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Le collège-lycée du Chambon-sur-Lignon a lancé la polémique dimanche en assurant n'avoir pas été informé du passé de violeur présumé du lycéen qui a avoué avoir tué et violé Agnès, une de ses camarades, à laquelle près de 4.000 personnes ont rendu hommage lors d'une marche blanche.

"On savait qu'il avait eu des ennuis avec la justice, mais on n'en connaissait pas la nature. Et nous n'avions aucun contact avec les services de justice", a critiqué Philip Bauwens, directeur du collège-lycée cévenol, en réponse au parquet de Clermont-Ferrand, qui avait affirmé samedi que le chef d'établissement "était au courant" de la situation du lycéen de 17 ans.

Mis en examen pour viol sur une mineure en août 2010 dans le Gard, ce dernier avait effectué quatre mois de détention provisoire avant d'être placé sous contrôle judiciaire fin 2010. Jugé "réinsérable et ne présentant pas de dangerosité", il était soumis à une obligation de suivi psychiatrique et d'être scolarisé dans un internat, toutes conditions qu'il remplissait selon le parquet. Il était suivi par un psychiatre au Puy-en-Velay et par un psychologue dans son établissement.

Un responsable du Collège cévenol, Albert Munoz, a reconnu lors d'une conférence de presse au Chambon-sur-Lignon que la direction savait que le lycéen avait fait un séjour de 4 mois en prison. Mais "nous n'avons pas à nous immiscer" et à exiger des parents venant inscrire leurs enfants le motif d'une éventuelle incarcération, a-t-il dit. En revanche, la fiabilité des expertises psychiatriques et du suivi judiciaire de tels jeunes se sont retrouvées au centre du débat. "Si la justice dit que ce jeune est réinsérable (...), c'est notre mission que de pouvoir l'accueillir", a maintenu Philip Bauwens, directeur du Collège-lycée cévenol, suggérant un problème d'évaluation en amont.

"C'est une mort inutile qui pouvait être évitée. L'erreur est humaine mais on l'a payée très cher", a réagi Paola Marin, mère d'Agnès, interrogée sur RTL sur le fait que l'assassin présumé avait pu être scolarisé dans un établissement classique.

Jean-Michel Hieaux, vice-président du Collège cévenol, s'est dit quant à lui "sidéré que, par inconséquence et irresponsabilité, un système puisse permettre à un jeune particulièrement violent d'être accueilli dans un internat mixte, ouvert, en pleine nature". La direction de l'établissement a également pointé du doigt le manque de structure spécialisées adaptées pour de tels jeunes, qui se retrouvent par conséquent dans des établissements classiques.

L'ex-ministre de la Justice Rachida Dati est allée dans ce sens dimanche en prônant le développement des centres éducatifs fermés (CEF) avec "de vraies prises en charge pédo-psychiatriques" pour les mineurs délinquants, en réaction à cette affaire.

Interrogé par l'AFP, le président du tribunal pour enfants de Bobigny, Jean-Pierre Rosenczveig, a jugé que dans cette affaire "extrêmement grave", "on a un juge qui, avec la caution du parquet, des psychiatres, des éducateurs,prend une décision, dans le cadre du contrôle judiciaire, qui est de bon sens, avec la décision de le faire partir de Nîmes --pour ne pas qu'il rencontre sa précédente victime-- et l'obligation de l'internat".

Pour M. Rosenczveig, "ce sont des personnes normalement compétentes qui ont fait leur travail et malheureusement les choses ont mal tourné". "On ne peut pas reprocher à l'établissement de ne pas faire le travail de la justice... Quand vos accueillez un élève qui a des précédents judiciaires, on ne vous dit pas toujours exactement pour quoi il est suivi", a ainsi réagi Philippe Tournier, Secrétaire général du principal syndicat de chefs d'établissement, le SNPDEN, interrogé sur BFM-TV. (afp)

source: 7sur7.be

Tag(s) : #ACTUALITES

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