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Pondu par Sophie-Pierre Pernaut le 6 octobre 2011 http://www.madmoizelle.com/

Est-il possible de vivre sans connaître quelques petits moments de honte ? Je ne pense pas. Revenons ensemble sur ces looses du quotidien qui égratignent notre dignité et mettent à mal notre image de fille dans le vent.

Il y a des jours où un nuage de poisse stagne juste au-dessus de ta tête. Ces jours-là, ta fierté est mise à mal par des situations plutôt embarrassantes à cause d’un équilibre précaire sur des talons trop hauts ou d’un manque de vigilance.

Revenons ensemble sur ces situations gênantes qui jalonnent, ou peuvent jalonner notre quotidien et transforment une journée qui démarrait bien en un véritable calvaire.

La chute malencontreuse dans le bus ou le métro

Je pense ne pas trop m’avancer si je dis que c’est déjà arrivé à tout le monde au moins une fois. Cette situation peut être provoquée par un à coup, un pogo lancé par des lycéens, ou par un croche-pied intentionnel d’une fille persuadée que tu as dragué son mec.

Mais le plus humiliant dans la chute n’est pas la chute en elle-même. Non. Le plus humiliant dans la chute, c’est l’après, le moment où, étalée de tout ton long, juste après les quelques secondes de black-out, tu ne sais guère quoi faire. Et la question que je te pose à toi, madmoiZelle, c’est : comment réagir à sa propre chute ?

Très vite, les possibilités se présentent à la chaîne dans ton esprit.

  • Soit tu ris. Mais si tu ris, assure-toi d’être avec une connaissance non-hostile, sinon tu passes pour une maniaque.
  • Soit tu te relèves le plus naturellement du monde, avec, si possible, un peu d’élégance. Ce qui est impossible si tu essaies de te relever dans un bus en marche.
  • Si tu tiens vraiment à l’élégance, reste allongée par terre et fais la morte jusqu’au prochain arrêt.
  • Si tu te contrefous d’avoir l’air classe, traîne-toi jusqu’à la barre au milieu du bus, accroche-toi à elle avec lourdeur, brinquebalant en rythme avec les mouvements du véhicule. Ne la lâche surtout pas : tu pourrais faire un roulé-boulé jusqu’au pare-brise. Puis, hisse-toi, du mieux que tu peux, jusqu’à te tenir à nouveau droite et faire comme si de rien n’était, reprenant ton allure altière de tous les jours – le rouge aux joues en plus.

La porte des toilettes qui s’ouvre

Petites humiliations du quotidien en toute discrétion

Pourquoi chercher la discrétion quand on peut faire ça en famille ?

Le cauchemar. Tu es dans les toilettes du boulot, de ta fac ou de ton lycée, en équilibre au-dessus de la cuvette, le cuissot douloureux de devoir maintenir ton corps en équilibre, délestant ta vessie des quelques litres qui l’encombraient quand, soudain, la porte s’ouvre sur une collègue, une étudiante ou, pire, une prof.

Généralement, la personne qui a ouvert la porte la referme rapidement, après avoir bloqué quelques secondes sur le ridicule de ta posture et en imaginant la honte cuisante que tu dois être en train de ressentir. Tu remarqueras que tu ne seras plus capable de croiser le regard de la personne qui a ouvert la porte sans avoir les joues chaudes comme la braise d’un barbecue au point de pouvoir faire cuire une côté à l’os dessus.

La seule solution que je te propose, c’est à l’avenir d’être plus vigilante. Moi je demande toujours à mes copines de vérifier de l’extérieur que la serrure ne cède pas lorsqu’on actionne la poignée. Du coup, ce genre de mésaventures ne m’arrivent plus jamais.

Mais il y a bien entendu quelques inconvénients à ce genre de pratiques névrosées : si les copines ne viennent pas en cours, je me retrouve bien embêtée avec ma vessie alourdie par quelques dizaines de cafés.

Avertissement : Prudence maximum en cas de changement de tampons.

Les éructations rectales

Mais bon sang, penses-tu pour toi-même, pourquoi ai-je pris des flageolets à la cantine ?
Cette erreur, tu vas la payer cher. Parce que si au collège, tu t’amusais à faire des concours de pet pour attirer l’attention des garçons (ces gros scatos), on devient toutes un peu trop tatillonnes vis-à-vis de ce que nos intestins peuvent produire pour continuer à en rire.

Passés 14 ans, dire à quelqu’un « héééé écoute-le c’ui-là » en te penchant sur une fesse est un suicide social. A part si tu es sûre de l’indéfectibilité de l’amitié de la personne à qui tu t’adresses. Sache-le.

Pour rester digne après avoir ingurgité un ragoût de haricots, d’artichauts et de choux de Bruxelles, serre donc les fesses (mais de toute manière, qui pourrait avaler un truc pareil ?). C’est peut-être mauvais pour la santé, mais c’est mieux pour ta carrière. A moins que tu en profites pour rentrer chez toi en prétextant une gastro ; après tout, c’est toi qui vois.

Petites humiliations du quotidien haricots

Le repas idéal pour mettre 30 mètres entre toi et les autres.

Croiser son reflet dans le miroir en rentrant chez soi

Quand tu pars de chez toi le matin, tu es généralement fraîche et pimpante. Nous le sommes toutes. Mais après tes 8h de cours (ou de travail) et tes 4h de transports, le grand miroir dans ton entrée t’apparaît comme le Mal.

Ton chignon romantique du matin s’apparente à 19h à une choucroute (mais une vilaine. Celle de la cantine. Pas la choucroute de la Taverne Alsacienne). Avec ta peau, on pourrait faire du beurre tant le gras luit sur ton front. À force de te frotter les yeux d’ennui et de fatigue, ton eye-liner a coulé et tu ressembles à un panda, en moins mignon.

Mais surtout, c’est toujours en rentrant le soir que tu te rends compte de ce très mauvais choix de couleur de soutien-gorge (rouge) avec ton t-shirt (blanc et fin). Alors oui, le soutien-gorge apparent peut faire très joli, et c’est probablement très utile pour plaire en soirée au Luculus, la boîte de nuit du coin.

Mais ça ne t’aide en rien à passer pour une étudiante (ou une jeune salariée) sérieuse et dévouée à son travail. C’est comme coller un sticker « je lis madmoiZelle et j’ai pas de culotte » sur sa veste. Ça peut faire hurler de rire, mais pas partout, et pas n’importe qui.

Plus qu’une petite loose du quotidien, le moment où l’on croise son reflet dans le miroir en rentrant le soir est une désillusion qui nous retire petit à petit notre envie de vivre. Au moins.

La jupe coincée dans les collants

J’admire les filles qui continuent à porter des jupes en hiver avec sérénité. Déjà parce que c’est joli, et que ça remet un peu d’été dans nos coeurs. Mais aussi parce qu’elles font un gros feuque à l’angoisse de la jupe qui se coince dans le collant, qu’elles font fi de leurs propres névroses.

Moi, quand je mets une jupe avec des collants, je vérifie frénétiquement si elle est bien en place. En cas de vent, je croise mes mains sur les fesses pour être sûre que la volette reste en place. Cela ne me confère en rien une démarche élégante, mais au moins, ça m’évite de fumer. Oui parce qu’en fait, fumer en croisant les mains sur ses fesses, c’est super dangereux. La cigarette est trop près du tissu, le volant peut s’embraser et c’est tout ton corps qui finirait par s’enflammer tel un épouvantail le soir de la Saint-jean.

A la honte de la jupe coincée dans le collant s’ajoute une variante : les bas qui descendent sur les chevilles. Deux choix s’offrent à toi pour éviter ce genre d’inconvénients : investir dans des porte-jarretelles et mettre ton copain/ta copine en émoi pour vingt ans, ou, plus économique, les tenir tout en traversant le centre-ville. Je ne vois que ça.

Bien sûr, j’en oublie. Il y a aussi les menstruations qui se pointent le jour où tu portes un pantalon blanc, le détraqué qui te drague si violemment en centre-ville qu’on dirait que tu viens de le larguer, ou encore le talon qui se coince dans les pavés. Et toi, tu en connais d’autres ?

Viens partager ton expérience dans les commentaires. Viens.

Tag(s) : #AIR DU TEMPS

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