Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog


Des funérailles devant l'hôpital militaire de Homs, en Syrie, le 1er octobre.
Des funérailles devant l'hôpital militaire de Homs, en Syrie, le 1er octobre.Crédits photo : SANA/ASSOCIATED PRESS

Selon l'ONG Amnesty International, des patients mais aussi des médecins ayant soigné des opposants blessés ont été enlevés par le régime.

La répression en Syrie frappe partout. Actuellement dans la ligne de mire du gouvernement : les hôpitaux publics syriens, où il règne, selon Amnesty International, un «climat de peur». Les médecins, comme les patients, y constituent des cibles de la répression du soulèvement populaire contre le régime de Damas.

«Le gouvernement syrien a fait des hôpitaux des instruments de la répression dans sa tentative d'écrasement de l'opposition», souligne l'organisation de défense des droits de l'homme dans un rapport de 39 pages rendu public lundi. À ce titre, Amnesty décrit comment des patients d'au moins quatre hôpitaux publics différents ont été soumis à la torture et à d'autres mauvais traitements. «Des patients ont été agressés par des médecins, des professionnels de la santé et des agents de sécurité dans les hôpitaux nationaux de Banias, Homs et Tell Kalakh, et dans l'hôpital militaire de Homs», indique l'ONG. Dans le dernier établissement, un médecin a rapporté «qu'il avait vu quatre médecins et plus de vingt infirmières infliger des violences à des patients».

Amnesty fait également état d'arrestations dans les hôpitaux. «Le 7 septembre 2011, des membres des forces de sécurité qui recherchaient un opposant au gouvernement, commandant présumé sur le terrain, ont fait une descente à l'hôpital al Birr wa al Khadamat à Homs. Ne le trouvant pas, ils ont emmené 18 blessés», raconte l'organisation. Et de poursuivre : «Un professionnel de la santé présent au moment du raid nous a raconté qu'il avait vu au moins un patient inconscient se faire enlever son respirateur artificiel avant d'être emmené».

Des soignants torturés

L'organisation note aussi que du personnel hospitalier «soupçonné d'avoir prodigué des soins à des manifestants et à d'autres blessés lors d'incidents liés au soulèvement» ont été arrêtés et torturés. «Le 7 août 2011, une vingtaine de soldats et de membres des forces de sécurité ont attaqué un hôpital gouvernemental dans le gouvernorat de Homs et arrêté sept membres du personnel», précise l'étude. «L'un d'entre eux a expliqué à Amnesty qu'au cours d'un interrogatoire, certains de ses collègues ont été passés à tabac».

«Effrayés des conséquences d'une hospitalisation, beaucoup de gens ont choisi de se faire traiter soit dans des cliniques privées, soit dans des dispensaires de fortune mal équipés», poursuit Amnesty. Les médecins de l'Hôpital national de la ville de Homs, haut-lieu de la contestation contre le régime du Bachar al-Assad,ont rapporté une chute du nombre des hospitalisations pour des blessures par balle depuis mai, en dépit de l'augmentation vertigineuse de telles blessures lors des violences. Pour l'organisation, «le personnel hospitalier en Syrie est mis dans une situation impossible, forcé de choisir entre traiter les personnes blessées et préserver sa propre sécurité».

Amnesty International invite les autorités syriennes «à donner des instructions précises et claires à tous les hôpitaux, qui doivent accueillir et soigner tous les blessés sans délai, et accorder la priorité à l'intérêt des patients avant toute autre préoccupation». La répression gouvernementale du soulèvement depuis la mi-mars a fait plus de 3.000 morts.

source: lefigaro

Tag(s) : #AIR DU TEMPS

Partager cet article