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© afp

"Il n'est pas imaginable d'attendre sans fin de nouvelles preuves" du réchauffement climatique pour agir, estime Rajendra Pachauri, président du Groupe d'experts sur l'évolution du climat (Giec), au moment où les négociations peinent à trouver un nouvel essor.

Presque tous les pays de la planète sont réunis à Durban en Afrique du Sud pour trouver les moyens de limiter la hausse de la température mondiale à 2°C. Alors que les négociations sont dans une phase creuse, certaines voix suggèrent d'attendre la publication du prochain rapport du Giec (le 5e), en 2014, avant de prendre des décisions fortes.

"Le 4e rapport (publié en 2007) comporte suffisamment d'éléments sur lesquels s'appuyer pour agir. Il n'est pas imaginable d'attendre sans fin de nouvelles preuves", explique M. Pachauri, en marge des négociations qui s'achèvent vendredi. "Si le monde accepte cette réalité scientifique, alors la communauté internationale doit réagir".

"Bien sûr, le prochain document permettra peut-être de combler certaines failles, de faire quelques ajustements (...) mais dire que nous devons l'attendre, c'est refuser d'affronter la réalité".

Et le patron de cet incontournable organe intergouvernemental de se féliciter que le président sud-africain Jacob Zuma ait souligné cette semaine à Durban que "le niveau d'ambition (dans les réductions d'émissions de gaz à effet de serre) devait être déterminé par la science".

Evénements météorologiques extrêmes
Créé il y a plus de 20 ans, le Giec a obtenu le Prix Nobel de la paix 2007 conjointement avec l'ancien vice-président américain Al Gore. Dans un rapport spécial publié juste avant le rendez-vous de Durban, le Giec a souligné que le réchauffement global allait intensifier la fréquence et l'intensité des événements météorologiques extrêmes: inondations, sécheresses ou vagues de chaleur.

Le "sens de l'urgence" autour de la question climatique n'a-t-il pas été en partie été oublié, au fil de discussions onusiennes laborieuses et à la faveur de la grave crise économique qui frappe certaines parties du monde? M. Pachauri refuse de se prononcer sur l'avancement des négociations, mais martèle: "Oui, je pense que la science apporte suffisamment d'éléments qui devraient créer une forme de sens de l'urgence à agir".

Que faire pour que cette notion reste présente dans les esprits? "Personnellement, je pense qu'il pourrait être utile, pendant les négociations, que chaque journée commence par une présentation de certaines données scientifiques", suggère-t-il. "Peut-être que cela rappellerait à tout le monde les réalités".

Selon une étude allemande présenté à Durban, les promesses de réduction de gaz à effet de serre mise aujourd'hui sur la table par les différents pays placent la planète sur la trajectoire d'un réchauffement de +3,5°C, loin de l'objectif de 2°C maximum adopté par la communauté internationale.

Interrogé sur son état d'esprit, M. Pachauri assure conserver l'espoir que les "êtres humains décideront collectivement, sous une forme ou sous une autre, d'agir pour relever le défi". "Cela est déjà arrivé dans le passé si vous pensez au protocole de Montréal (conclu en 1987 pour protéger la couche d'ozone, NDLR) qui a largement été une success story".

"La question du réchauffement climatique est - bien sûr - un défi d'une autre ampleur. Mais je m'attends à ce que, en tant qu'espèce rationnelle, nous réagissions". (afp)

source: 7sur7.be

Tag(s) : #NATURE - ECOLOGIE

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