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Les Européens signent un pacte budgétaire dont les coutures craquent déjà

Vingt-cinq pays européens ont signé vendredi un nouveau pacte de discipline budgétaire pour empêcher les dérapages mais qui pose déjà de gros problèmes à plusieurs d'entre eux, rattrapés par la crise économique, en premier lieu l'Espagne mais aussi les Pays-Bas.

La signature de ce pacte, exigé par l'Allemagne en échange de sa solidarité financière avec ses partenaires de la zone euro, a constitué le principal temps fort économique d'un sommet de l'UE à Bruxelles que le président français Nicolas Sarkozy a salué comme "le premier depuis 2011 qui ne soit pas un sommet de crise".

"Nous sommes en train de tourner la page de la crise financière", a clamé M. Sarkozy.

Le pacte budgétaire "est une étape importante pour renforcer la confiance dans notre Union économique et monétaire", a estimé pour sa part le président de l'Union européenne, Herman Van Rompuy.

Mais avant même qu'il entre en vigueur, la vertu budgétaire que ce traité entend imposer est mise en question par la conjoncture économique de plus en plus dégradée et la récession en cours en zone euro. Plusieurs pays se retrouvent déjà contraints de faire face à un dérapage de leurs finances publiques.

"L'objectif de déficit public sera pour cette année de 5,8% du PIB", a averti le chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, à Bruxelles. Un chiffre bien supérieur à l'objectif de 4,4% convenu jusqu'ici avec ses partenaires européens et qui rend improbable un retour en 2013 à la limite européenne de 3% de déficit, comme prévu jusqu'à présent.

L'annonce risque de ne pas plaire aux partenaires de Madrid. "L'Espagne devra tout faire pour prouver à l'extérieur qu'elle reste fermement ancrée dans sa volonté de ne pas quitter le chemin de la consolidation", a prévenu le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker.

Quant à M. Van Rompuy, il a insisté lors de sa conférence de presse vendredi sur la nécessité de "continuer à tendre vers les objectifs budgétaires", car "si on ne le fait pas de manière résolue, ce seront les marchés qui nous en feront subir les conséquences".

Une autre mauvaise surprise est venue des Pays-Bas, prompts à critiquer le laxisme budgétaire de leurs partenaires et qui se retrouvent pourtant à leur tour contraints de faire de nouvelles économies en raison de la détérioration plus importante que prévu de la conjoncture.

La Commission européenne a invité fermement jeudi le gouvernement du libéral Mark Rutte à respecter son engagement en la matière après la publication par le Bureau central du Plan néerlandais de prévisions économiques revues à la baisse.

L'institut s'attend dorénavant à ce que le déficit public atteigne 4,5% du PIB cette année mais surtout dépasse encore la limite de 3% jusqu'en 2015.

Et d'autres pays risquent bientôt d'avoir du mal à ramener leurs finances publiques dans le droit chemin en temps et en heure, avec la possibilité de se faire rappeler à l'ordre par Bruxelles, voire de s'exposer à des amendes.

C'est le cas de la France. La Cour des comptes a en effet jugé début février que l'objectif visant à ramener le déficit à 4,5% cette année serait "difficile à atteindre" et qu'il serait "encore plus difficile" de revenir à 3% en 2013.

Si les règles devaient être assouplies même légèrement pour les Pays-Bas et l'Espagne, cela pourrait ouvrir une boîte de Pandore, provoquer l'ire des pays comme la Belgique qui se sont vu contraints de boucler dans la douleur des budgets rectificatifs. Et fragiliser le nouveau pacte de discipline censé rassurer les marchés sur le fait que les leçons de la crise de la dette ont été tirées. Et ce alors que l'encre sur le papier est à peine sèche.

Source: Bourosrama via "être informer "

Tag(s) : #Crise de l'Euro

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