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© REUTERS © REUTERS Dès le soir du premier tour, le camp présidentiel a attaqué les socialistes sur quelques thèmes, qui devraient rester sur le devant de la scène dans l'entre-deux-tours : le nucléaire, le droit de vote des étrangers, les dépenses publiques, la renégociation du traité européen de discipline budgétaire.

  • Le nucléaire

Dimanche soir, sur le plateau de France 2, Jean-François Copé, secrétaire national de l'UMP, a pris à partie Martine Aubry et Cécile Duflot en affirmant que leur politique de fermeture de réacteurs nucléaires allait supprimer des centaines de milliers d'emplois.

L'accord passé entre les écologistes et les socialistes prévoit en effet la fermeture progressive de 24 réacteurs, tandis que le programme du candidat socialiste prévoit la réduction de la part du nucléaire de 75 à 50% de la part de l'énergie nucléaire dans la production d’électricité d'ici 2025.

Pendant la campagne, Nicolas Sarkozy n'a eu de cesse d'attaquer son adversaire socialiste sur cet aspect de son programme. Il l'a qualifié de "catastrophe" et a parlé de "destruction de la filière industrielle nucléaire française". Le président a brandi le risque d'une forte hausse du coût de l'électricité ("Veut-on doubler la facture d'électricité des ménages français ?"), et de la destruction de milliers d’empois, directs et indirects.

Combien d'emplois représente exactement la filière nucléaire française ? Éléments de réponse ici.

  • le droit de vote des étrangers

Sur le plateau de France 2, ce dimanche soir, Jean-François Copé a attaqué Martine Aubry sur le droit de vote des étrangers aux élections locales, proposé par François Hollande. Nicolas Sarkozy, lui, y est formellement opposé.

Une manière de cristalliser le débat de l'entre-deux-tours autour d'un thème qui crispe les électeurs du Front national. Marine Le Pen s'est formellement opposée au droit de vote des étrangers.

Un sondage BVA-Le Parisien, publié le 28 novembre 2011, montrait que 61% des Français étaient favorables au droit de vote des étrangers. Fin 2011, des sondages révélaient, en outre, une forte progression d'avis favorables à ce droit de vote chez les partisans de la droite (42%, + 15 points depuis 2009).

Douze pays de l'UE accordent le droit de vote aux élections locales à tous les étrangers.

  • Dette et déficit

Les finances publiques constituent un autre angle d'attaque de l'UMP contre François Hollande. Dans son discours de dimanche soir, Nicolas Sarkozy a appelé à "refuser la fuite en avant dans les dépenses publiques".

Le programme de François Hollande prévoit le retour à l'équilibre des finances publics en 2017, contre 2016 pour Nicolas Sarkozy. Les deux candidats prévoient l'augmentation des prélèvements obligatoires mais François Hollande est moins strict sur l'évolution des dépenses publiques : il prévoit une évolution des dépenses inférieure à celle du PIB (entre 1 et 2%) alors que Nicolas Sarkozy place la limite à 0,4%.

  • la renégociation du traité européen

François Hollande a promis de renégocier le traité européen adopté à la fin de l’année dernière, par lequel 25 pays européens se sont imposé des règles strictes de réduction des déficits publics. Il s'agit de la proposition 11 du candidat : "Je renégocierai le traité européen issu de l’accord du 9 décembre 2011 en privilégiant la croissance et l’emploi, et en réorientant le rôle de la Banque centrale européenne dans cette direction".

Pour le camp de Nicolas Sarkozy, vouloir renégocier ce traité européen relève du mirage. Le 19 avril, le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé a qualifié la position de François Hollande de "bourde historique" et déclaré "Je suis absolument convaincu qu'il ne renégociera rien. Ce qui se passera ? Il ajoutera un protocole additionnel sur la croissance". Un protocole additionnel qui n'aurait pas de valeur contraignante.

Bien qu'il ait lui aussi déclaré tout récemment souhaiter réorienter le mandat de la BCE dans le sens du soutien à la croissance, Nicolas Sarkozy va probablement tenter de prouver que François Hollande ne fera pas le poids face aux partenaires européens de la France et ne pourra pas changer à lui tout seul le cours de l'évolution de l'Union européenne.

Toutefois, début avril, la chancelière allemande Angela Merkel, jusque là gardienne inflexible du traité budgétaire européen, a donné quelques signes d'ouverture en direction de François Hollande.

Tag(s) : #Présidentielles 2012

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