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Sony, Samsung et Nintendo ont adressé une mise en garde sur les risques des images en 3D pour la vue des jeunes enfants de 6 ans ou moins.
Sony, Samsung et Nintendo ont adressé une mise en garde sur les risques des images en 3D pour la vue des jeunes enfants de 6 ans ou moins.Crédits photo : JUNG YEON-JE/AFP

Près de 20 % des personnes supportent mal les images en relief.

Les images en 3D sont sur la sellette. Chercheurs et médecins s'y intéressent alors que la technologie qui ne cesse de progresser s'invite dans notre vie quotidienne. «Les ingénieurs ont des idées nouvelles tous les matins ! Il est important de voir comment l'homme réagit», résume Corinne Roumes, de l'Imassa (Institut de médecine aérospatiale du service de santé des armées).

Pourquoi certaines personnes se plaignent-elles de maux de tête ou de fatigue visuelle quand d'autres apprécient les images en relief ? Y a-t-il un risque pour les enfants ? Pourquoi certains n'arrivent pas à percevoir la 3D ? Autant de questions auxquelles s'attellent les spécialistes. «D'autant qu'à moyen terme tout sera visible en 3D, cinéma, télévision, téléphone…», insiste Béatrice Cochener présidente de la société française d'ophtalmologie.

Il ne se passe effectivement plus guère de semaine sans qu'un film sorte en 3D. Les télévisions tentent une percée sur le marché et les jeux vidéo arrivent en rafale. Ces derniers sont en grande partie à l'origine des interrogations. Après Sony et Samsung, Nintendo lors de la sortie de sa console de jeu 3DS, a en effet inscrit dans sa notice d'utilisation une mise en garde sur les risques pour la vue des jeunes enfants de 6 ans ou moins.

Temps de réadaptation

Beaucoup de jeux ont ceci de particulier que c'est «le jeune qui choisit l'intensité des effets. En général il a tendance à pousser le relief au maximum» et joue longtemps, explique Jean-Louis de Bougrenet, le responsable de 3D-Fovéa (1), un observatoire qui évalue la fatigue et l'inconfort en cas de surexposition à des contenus 3D. «Il s'agit de s'assurer qu'il ne puisse pas y avoir d'impact irréversible pour les enfants dont la vue n'est pas complètement formée» poursuit-il.

Les risques potentiels liés aux consoles de jeu avaient poussé l'association Robin des bois à saisir l'Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail). «Nous voulions un avis sur la 3DS», explique Jacky Bonnemain, le porte-parole de l'association. Si l'Anses estime impossible pour l'heure de rendre un avis concernant les seules consoles de jeux, elle a jugé indispensable d'entamer un travail pour l'ensemble des technologies 3D.

Les médecins essayent par exemple de mesurer le temps nécessaire au cerveau pour se réadapter après une projection en 3D. «Le cerveau doit s'adapter à l'hyperrelief. Mais à l'arrêt de la projection, on voit le monde un peu rétréci. On évalue mal les distances. Cela peut représenter un danger pour une personne qui prendrait le volant à ce moment-là», raconte Corinne Roumes. «Il faut connaître le temps nécessaire pour retrouver une vision normale», ajoute-t-elle.

5% des gens ont une mauvaise perception de la 3D

Paradoxalement, les désagréments provoqués par la 3D n'ont pas que des inconvénients. Ils servent parfois de révélateurs de troubles de la vue. «Cela peut servir d'outil de dépistage», précise Catherine Dauxerre, médecin au centre hospitalier d'ophtalmologie des Quinze-Vingts. Mais elle aussi évoque les risques «d'impact sur la construction cognitive des jeunes enfants » et une mauvaise différentiation entre le réel et le virtuel.

Aujourd'hui, on considère que «5 % de la population a une mauvaise perception de la 3D et environ 15 % une perception atténuée. Sans oublier les personnes incommodées, car elles portent des verres progressifs», précise Jean-Louis de Bougrenet. «Notre objectif est de mieux comprendre ce qui se passe pour faire des recommandations de santé.» L'observatoire est au centre d'un programme piloté par l'Éducation nationale pour superviser l'utilisation de ressources 3D dans l'enseignement scolaire où elle pourrait faire rapidement son entrée.

(1) Groupement d'intérêt scientifique : Télécom-Bretagne, université de Bretagne occidentale, CHU de Brest et le groupe Ouest (pôle européen de création cinématographique).

Par Marielle Court

Source: LeFigaro.fr

Tag(s) : #SANTE

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