Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

La société Jooze, qui fabrique des jus de fruits frais, a eu l’idée de faire appel à Yunyeen Yong, jeune créateur australien, pour créer une boîte qui se différenciera des autres jus du marché et qui attirera l’œil des enfants afin de les sensibiliser à manger sain dès leur plus jeune âge.

Comment mieux manger en dépensant moins


 

©REA
A la ferme, dans des boutiques de producteurs, sur Internet… Les solutions pour acheter des produits locaux et de qualité se multiplient. Souvent plus savoureux que les aliments de supermarché, mais pas forcément plus chers.

Les primeurs, la viande ou le fromage, tout vient du coin. C’est abordable et meilleur qu’à l’hypermarché !» Danièle, une retraitée de Grenade, en grande banlieue de Toulouse, ne tarit pas d’éloges sur son magasin favori, Soyons fermes, où elle fait toutes ses courses d’alimentation depuis l’ouverture il y a deux ans.

Bien que située en zone commerciale, la supérette est d’un genre nouveau : une boutique de producteurs gérée et approvisionnée par un groupement d’agriculteurs de la région. «Il y a moins de choix qu’à l’Intermarché voisin, mais les fruits et légumes sont souvent moins chers», raconte l’enthousiaste cliente. Pour la boucherie et les laitages, les tarifs sont certes plus corsés qu’en grande surface – poulet fermier à 7,15 euros le kilo, fromage pur brebis à 19,95 euros, yaourts aux fruits à 90 centimes pièce… Mais le rapport qualité-prix reste meilleur que dans une boutique de centre-ville.

Comment manger local... Pour la région d'Ottawa mais s'applique partout.

Comme le raconte Danièle, il est donc possible, sans se ruiner, de manger bien mieux qu’en faisant ses courses à l’hyper, en passant par ce que les professionnels appellent les «circuits courts». C’est-à-dire en se fournissant auprès des producteurs locaux, afin de réduire les coûts de transport et de contourner les grossistes, qui poussent les prix vers le haut et privilégient la standardisation des aliments aux dépens du goût. Le chiffre d’affaires global de cette forme de distribution dépasse déjà les 2,5 milliards d’euros (1,5% de la consommation alimentaire) et progresse de 3% l’an, selon une étude du consultant Xerfi.

Cette démarche se répand en effet chez les consommateurs, et pas seulement chez les bobos : loin du pseudo-retour à la terre d’une minorité un peu snob, une large majorité de Français (71% selon le cabinet spécialisé Natural Marketing Institute) juge préférable d’acheter des produits de proximité.

Pour partie, cette tendance recouvre des pratiques séculaires. Les citadins l’oublient, mais la filière la plus directe – se fournir à la ferme – existe depuis toujours et se porte bien, notamment pour les fruits et ¬légumes : selon le dernier recensement agricole, 46% des exploitations écoulent ainsi une partie de leurs récoltes sur place, sur les marchés ou sur des stands au long des routes. Il faudrait y ajouter le lait, les œufs ou la volaille. Chez les producteurs de viande, 10% ont recours à la vente directe.

 

Plus récent est l’essor depuis une dizaine d’années de formules modernes mieux adaptées aux modes de vie urbains. En Rhône-Alpes, la région où elles sont les plus répandues, il existe désormais plusieurs centaines de boutiques de producteurs du style de Soyons fermes. Autre phénomène plus médiatisé, les Amap (Associations pour le maintien de l’agriculture paysanne), dont les membres s’engagent six mois à l’avance à acheter un panier hebdomadaire de fruits et légumes (bio ou non) auprès d’un petit producteur. La première de ces unions de consommateurs «militants» a été créée en 2001 près d’Aix-en-Provence. Il en existe aujourd’hui 1 600 pour quelque 300 000 clients.

Mais la vraie nouveauté, c’est la création de sites Internet spécialisés proposant une qualité digne d’une boutique de centre-ville, comme le boucher en ligne Carré de bœuf. «Ces filières, encore très atomisées, ne se font pas vraiment concurrence, remarque Alexis Fiorucci, fondateur du Panier paysan, un site Internet de vente directe qui se fournit auprès de producteurs du Vaucluse. Plus nous serons nombreux sur le créneau, plus vite il se développera.»

Le succès croissant des «circuits courts» tient avant tout à leurs tarifs compétitifs. Une étude récente de la chambre d’agriculture du Lot-et-Garonne indique ainsi que, pour les fruits et légumes, les boutiques de producteurs et les maraîchers affichent des prix de 5 à 15% inférieurs à ceux pratiqués par la grande distribution. Malgré cet écart conséquent, les agriculteurs s’y retrouvent : «Mes produits sont 30% moins chers qu’en supermarché, et pourtant je gagne deux fois plus que si j’écoulais ma production auprès des grandes ensei-gnes», explique Didier Fulloy, agriculteur à Hénin-Beaumont (62), qui vend ses légumes à la ferme et sur les marchés.

Là encore, les écarts de prix, quoique réels, sont moins élevés pour la viande, plus onéreuse. «Nos bêtes élevées au grand air sont abattues au bout de cent jours au lieu de cinquante en batterie», raconte ainsi Isabelle Simonet, directrice d’Allier Volailles, à Escurolles, un abattoir qui vend en direct ses poulets du Bourbonnais, une variété charnue de gallinacés qui n’existe que dans la région.

Reste à savoir si ce commerce peut sortir de sa marginalité. Pas gagné ! Principal écueil, la difficulté à garantir la constance de l’approvisionnement. Ainsi, les quantités fournies sont -souvent limitées. «Je fais du veau bio dans un coin perdu de la Drôme, raconte Raphaël Micol, éleveur qui écoule sa production par lots de 5 kilos. Je fais une douzaine de bêtes par an, au-delà je devrais embaucher et ce ne serait plus rentable.»

Par définition, la production locale de fruits et légumes est, quant à elle, toujours de saison. Rédhibitoire pour certains consommateurs habitués à trouver presque tout à longueur d’année dans la grande distribution. «C’est une limite du système, surtout que l’on vous impose le contenu du panier, raconte Jean-Christophe, adhérent d’une Amap parisienne. Au moins, je m’oblige à trouver de nouvelles recettes.» Comme quoi s’approvisionner en circuits courts, c’est d’abord une question de volonté.

Eric Wattez source

Tag(s) : #NATURE - ECOLOGIE

Partager cet article