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photo : Kirill Kudryavtsev, AFP


Une foule immense a participé samedi à Moscou à la plus importante manifestation contre le régime de Vladimir Poutine depuis son arrivée au pouvoir il y a douze ans.

L'opposition a assuré que 120.000 manifestants avaient répondu présent pour contester la victoire aux législatives du 4 décembre du parti au pouvoir Russie unie, tandis que la police a évalué leur nombre à 29.000.

 

La mobilisation contre les fraudes a été supérieure à celle enregistrée au grand rassemblement d'il y a quinze jours et a cette fois clairement visé l'homme fort de la Russie, candidat à la présidentielle de mars 2012.

 

"Poutine démission !", "Russie sans Poutine !", ont scandé à plusieurs reprises les opposants, soutenant les personnalités qui ont pris la parole pour affirmer que les jours dans la vie politique de l'actuel Premier ministre étaient comptés.

 

L'ex-président soviétique Mikhaïl Gorbatchev a appelé Vladimir Poutine à immédiatement quitter le pouvoir, face à cette contestation sans précédent.

 

"Il a déjà fait trois mandats : deux en tant que président (2000-2008), un en tant que Premier ministre - trois mandats, ça suffit", a souligné M. Gorbatchev.

Aucun chiffre de source indépendante n'était disponible sur le nombre des participants à la manifestation, mais les forces de l'ordre semblent avoir sous-évalué son ampleur.

 

D'après un policier interrogé par l'AFP, l'avenue Sakharov, où a eu lieu le rassemblement, peut contenir quelque 55.000 à 60.000 personnes. Or, cette artère était noire de monde samedi et de nombreux manifestants ont afflué pour remplacer ceux qui partaient.

 

L'un des dirigeants du mouvement de contestation, Alexeï Navalny, a promis "un million" de manifestants à Moscou à la prochaine manifestation d'opposants, dont la date n'a pas encore été fixée.

 

Des appels ont été lancés sur Facebook à un nouveau rassemblement le 14 janvier contre un troisième mandat de Vladimir Poutine qui a été président en 2000-2008. L'opposant Boris Nemtsov a jugé opportun d'organiser une manifestation en février, à l'approche de la présidentielle du 4 mars.

 

"Nous continuerons de sortir dans la rue, tant qu'ils ne nous restitueront pas ce qui nous appartient. L'année prochaine, le pouvoir appartiendra au peuple", a proclamé Alexeï Navalny, célèbre blogueur dénonçant la corruption.

 

Les manifestants ont par ailleurs reçu samedi le soutien de l'ex-ministre des Finances, Alexeï Koudrine, que M. Poutine décrivait la semaine dernière comme "un ami".

 

Il s'est rendu à la manifestation et a réclamé des "législatives anticipées". L'ex-ministre a ensuite appelé à un dialogue entre le pouvoir et l'opposition pour éviter une "révolution".

 

"Il faut une plateforme de dialogue sinon ce sera la révolution, sinon nous perdons la chance qui se présente à nous d'un changement pacifique" en Russie, a-t-il dit.

 

Les manifestants brandissaient de nombreuses pancartes dénonçant le régime politique russe et des ballons blancs, la couleur du mouvement de protestation.

 

Ce mouvement de contestation sans précédent depuis l'arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine en 2000 a été largement organisé sur l'internet et rassemble des gens d'horizons très divers : militants de partis nationalistes, d'extrême gauche, libéraux, membres d'associations, d'ONG et célébrités du monde de la culture ou de la télévision.

 

Samedi, le Conseil consultatif pour les droits de l'Homme auprès du Kremlin a appuyé leur revendication d'"élections législatives anticipées" en raison notamment de "bourrages d'urnes" et de "falsifications".

 

Des rassemblements moins importants ont aussi eu lieu dans une vingtaine d'autres villes, avec 4.000 personnes à Saint-Pétersbourg et de 1.000 à 2.000 à Nijni-Novgorod (Volga), Tcheliabinsk (Oural), Samara (Volga), Tomsk (Sibérie) et Krasnodar (sud-ouest).

 

Cette vague de mécontentement intervient alors que Vladimir Poutine compte se faire réélire à la présidence russe qu'il avait laissée en 2008 à son dauphin désigné, Dmitri Medvedev, faute de pouvoir accomplir un troisième mandat consécutif.

 

"Les chances de Poutine de se faire élire sont élevées, mais il ne pourra pas enrayer sa chute de popularité. Il lui faudra changer ce système" politique très personnalisé, estime l'analyste du centre Carnegie, Nikolaï Petrov, "mais je ne crois pas qu'il en soit capable".

 

Le pouvoir, qui rejette les accusations de fraudes, a annoncé certaines réformes visant en particulier à faciliter l'enregistrement de partis politiques.

 

La porte-parole du président Dmitri Medvedev Natalia Timakova a souligné samedi, au moment de la manifestation, que cette réforme allait entrer en vigueur "rapidement".
AFP.

source: actu.orange

Tag(s) : #ACTUALITES

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