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Chine, Egypte, Fed, Allemagne... Tour d'horizon des risques qui pourraient peser sur les marchés dans les mois à venir.

Le calendrier allemand

Les élections allemandes du 22 septembre sont d'une importance primordiale pour la zone euro et les marchés. En attendant, le bruit politique, avec des déclarations intempestives des candidats, pourrait nourrir les inquiétudes. Aucune avancée significative concernant les projets de la zone euro n'est possible avant l'échéance électorale. Par ailleurs, la Cour constitutionnelle allemande ne rendra pas son verdict sur le programme de rachat de titres de la BCE avant les élections. En attendant, il sera extrêmement difficile à l'institution de Francfort d'activer son dispositif.

LE RALENTISSEMENT CHINOIS

Les signes de ralentissement se multiplient en Chine. Depuis plusieurs mois, les statistiques déçoivent. En témoigne le recul de l'indice PMI des services, publié hier. « Cela confirme qu'il n'y a pas de redressement en Chine alors que les investisseurs espéraient que le nouveau gouvernement prenne des mesures pour soutenir l'activité, résume Jean-Louis Mourier, chez Aurel BGC. L'objectif d'une croissance de 7,5 % fixé par les autorités chinoises pourrait ne pas être tenu. » Ce chiffre reste élevé au regard du reste du monde, mais il est inférieur à la croissance annuelle moyenne de plus de 10 % enregistrée entre 2000 et 2010. Certains s'inquiètent même d'un ralentissement brutal. « On craint que la Chine ne soit prête à risquer son objectif de croissance, pour maîtriser son système financier, reprend l'économiste. Les autorités chinoises veulent éviter que l'accélération du crédit ne soit trop forte. »

En effet, une « bulle » de crédit s'est créée dans le système bancaire et hors de celui-ci. « On s'est aperçu que la Chine s'était engouffrée dans une bulle de surinvestissement en ouvrant les vannes du crédit, note Pierre Sabatier, stratégiste chez PrimeView. Or, les projets financés avec cet argent "pas cher" ne sont pas tous rentables, d'où un risque d'explosion des créances douteuses. »

S'ajoute à la croissance, l'inquiétude sur le marché interbancaire. « Au-delà le la baisse de la liquidité liée à l'échéance de produits d'épargne, ces tensions illustrent les fragilités du système bancaire, constatee Jean-Louis Mourier. Les établissement financiers ne peuvent plus compter sur le soutien de la banque centrale pour leur fournir toutes les liquidités qu'elles le désirent. »

La fin des largesses de la Fed

En mai, le discours de Ben Bernanke avait refroidi l'optimisme des marchés. Le président de la Réserve fédérale américaine avait alors évoqué une réduction des achats d'actifs de la Fed. Un changement de cap monétaire confirmé par la réunion de juin. Avec une réduction du programme d'assouplissement quantitatif, les Bourses perdent l'un de leurs principaux soutiens.

Le calendrier précis de la Fed va dépendre de la conjoncture, et en particulier du marché du travail. Les investisseurs seront donc à l'affût tout l'été de toutes les données économiques, en particulier du rapport sur l'emploi américain publié demain. Ils seront aussi très attentifs aux prochaines « minutes » (compte rendu) de la Fed, au rapport semi-annuel sur les perspectives économiques, et en août au discours de Jackson Hole. « La grande majorité des économistes s'attend pour l'instant à ce que la Fed commence à revoir ses achats d'actifs en septembre, indique Jean-Louis Mourier. Mais tout dépendra des données de cet été. »

Les Tensions géopolitiques

L'escalade de la crise en Egypte a poussé le baril de pétrole américain (WTI) au-delà de 100 dollars pour la première fois depuis neuf mois. Les opérateurs craignent des ruptures d'approvisionnement. « L'Egypte n'est pas un exportateur de pétrole, mais le canal de Suez et un certain nombre d'oléoducs font du pays une importante voie de transit pour le pétrole en provenance d'Afrique du Nord et de la région du Golfe », explique Eugen Weinberg chez Commerzbank. Plus de 2,2 millions de barils sont ainsi passés chaque jour par le canal de Suez et l'oléoduc Suez-Méditerranée (Sumed) en 2011, à destination de l'Europe et de l'Amérique du nord. Les analystes soulignent aussi les problèmes actuels en Libye où des manifestations ont eu lieu sur plusieurs sites, et l'instabilité politique persistante au Nigeria, le premier producteur du continent. Une montée des cours de l'or noir serait un handicap de plus pour la reprise économique dans le monde.

Les Doutes sur le réveil du japon

Le réveil de la croissance du Japon aura-t-il lieu ? Les investisseurs ont les yeux rivés sur l'Archipel depuis l'annonce des grands projets du Premier ministre Shinzo Abe, baptisés « Abenomics » : un vaste plan de relance, une politique monétaire ultra-accommodante et des réformes structurelles pour moderniser le pays et l'ouvrir à l'international. Ces derniers mois, des secteurs industriels ont commencé à bénéficier de certaines mesures, avec en soutien la baisse du yen face aux autres devises. Mais les effets ne sont pas encore très sensibles. Les experts craignent que la relance nourrisse davantage une dette publique qui représente déjà presque 240% du PIB. En zone euro, on a l'espoir que la politique très agressive de la Banque du Japon incite les investisseurs japonais à acheter des titres étrangers, comme les OAT françaises. Mais cet intérêt doit encore se concrétiser. Enfin, pour mener à bien les Abenomics, la majorité de Shinzo Abe doit remporter le 21 juillet les élections sénatoriales.

M. A., M. J., S. Ro, Les Echos via Maître Confusius
Tag(s) : #ACTUALITES

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