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Laurent Mauriac
Cofondateur de Rue89 Rue89

On pourrait l'appeler « l'opération triple A ». Ce week-end, l'Elysée et le gouvernement mettent au point un nouveau plan d'urgence budgétaire qui doit être annoncé lundi matin à l'issue du conseil des ministres.
Objectif : ramener dans les caisses de l'Etat 6 à 8 milliards d'euros, suite à la révision à la baisse de la prévision de croissance pour 2012 de 1,75% à 1%.
Le précédent plan de rigueur, annoncé fin août, atteignait 12 milliards d'euros, dont 11 milliards de recettes fiscales supplémentaires.
François Fillon, le Premier ministre qui avait affirmé en septembre 2007 « être à la tête d'un Etat qui est en situation de faillite », s'est voulu grave samedi lors d'un discours prononcé à Morzine (Haute-Savoie) :
« L'heure de vérité a sonné. Il n'est pas utile de s'en prendre aux agences de notation, aux banquiers, aux spéculateurs ou à je ne sais quel bouc émissaire, pas utile de faire croire qu'il y a des trésors cachés pour financer nos dépenses publiques. […] Il n'y a pas d'autre recette pour réduire l'endettement que de réduire la dépense. »



Réduire la dépense, sans exclure d'augmenter les impôts, comme le montrent les trois pistes principales à l'étude à la veille de l'annonce du plan.

1

Une seconde « journée de solidarité »

 

Cette nouvelle journée de solidarité s'ajouterait à celle qui fut lancée un an après la canicule de 2003, consistant en un jour de travail non rémunéré, dont les fruits financent la prise en charge des personnes âgées et handicapées.

Initialement fixée au lundi de Pentecôte, elle a rapporté 2,4 milliards d'euros en 2010.

2

Une hausse ciblée de la TVA

 

Deux scénarios possibles pour cette hausse de la TVA :

  • soit une hausse de la TVA à 7% pour l'ensemble des produits actuellement taxés à 5,5% ;
  • soit la création d'un nouveau taux à 7%, qui viserait quelques secteurs comme l'hôtellerie, la restauration et les travaux de rénovation de logement.

Objectif de recettes nouvelles : aux alentour d'un milliard d'euros.

En déplacement à Brive-la-Gaillarde, François Hollande a estimé qu'une éventuelle hausse de la TVA dans la restauration ou les travaux de rénovation serait « la preuve de l'inconstance » de la politique de Nicolas Sarkozy.

3

Une hausse de l'impôt sur les grandes sociétés

 

Cette hausse concernerait les entreprises qui réalisent plus de 500 millions d'euros de chiffre d'affaires. Objectif : également un milliard d'euros par an.

Total : 4,4 milliards d'euros... Le compte n'y est pas encore.

Qui plus est, le président socialiste de la commission des Finances à l'Assemblée nationale, Jérôme Cahuzac, proche du candidat socialiste à la présidentielle, estime dans une interview au Journal du dimanche que l'objectif de 6 à 8 milliards d'euros doit être revu à la hausse :

« Il faudra, en réalité, un peu plus – entre 9 et 10 milliards d'euros –, car la prévision de croissance retenue (+1 %) est encore trop optimiste. Pour y parvenir, il suffirait de supprimer le paquet fiscal voté en 2007. Son coût équivaut à l'effort nécessaire et il a démontré son inefficacité économique. »

Jérôme Cahuzac préconise notamment la remise en cause des exonérations de charges sur les heures supplémentaires et de « la défiscalisation des héritages de grandes fortunes ».


Lundi, c'est la rigueur (Baudry)

source: Rue89

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