Force est de constater en effet que le ton a changé depuis l’arrivée de François Hollande en ce mois de juin, dans les bas-fonds de son impopularité. Après tout juste une année de pouvoir, le président français est en effet tombé au score (truqué) de 31 % de satisfaction, ce qui augure d’un score réel tournant autour de 15-25 %. Mais les chiffres ne peuvent pas toujours mentir et les journalistes français, au garde-à-vous ou non, n’ont pu que se résoudre à écrire que pour la première fois également, François Hollande avait perdu des points dans son propre électorat de base. Les socialistes eux-mêmes, s’il en reste, désertent le terrain. Déconfitures après déconfitures, étrillés par les résultats calamiteux du gouvernement dans tous les domaines, certains observateurs éclairés, notamment des politiciens de diverses formations déclarent que la République elle-même serait en danger.

C’est sans doute la raison qui explique le changement subi de ton et les stratégies un tantinet pathétiques mais bien onéreuses, des missions de la première dame de France. Fière et colérique, cette dernière aura beaucoup de mal à rester cantonnée dans le rôle assez peu en corrélation avec le Gender prônée et légiférée par la fameuse loi de Mme Taubira. Voyage humanitaire à Gao, soutien à des ONG, visite d’enfants malades ou estropiés du Mali et de Syrie, soutien aux femmes victimes de viols au Congo, la leçon, indique Philippe Martinat, grand reporter au Parisien,aurait été retenue : humilité, œuvre de charité, malheureux et affamés, il ne manque plus à Valérie Trierweiler que l’antique pouvoir des rois de France pour soigner les écrouelles et l’affaire sera dans le sac. 

http://www.leparisien.fr/laparisienne/actu-people/mais-si-valerie-trierweiler-a-change-27-06-2013-2932835.php.

Dans cet article qui va dans le mouvement de l’obéissance nationale, il est aussi écrit que la première dame « hystérisait la relation de François Hollande avec l’opinion »… Etrange similitude entre la détestée et tout aussi maladroite Autrichiennehonnie et malmenée par le peuple qui voyait en elle une insulte à sa condition. Les régimes passent, mais l’histoire reste la même, de Marie-Antoinette et Louis XVI en passant par Danièle Mitterrand et Valérie Trierweiler, la recette du pouvoir est vieille, ou presque aussi vieille que les cabinets d’aisance du palais de l’Elysée. D’une manière amusante, remarquons également que la catégorie dans laquelle ledit article a été placé dans les lignes du grand quotidien français, est « Femmes de tête »… notons que si nous ne lui souhaitons pas de la perdre, son illustre et lointaine homologue la perdit un jour d’octobre 93, place de la Révolution aujourd’hui rebaptisée avec beaucoup d’humour, par des plaisantins que Georges Clémenceau n’auraient pas reniés, place de la Concorde.

De la concorde toutefois, il en faudra une certaine dose pour que Valérie Trierweiler fasse oublier les maillots de bain, les duels au sabre avec Ségolène Royal et quelques déclarations pas si innocentes sur Twitter. Le compagnon enterré dans les sondages, la compagne attaquée sur le coût des « missions » et du « cabinet » (de travail) de sa fonction de première dame, jamais une épouse d’un président de la République ne fut aussi impopulaire et montrée du doigt que Valérie Trierweiler. En haut lieu, les stratèges se sont mis au travail, après avoir encaissé des coups venus de toute part, elle sera donc poussée sur le devant de la scène pour une confrontation (ou exposition) dans les médias, invitée prochaine de « C à vous » sur France 5 durant 90 minutes, je vous en prie !

Les Français versatiles applaudissaient Marie-Antoinette pour mieux la haïr par la suite. Qu’en sera-t-il de Valérie Trierweiler ? Il y a certes beaucoup de malices pour un historien de faire un parallèle aussi audacieux et de rire de l’affirmation non moins audacieuse de Philippe Martinat « que quelque chose a bougé ». Dans le monolithe de la politique française, il sera difficile aux Français, mêmes extrêmement attentifs, de voir ce qui aurait bien pu commencer à se mouvoir… mais passons. « L’élégance discrète » mise en avant par l’auteur du Parisien fera-t-elle oublier le port de sabots crottés des mois précédents ? Rien n’est moins sûr. Qui vivra, verra. N