Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog


© AFP/Archives - Martin Bureau

Alors qu'approche la date fatidique du 17 février, après laquelle il ne sera plus possible de convertir en euros les vieux billets en francs, des commerçants de plusieurs villes se sont remis à les accepter et l'activité s'accélère légèrement à la Banque de France.

Dans six semaines, soit dix ans jour pour jour après la fin du paiement en francs, la Banque de France cessera d'accepter les cinq dernières séries de billets en francs encore convertibles, toutes relativement récentes comme le "Saint-Exupéry" (50 francs) ou le "Pierre et Marie Curie" (500 francs).

Interrogées par l'AFP, les succursales de la Banque de France en région ont relevé, depuis deux mois, une augmentation du nombre des particuliers qui se présentent à l'échange.

"A chaque fois que les médias en parlent, systématiquement, on a un retour", observe-t-on à l'agence de Strasbourg, faisant état de "tous petits montants pour 90% des opérations".

Au Mans (Sarthe), l'un des caissiers estime néanmoins que le mouvement est moins soutenu qu'en janvier 2009, qui avait vu se terminer la possibilité d'échanger le fameux billet de 100 francs "Delacroix".

On apporte, pour l'essentiel, des billets retrouvés dans des armoires, des tiroirs, des vêtements, voire des coffres, souvent après un décès.


© AFP/Archives - Anne-Christine Poujoulat

Fin 2010, 50 millions de billets des séries encore échangeables, pour une valeur en euros de 602 millions, étaient encore en circulation, selon la Banque de France.

Tous les billets des séries concernées sont repris à l'échange quel que soit leur état, pourvu que la moitié du papier au moins soit présentée.

A Nice, un caissier s'attend malgré tout à ce que l'effet psychologique, lié à l'arrêt de la convertibilité de tout billet en francs, entraîne une ultime vague.

Pour rebondir sur l'événement, des commerçants de plusieurs villes de province se sont remis à accepter temporairement les fameux billets encore échangeables.

Depuis le 19 décembre, une trentaine de commerçants de Saverdun, localité de 4.600 habitants dans l'Ariège, ont reçu 15.000 francs sous forme d'anciens billets (2.200 euros environ) en paiement de leurs articles.

Il s'agit de pousser à la consommation et d'inciter à dépenser de l'argent qui ne l'aurait pas été puisque "les gens n'auraient pas forcément pris la peine d'aller à la Banque de France à Toulouse pour échanger un billet de 20 francs", explique Grace Ballandi, présidente de l'Union des commerçants et artisans de Saverdun (UCAS), à l'initiative de l'opération.

A Mont-de-Marsan (Landes), le droguiste Philippe Chabaud accepte depuis décembre les paiements en francs jusqu'au 4 février.

"Je vois en moyenne quatre à cinq personnes chaque jour qui me paient en francs, certains viennent même des départements voisins", observe-t-il, indiquant néanmoins qu'il ne rend pas la monnaie sur un billet en francs.

"On voit que les gens, qui ont en moyenne plus de cinquante ans, ont gardé des francs chez eux, dix ans après", rapporte-t-il.

A Decize (Nièvre), le caviste Antoine Rainon accepte les francs jusqu'à la mi-janvier mais a connu moins de succès, avec seulement 500 francs collectés depuis mi-décembre.

"Le mois de janvier est relativement creux, alors pourquoi ne pas essayer ça?", souligne Christine Bonfillon, gérante de la Maison de la presse de Fuveau (Bouches-du-Rhône), où la majorité des commerçants accepteront les vieilles coupures à partir de mardi.

Par Thomas URBAIN et les bureaux de l'AFP en région

Via:
Les Echos
Tag(s) : #VIE QUOTIDIENNE

Partager cet article