intérêts tacites et communs. La Boétie évoque « une chaîne interrompue » d’hommes qui de la sorte sont liés au tyran.

Telle est donc la troisième source de la servitude : un groupe d’individus, que la Boétie baptise les « ml'articleange-peuples », instaure et maintient la servitude pour la défense des intérêts de « cette chaîne ininterrompue »
 Extrait de l'article "la Boétie disculpe la dissidence" :
.http://www.mecanopolis.org/?p=26616


Tag(s) : #POLITIQUE

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