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Une étude prospective de la banque HSBC, basée sur les rythmes de développement actuels confirme le haut potentiel de croissance des pays émergents d'ici 2050. Surprise, ces derniers ne se limitent plus aux Bric (Brésil, Russie, Inde et Chine).

 

Manuel Maleki 

http://www.atlantico.fr/decryptage/2050-classement-economique-mondial-domination-pays-emergents-recul-europe-manuel-maleki-266444.html?page=0,1

 

Manuel Maleki est Docteur en Sciences Economiques à l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne.

Il est spécialiste des questions de réformes. Il a travaillé à Londres dans une grande institution financière avant de rejoindre les équipes de la recherche économique du groupe ING en tant que Senior Economiste.

 

 

 

 

 

2 Janvier 2050 au matin, ça y est on est passé de l’autre côté du siècle, un vieil appareil appelé téléviseur au siècle dernier tourne en boucle en projetant une relique du cinéma futuriste Blade Runner ou encore comment serait le monde en 2019 selon Philip K.Dick. En tout cas, peut-être pas loin d’avoir raison... A l’aube 2050.

Ma passion des vieux textes sur papier m’a fait tomber sur une étude prospective d’HSBC, qui annonce la domination de la Chine comme première puissance mondiale. Intéressant cette littérature, elle met toujours en avant le facteur démographique comme déterminant de la puissance d’un pays. Au fond, pas grand-chose de nouveau depuis la maxime de Jean Bodin, "il n’y a de richesses que d’hommes".

Normal, quand on sait que c’est une variable qui a été très largement étudiée, et que l’on peut prévoir assez clairement l’évolution du nombre d’habitants sur terre sur une assez longue période. Sous cet angle, l’Europe n’a que peu de chance de conserver sa position de 2012 : la place est aux émergents.

Les auteurs annoncent qu’en Europe continentale, les pays riches mais faiblement peuplés vont chuter inexorablement, même le pétrole ne sauvera pas la Norvège… même le pétrole et son fonds souverain. Bien évidemment, avec leur niveau de développement et de richesses, des pays tel que la Norvège, la Suède, les Pays-Bas ont largement de quoi amortir le choc, mais la croissance potentielle de ces pays est de plus en plus limitée, et en 2050 ils ne compteront peut-être plus à l’échelle mondiale.

Le niveau de développement et la taille de la population de pays européens plus gros comme la France, l’Allemagne, l’Italie leurs permettent de rester des pays importants. Toutefois, le centre du commerce mondial se déplace vers les pays à haut potentiel de croissance, où beaucoup de choses restent encore à faire comme en Asie, ou bien en Afrique. Les États-Unis de par la taille de leur territoire et de leur population sont encore un acteur important au niveau mondial.

Mais, cette deuxième moitié du XXIe siècle est celle des pays émergents. Toutefois, dire lesquels et dans quel ordre est bien plus ardu. Qui du Nigéria, du Viêt-Nam ou bien du Brésil ne sera plus un pays périphérique, et se retrouvera au centre du commerce et du développement technologique ?

 

Plus techniquement, le principe de ces analyses est de regarder le passé pour essayer de prévoir l’avenir. Ces études nous montre qu’en suivant les tendances actuelles, l’Europe perdra peu à peu son importance au niveau mondial, et que l’on assistera à une place de plus en plus importante des pays émergents tant politiquement qu’économiquement. On le voit déjà aujourd’hui avec la redistribution des poids au sein du FMI, à l’avantage des pays émergents (le centre de gravité de l’économie mondiale semble se déplacer vers l’Est, voir l’article du Professeur Danny Quah).

Dès lors, pour espérer rester dans la course, l’Europe devra retrouver les réflexes qui ont fait sa force depuis quelques siècles : c'est-à-dire une forte capacité à inventer et innover pour offrir une grande valeur ajoutée à ses productions. C’est surtout la conjonction de l’innovation d’un point de vue technique, technologique et intellectuel qui a fait le succès européen, et permis à des pays n’ayant pas les plus grandes populations de se retrouver au centre de l’économie mondiale.

En refermant cette publication, je ne peux que me servir un verre de vin cuit de Suède (seul endroit ou le climat permet encore d’obtenir cette boisson), et de me rappeler cette citation de Philip K. Dick ,"la réalité c’est ce qui refuse de disparaitre quand on cesse d’y croire", oui peut-être… mais cela ne m’aide pas à répondre à la question : "Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques la nuit ?" (titre original de Blade Runner).

Tag(s) : #POLITIQUE

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