Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Les journalistes portent un regard rempli de mépris sur les « indignés » américains qui manifestent à New York. Preuve qu’ils ne comprennent rien à l’époque, estime un théoricien des médias.

"Les dessinateurs non plus ne comprennent pas les indignés américains , la preuve…"Dans le cerveau : Bon sens. Les 99% restant : idéologie, angoisse existentielle, rage.

© Dessin de Nate Beeler paru Dans The Washington Examiner, Etats-Unis.

« Les dessinateurs non plus ne comprennent pas les indignés américains , la preuve… »
Dans le cerveau : Bon sens. Les 99% restant : idéologie, angoisse existentielle, rage.

Depuis le début [le 17 septembre] du mouvement anticapitaliste d’occupation de Liberty Plaza, à proximité de Wall Street, les journalistes de télévision semblent déterminés à présenter la réalité comme le fait d’une génération de « cinglés paresseux et incapables de tenir un discours cohérent ». Le porte-parole d’un dictateur arabe interrogé sur une nouvelle vague de protestation ne dirait pas autre chose. Les reporters américains se trompent sur toute la ligne.

Pensez par exemple à la présentatrice de CNN, Erin Burnett, qui a diffusé un reportage sur les militants installés dans Zuccotti Park, à Manhattan, dans une rubrique intitulée Seriously ? ["Sérieusement ?"]. « Contre quoi manifestent-ils ?, s’est-elle demandée tout haut. Personne n’a l’air de bien le savoir. » Des propos aussi condescendants que réducteurs.

Pour être honnête, si certains journalistes des grands médias jugent incohérent le mouvement Occupy Wall Street, c’est parce que la presse est ce qu’elle est : difficile de comprendre un mouvement du XXIe siècle en se fondant sur les schémas de pensée du politique et de la presse hérités du XXe.

Car, dans les faits, nous assistons là au premier mouvement populaire né sur Internet qu’aient jamais connu les Etats-Unis, un mouvement qui, contrairement à la lutte pour les droits civiques, aux manifestations syndicales et même à la campagne de Barack Obama, n’est pas inspiré par un leader charismatique, ne peut pas résumer ses aspirations en quelques slogans accrocheurs et n’est pas uni par un objectif précis.

C’est vrai, les dénonciations, les exigences et les objectifs des manifestants de Wall Street sont multiples : la protection de l’environnement, la corruption du gouvernement, le chômage, les écarts de richesse grandissants, etc. Mais Occupy Wall Street rassemble des individus provenant d’horizons variés, qui pâtissent de différents aspects d’un seul et même système, des aspects qui sont à leurs yeux les divers symptômes d’un même problème de fond.

Sont-ils en mesure aujourd’hui de définir avec précision la nature de ce problème et les moyens de le résoudre ? Non, pas encore. Mais ni plus ni moins que le Congrès ou le président de ce pays qui, sous l’emprise des milieux d’affaires américains et de Wall Street, ne sont jamais parvenus à ouvrir, loin s’en faut, un dialogue aussi convaincant que ce que j’ai pu entendre en me baladant parmi les protestataires à Wall Street.

Contrairement à une campagne de soutien conçue pour porter un candidat en vue d’un rendez-vous électoral (comme lors de l’élection d’Obama), ce mouvement n’a pas connu une genèse traditionnelle. Il est le produit de la culture décentralisée propre à cette ère des réseaux, et, ainsi, cherche moins la victoire que la durabilité. Il ne s’agit pas de militer pour un seul homme, mais d’inclure le plus grand nombre et de chercher à tâtons le consensus. Ce mouvement ne ressemble pas à un livre, il ressemble à Internet. Il s’inspire d’un nouveau collectivisme et du grand village des manifestants égyptiens [sur la place Tahrir au Caire] qui était approvisionné en nourriture, équipé pour fournir les premiers secours et doté d’une bibliothèque.

Certains journalistes se croient néanmoins obligés de faire remarquer que ces gamins dénoncent en effet les grands groupes américains tout en tweetant depuis leur iPhone. Quand on déplore les excès des entreprises, on serait censé couper tout lien avec les biens que produisent les grands groupes – quel raisonnement simpliste ! Il y a des choses que les grandes entreprises font bien, comme fabriquer des iPhones. Mais il leur arrive aussi de se comporter moins bien, par exemple quand elles inventent des produits financiers adossés à des crédits hypothécaires à haut risque [la crise des subprimes est en effet l'une des causes de la crise économique et financière actuelle]. Est-il impensable de faire appel aux entreprises pour ce qu’elles font bien, tout en voulant les empêcher de faire le reste ?

Les manifestants d’Occupy Wall Street sont probablement aussi maladroits, contradictoires et incohérents que le reste du monde. Et c’est précisément pour cela que cette nouvelle contestation est plus pragmatique et plus durable que ce qu’on appelle aujourd’hui la politique. A travers leur mobilisation, ils nous montrent la voie vers une organisation aux antipodes de ce système actuel, dans lequel investisseurs et médias dictent leur loi d’en haut.

ÉTATS-UNIS Un mouvement social authentique

L’hebdomadaire de gauche The Nation se réjouit de la montée en puissance d’Occupy Wall Street. Le mouvement fait tâche d’huile à travers les Etats-Unis, et des manifestations s’organisent dans diverses villes en vue d’un grand jour de protestation, le 15 octobre. Certains commentateurs comparent ces « indignés » américains au mouvement ultraconservateur Tea Party, une analogie rejetée par The Nation. « Occupy Wall Street est indépendant. Il n’est pas soutenu par des milliardaires [tels les frères David et Charles Koch, identifiés par la presse comme les financiers du Tea Party]. Il s’agit d’un authentique mouvement qui s’oppose à la manière traditionnelle de faire de la politique. »

SOURCE

C’est certain que cette manifestation diffère avec ce qu’on est habitué de voir, mais c’est p-e ça aussi qui fait qu’elle prend de l’ampleur et qu’elle se propage…Cela va p-e aussi attirer l’attention des gens sur le système économique frauduleux dans lequel on est depuis toujours, et les inciter à s’informer d’avantage, ça sera déjà ça de fait. La majorité ignore encore tout de cette arnaque banquière.

Merci Lachaine!

Jo ^^"l'éveil 2011"

Tag(s) : #AIR DU TEMPS

Partager cet article