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Le premier essai clinique d’un vaccin censé bloquer le développement de la maladie de Parkinson vient de commencer. Les résultats obtenus, très préliminaires, suggèrent que le traitement est bien toléré par les 32 patients. Les chercheurs estiment qu'une avancée unique pourrait être réalisée : concevoir une thérapie pour soigner la maladie à la source plutôt que d’atténuer ses symptômes.

Nom de code : PD01A. Ainsi s’appelle le premier vaccin en cours de phase 1 d’essai clinique contre la maladie de Parkinson. Le produit enseignerait au système immunitaire à générer des anticorps dirigés contre une protéine, l’alpha-synucléine, qui s’accumule dans les neurones et cause probablement leur mort. Il est développé par le laboratoire autrichien Affiris AG.

Rappelons que cette maladie neurodégénérative se caractérise par la destruction progressive des cellules nerveuses de régions spécifiques du cerveau, comme le locus niger, entraînant chez le patient des difficultés dans l’exécution de ses mouvements, notamment du fait de forts tremblements. Aujourd’hui, elle est incurable mais ce vaccin fait renaître l’espoir.

En effet, les traitements actuels se tournent quasi exclusivement vers des médicaments à base de DOPA afin de rétablir le système dopaminergique qui se trouve perturbé. Ces thérapies réduisent les symptômes de la maladie mais ne résolvent pas le problème à la source. Ainsi, l’alpha-synucléine continue de s’accumuler dans les neurones qui meurent et la maladie poursuit sa progression.

L'acteur canadien Michael J. Fox est atteint de la maladie de Parkinson. Sa fondation a participé au développement du vaccin PD01A par un versement de 1,5 million de dollars américains (1,2 million d'euros).
L'acteur canadien Michael J. Fox est atteint de la maladie de Parkinson. Sa fondation a participé au développement du vaccin PD01A par un versement de 1,5 million de dollars américains (1,2 million d'euros). © Thomas Atilla Lewis, Wikipédia, cc by 2.0

Quid de l'efficacité d'un vaccin contre Parkinson ?

PD01A agirait quant à lui bien plus en amont de la neurodégénérescence, s’attaquant à cette protéine qui est supposée jouer un rôle central dans la maladie de Parkinson. En cela, il est novateur et laisse espérer une guérison totale des symptômes, sans pour autant soigner la cause primaire de la pathologie, le mécanisme qui pousse l’alpha-synucléine à s’accumuler et qu’on ne parvient pas à identifier. Peu importe tant que cela n’a plus de conséquences sur le quotidien.

Pour l’instant, l’essai clinique n’en est qu’à ses débuts. Cette première phase a pour objectif de s’assurer de l’innocuité du vaccin. Les premiers résultats, encore préliminaires, suggèrent que les 32 patients de la Confraternität Privatklinik Josefstadt de Vienne tolèrent bien le traitement. Un bon début...

Pour connaître la fin de l’histoire, il faudra s'y repancher dans plusieurs années, à la fin de la phase III de l’essai clinique. Sur le papier, le principe est prometteur mais le passage à la pratique révèle toujours son lot d’imprévus, surtout face à une maladie qui recèle des zones d’ombre. Et l'on sait que les premières versions ne sont pas toujours les meilleures. Espérons que PD01A tiendra toutes ses promesses du premier coup ! source

Tag(s) : #SANTE

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