Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog


Photographe : Gennady Shishkin, AFP :
Un bureau de vote à Vladivostok, lors des législatives en Russie, le 4 décembre 2011

Les Russes ont commencé à voter dimanche aux élections législatives qui devraient être remportées par le parti Russie unie de Vladimir Poutine dans un paysage politique verrouillé, à l'issue d'une campagne marquée par des irrégularités et des pressions sans précédent.

Quelque 110 millions d'électeurs sont appelés à désigner les 450 députés de la chambre basse du Parlement (Douma) lors d'un scrutin-test pour le Premier ministre russe qui s'apprête à revenir en 2012 au Kremlin, après deux mandats de président (2000-2008), sur fond de baisse de popularité.

 

Les bureaux de vote ont ouvert à 08H00 locales à Moscou comme dans les autres régions du plus grand pays du monde, qui s'étend sur neuf fuseaux horaires, et fermeront à 17H00 GMT dans l'ouest.

 

Outre Russie unie, trois autres formations de l'assemblée sortante -- le Parti communiste, le Parti libéral-démocrate et Russie juste (centre gauche) devraient franchir le seuil minimum de 7% pour être à nouveau à la Douma.

 

Le parti d'opposition Iabloko, crédité de 4% des suffrages, a peu de chances d'y d'entrer. Quant au parti d'opposition libérale Parnass, il a été écarté du scrutin et a appelé, comme l'opposition radicale, à le boycotter ou à voter nul en maculant son bulletin en signe de protestation.

 

En Tchoukotka, région de l'Extrême nord-est près du cercle arctique, "les électeurs viennent voter malgré une température de -26 degrés Celsius et un petit vent", a déclaré un responsable local, Konstantin Mikhaïlov.

 

A Vladivostok, l'adjudant Nikolaï Ponomarev a indiqué avoir voté pour Russie unie: "Dès le printemps, ma famille va recevoir un appartement dans un nouveau district", a-t-il dit, soulignant que le parti de Poutine défendait les intérêts de l'armée et qu'il attendait une hausse de salaire en janvier.

 

En revanche, Anastasia Levtchenko a elle donné sa voix à Russie juste après avoir voté pour le parti de Poutine en 2007: "Je suis déçue, presque rien n'a été fait en quatre ans", a déploré cette retraitée de 62 ans.

 

Russie unie, qui domine une scène politique verrouillée depuis une décennie, ne devrait pas parvenir à maintenir son écrasante majorité des deux tiers à la Douma, qui lui permet si nécessaire d'amender la Constitution.

 

Selon le dernier sondage de l'institut indépendant Levada, le parti de Vladimir Poutine, dont la liste est conduite par le président Dmitri Medvedev, était créditée de 56% des intentions de vote en novembre, après avoir perdu 12 points en un mois.

 

Face à cette situation, les autorités ont cherché à mobiliser les électeurs par tous les moyens en exerçant des pressions sans précédent sur les administrations et les salariés, selon l'opposition et plusieurs ONG russes.

 

Golos, une association financée par des fonds occidentaux qui signale les fraudes électorales dont la plupart sont imputées à Russie unie, a dénoncé samedi une "campagne de harcèlement par le pouvoir" après que sa dirigeante a été retenue à la douane d'un aéroport de Moscou pendant douze heures et vu son ordinateur confisqué.

 

Cette ONG fait l'objet d'une enquête du parquet de Moscou qui la soupçonne de propager des "rumeurs" et a été condamnée vendredi à une amende de 30.000 roubles (700 euros) pour violation de la loi électorale.

 

Ses ennuis se sont multipliés depuis l'intervention de M. Poutine le 27 novembre au congrès de Russie unie où il a fustigé le financement par l'étranger d'ONG russes ayant pour but "d'influencer le cours de la campagne électorale". Il a comparé ces ONG à "Judas".

 

Pour parer à tout éventuel rassemblement contestataire, le mouvement de jeunesse pro-Kremlin Nachi a annoncé qu'il réunirait jusqu'à 15.000 militants dans le centre de Moscou au moment des législatives pour "neutraliser" toute action visant à contester le scrutin.

 

Par ailleurs, la radio Echo de Moscou, principale station russe à offrir des informations indépendantes, a été la cible d'une cyber-attaque dimanche matin sur son site internet et dénonce des tentatives de censure.

 

"L'attaque sur le site le jour des élections est clairement une tentative de gêner la publication d'informations sur les fraudes", a écrit le rédacteur en chef de la radio, Alexeï Venediktov, sur son compte Twitter.

 

Au moins cinq sites internet indépendants russes étaient également inaccessibles, a constaté l'AFP après que la radio Echo de Moscou a dénoncé une cyber-attaque.

 

Outre Echo de Moscou, les sites du quotidien Kommersant, de l'hebdomadaire New Times, de l'ONG Golos qui recense les fraudes électorales ainsi que son site interactif La carte des fraudes (http://www.kartanarusheniy.ru) étaient inaccessibles.


source: orange.actu

Tag(s) : #ACTUALITES

Partager cet article