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DECRYPTAGE Le président-candidat a détaillé et chiffré son programme. L’objectif "zéro déficit pour 2016" est réaffirmé.

 KENZO TRIBOUILLARD / AFP KENZO TRIBOUILLARD / AFP

Zéro surprise. Pendant une conférence de presse de près d’une heure vingt tenue à Paris, le candidat Nicolas Sarkozy a listé les mesures qu’il égrène chaque semaine depuis la mi-février et le début de sa campagne. A défaut d’annonce majeure, il a voulu donner un sens à son programme. Il tient en quelques mots: "l’équilibre de nos finances publiques en 2016". Le projet de Nicolas Sarkozy est un chiffre: zéro déficit.

Le candidat a détaillé le chiffrage de son programme. Il confirme la nécessité de réaliser 115 milliards d’euros d’économies sur cinq ans, auxquelles il ajoute les 9,5 milliards d’euros que coûtent ses dernières propositions. Soit 124,5 milliards d’euros. L’estimation de ses récentes annonces est proche de celle de l’Institut de l’entreprise, qui a chiffré les neuf nouvelles mesures entre 8,3 et 12,1 milliards d’euros par an. L’effort sera réalisé au trois quart par une réduction des dépenses publiques, et par un quart de hausse de prélèvements. Du jamais-vu: le dernier plan de rigueur de novembre 2011 avait porté aux trois quart sur les hausses d’impôt.

Un ton mi-solennel, mi-cassant

Nicolas Sarkozy a également précisé que les départements et les communes de plus de 30.000 habitants devront diminuer leurs dépenses de fonctionnement de 2,5 milliards d’ici cinq ans, à défaut de voir leur dotation de l’Etat baisser. Enfin, il a parlé d’un "gel de la contribution de la France au budget de l’Union européenne", soit une économie selon lui de 600 millions d’euros par an. En revanche, il n’a pas expliqué comment il limiterait à 2,5% par an la hausse des dépenses d’assurance-maladie.

Le ton était solennel, rappelant les grandes difficultés économiques de la Grèce ou de l’Espagne -"après 7 ans de gouvernement socialiste"- et l’urgence d’éviter leur sort. Mais le ton était aussi très cassant à propos de François Hollande, de "son festival de dépenses nouvelles", de "son matraquage fiscal" ou de sa fixation sur les 100 premiers jours de présidence – "et après c’est la fête?".

Ah, on oubliait, le candidat a tout de même lâché une annonce à destination des 15,5 millions de retraités: à partir du 1er juillet, ils ne percevront plus leur pension le 8 du mois mais le 1er. La mesure, très technique, n’a aucun rapport avec le besoin de redresser l’économie. Mais elle permettra toujours de plaire à un électorat qui vote globalement à droite.

Par Dominique Perrin

source: Challenges.fr


Tag(s) : #Présidentielles 2012

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