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« C'est pas la peine de gueuler. Faut juste y aller et essayer de faire son boulot. »

 

Les médias sont encore tenus à distance des zones de combat au Mali, mais cela ne va pas durer, assure Nicolas Poincaré.

Comment la presse française couvre-t-elle l'opération militaire au Mali ?

Difficilement.

Voici quelques jours, Jean-Paul Mari du Nouvel Observateur, s'en plaignait : « Chaque soir, la même scène dans le hall de l'hôtel à Bamako. Les équipes de reporters, télé, photos, radios, écrit, reviennent, frustrées et furieuses : on ne passe pas. Tous ceux qui grimpent vers le Nord se heurtent à des barrages de police et de l'armée. Et se font arrêter et refouler. »


Pour Nicolas Poincaré, qui a couvert, en tant que grand reporter, de nombreux conflits dans le monde (Bosnie, Tchétchénie, Rwanda…), ça fait partie des règles du jeu.

 

Ça doit vous démanger de rester en studio alors que vous connaissez le Mali, non ?

Nicolas Poincaré : « J'ai fait du reportage pendant vingt ans et ça fait maintenant près de six ans que je suis en studio. Pendant vingt ans, j'ai pensé que le seul journalisme intéressant, c'était celui de terrain. J'avais une vision du métier très centrée sur l'info brute, je pensais que mon métier c'était d'être les yeux des auditeurs. J'ai découvert que ça pouvait être aussi passionnant, de participer au débat public en donnant la parole à des gens en studio. On y réalise aussi des moments forts, avec des interviews marquantes et émouvantes. Mais évidemment, le Mali, oui, en ce moment, je ne vous cache pas que je ne serais pas mécontent d'y être… »


Précisément, on manque un peu d'images, non ?

« Il y a des conflits ouverts où on ne peut pas empêcher la presse d'être là et d'autres totalement fermés, comme les Malouines ou la première guerre du Golfe, où les journalistes n'étaient pas sur le terrain et où les Américains pouvaient nous raconter ce qu'ils voulaient. Le vrai problème aujourd'hui, c'est la Syrie. Bachar El Assad n'a pas envie de voir la presse, ça, on l'a compris. Les journalistes ne peuvent y mettre les pieds que pour des séjours courts, dans des conditions difficiles, encadrés par l'armée libre. Chaque conflit est différent et c'est aux journalistes de s'adapter sans hurler aux atteintes à la liberté de la presse. Moins il y a de journalistes sur place, mieux les militaires – français ou autres – se portent. J'ai toujours pensé que c'était la règle du jeu. Après, à eux de faire avec. C'est pas la peine de gueuler. Faut juste y aller et essayer de faire son boulot. »


Les médias français vont-ils réussir à sortir de l'encadrement militaire ?

« Oui, ça a déjà commencé et ça va continuer. Je suis certain que dans quelques jours, on aura toutes les images qu'on veut. C'est une guerre qui va être très éclatée, qui va durer. Je connais le Mali. C'est un pays francophone, assez bordélique, dans lequel les reporters pourront évoluer. Les forces maliennes ne seront pas capables de boucler toutes les routes après le passage des convois. Cette guerre sera couverte et on saura tout sur ce qui s'y passe. »

repères


SOURCE

 

Les jihadistes menacent les pays intervenant au Mali


Islam & Françafric – Hollande soit qui Mali pense

Tag(s) : #CONFLICTS DANS LE MONDE

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