Barack Obama doit faire face à des républicains déterminés. Crédits photo : Charles Dharapak/AP
Suivant ses consoeurs, l'agence de notation Fitch a prévenu que la dette américaine pouvait perdre son «AAA», la meilleure note financière possible, si républicains et démocrates ne trouvent pas d'accord sur le budget d'ici le 2 août

Washington, de notre correspondant

L'agence Fitch a rejoint hier le concert des investisseurs alarmés à la perspective d'un éventuel défaut, ne serait-ce que de très courte durée, des États-Unis. Fitch met implicitement en garde le Congrès et la Maison blanche qui ne semblent pas progresser dans leurs négociations en vue d'un vote relevant avant le 2 août le plafond d'endettement de l'État fédéral.

Même dans l'hypothèse d'un défaut simplement «technique» qui ne résulterait pas d'un manque de ressources, mais d'un dysfonctionnement de gouvernance politique, Fitch considère que l'Amérique ne mériterait plus la notation «AAA», réservée aux emprunteurs de meilleur standing. Il suffirait donc que pour quelques heures, le Trésor américain ne puisse payer les 25 milliards de dollars d'intérêts sur des obligations dûs le 15 août, pour que l'infaillibilité de l'Oncle Sam soit remise en question. La note de l'Amérique passerait alors de «AAA» à «B+» avec implication négative. Pour autant Fitch juge cette hypothèse «extrêmement peu probable» et table toujours sur un accord avant le 2 août.

Le communiqué de l'agence Fitch intervient alors que certains républicains au Congrès, parmi les plus conservateurs, n'hésitent plus à dire qu'il vaudrait mieux que le 2 août l'Amérique ne puisse relever le plafond de sa dette, plutôt que d'y parvenir dans le cadre d'un accord qui une fois de plus ne réduise pas les dépenses publiques durablement et de manière crédible.

La date du 2 août est celle donnée depuis quelques semaines par le Trésor au delà de laquelle il ne lui sera plus possible de faire face à ses engagements sans émettre des obligations et dépasser le plafond de l'endettement fixé pour le moment à 14.294 milliards de dollars. Depuis le mois dernier, le Trésor a recours à des manoeuvres comptables conservatoires entre divers fonds qu'il gère, de manière à rester en dessous de ce plafond.

Crever le plafond ou perdre sa note


Les républicains, majoritaires à la Chambre des représentants, utilisent cette date pour obliger la Maison blanche à accepter 2500 milliards de dollars de réductions de dépenses publiques sur 10 ans, sans augmentation de taxes. Les leaders républicains maintiennent que leur objectif n'est pas de laisser l'Amérique tomber en défaut. Ils comprennent les implications graves de la simple évocation de cette hypothèse. Mais toute une frange d'élus républicains de la faction du «Tea Party» sont «jusqu'au boutistes». En désaccord avec les leaders traditionnels du parti républicain, portés par les sondages qui montrent que l'opinion américaine a plus peur du relèvement du plafond de la dette que du défaut, ils se disent prêts à risquer la perte à court terme de la notation AAA, pour obliger l'Amérique à ne plus vivre au dessus de ses moyens.

Pour le moment Barack Obama n'a pas mis sur la table de proposition détaillée de réduction de dépenses publiques. La négociation est menée par Joe Biden, le Vice-Président américain. L'agence Fitch n'est pas la seule a avoir tiré la sonnette d'alarme sur la dette américaine. Sa consoeur Standard & Poor's a déjà placé la note sous surveillance négative fin avril. La troisième agence, Moody's, a menacé elle aussi de placer la dette américaine sous surveillance négative