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Nezavissimaïa gazeta

 

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L’Iran et la Russie négocient actuellement une transaction énergétique d’environ 10 milliards de dollars. Washington s’inquiète face à ces deux pays qui, tout en étant soumis aux sanctions occidentales, approfondissent et élargissent leur coopération. Ce rapprochement pourrait en effet atténuer les mesures de restriction économique que l’Occident fait peser contre eux, écrit mercredi 30 avril le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

Le ministre russe de l’Energie Alexandre Novak a rencontré dimanche à Téhéran son homologue iranien Hamid Chitchian, et a même été reçu par le président Hassan Rohani - ce qui témoigne du haut statut de cette visite. D’après le site iranien Press-TV, Novak a déclaré à Rohani que le président russe Vladimir Poutine accordait une attention particulière au renforcement des relations avec l’Iran, sachant qu’il contrôle personnellement la mise en œuvre des accords signés avec l’Iran à Bichkek en septembre 2013.

La transaction évoquée au ministère de l’Energie prévoit un échange de pétrole iranien contre les compétences techniques russes : Téhéran va fournir des hydrocarbures à la Russie, et Moscou construira en Iran des centrales thermiques et des barrages, des réseaux de lignes à haute tension et exportera aux Iraniens 500 MW d’électricité. Selon les estimations du Wall Street Journal, le montant de la transaction serait compris entre 8 et 10 milliards de dollars. L’ambassadeur d’Iran en Russie Mehdi Sanai a confirmé la volonté de Téhéran d’acheter de l’électricité en Russie, de construire de nouvelles centrales et de reconstruire deux centrales existantes avec l’aide de spécialistes russes.

Les détails du contrat n’ont pas été dévoilés. Cependant, l’Iran a exprimé à plusieurs reprises son intérêt pour la construction conjointe de raffineries, l’électrification des voies ferroviaires du pays, les investissements de la Russie dans l’exploitation des gisements de gaz, la coopération dans la construction automobile et l’achat de rails. Tout cela en échange du pétrole.

Rokneddin Javadi, directeur de la Compagnie pétrolière nationale iranienne, avait par ailleurs déclaré le 6 avril à l’agence MEHR que Téhéran et Moscou négociaient un projet de transfert réversif de pétrole du sud vers le nord du pays. Mais aucune date de lancement n’a encore été convenue. Tous les terminaux d’exportation se situent dans le golfe Persique et tous les plus grands gisements de la République islamique sont également au sud. Le pétrole sera acheminé en Russie par les ports de la mer Caspienne. Les analystes ne sont pas convaincus que les capacités techniques des ports caspiens, notamment du plus grand terminal Neka, permettront de fournir les 500 000 barils par jour souhaités par Moscou. En échange l’Iran recevrait des produits alimentaires russes - en particulier des céréales - et d’autres marchandises, notamment des équipements techniques. Le montant de la transaction pourrait dépasser 20 milliards de dollars selon le New York Times.

Washington tire déjà la sonnette d’alarme : le volume des exportations de pétrole brut pourrait dépasser la limite des 1 million de barils par jour imposés à l’Iran  par le groupe des Six dans un accord intermédiaire. La stratégie de l’administration Obama pour sanctionner la Russie est confrontée à de nouvelles difficultés : la coopération entre la Russie et l’Iran pourrait amortir l’efficacité des sanctions contre l’Iran, écrit la revue américaine. Or ces sanctions avaient prouvé leur efficacité en forçant Téhéran à s’assoir à la table des négociations sur son programme nucléaire. L’administration dénonce une violation du régime de sanction - mais le Trésor américain lui-même n’est pas persuadé que cette transaction l’enfreint réellement.

La Russie travaille activement au rétablissement de ses relations avec l’Iran depuis la signature entre les Six et l’Iran d’un accord intermédiaire sur son programme nucléaire en novembre 2013. Il s’est avéré que d’un côté, Téhéran était prêt pour un accord à part entière et, de l’autre, que les pays occidentaux s’activaient plus que jamais pour établir le contact avec ce pays riche en hydrocarbures. Selon le WSJ, les contacts se sont activés après l’adoption de sanctions contre la Russie suite aux événements en Crimée.

Bien sûr, la Russie n’a pas l’intention de perdre son partenaire traditionnel, avec lequel elle a coopéré après la révolution islamique de 1979, quand le régime des ayatollahs avait refusé l’accès aux hydrocarbures à plusieurs pays occidentaux, et qu’elle a soutenu depuis 2006 après l’adoption des premières sanctions internationales contre Téhéran. Les échanges commerciaux entre la Russie et l’Iran s’élèvent actuellement à près de 5 milliards de dollars par an, rapporte Press-TV. Cependant, les deux pays sont persuadés qu’ils pourraient être quadruplés.
C’est-à-dire jusqu’à 20 milliards de dollars – la somme qui offusque tant Obama.

 

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Tag(s) : #CONFLICTS DANS LE MONDE

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