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386 000 euros pour la location d'un Falcon facturé à l'UMP, 236 000 euros pour les sondages coté PS, 17 000 euros mensuels pour un directeur de communication... L'Express s'est plongé dans les dépenses déclarées par les candidats.

Trente-sept tomes ! Les comptes de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy et de François Hollande intègrent des dizaines de contrats, des centaines de devis et des milliers de factures, conservés par la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques, mais consultables sur simple demande.

Quel constat général? Du côté de Sarkozy, une organisation très professionnelle, centralisée, avions privés et petits-fours - et une comptabilité retoquée par le Conseil constitutionnel. Du côté de Hollande, une campagne de novice, jus de fruits et cacahuètes, avec des prestataires multiples sans réelle coordination apparente et pour laquelle les fédérations ont été largement mises à contribution. Conséquence : des centaines de petites factures et de tickets de caisse - et des comptes validés même si, de l'avis de spécialistes, la quantité de documents et le désordre du classement sont tels que "c'est un bon moyen de noyer le poisson".

Un conseil au candidat UMP pour la prochaine campagne : demander aux socialistes l'adresse de leur expert-comptable. Frais d'honoraires : un peu plus de 90 000 euros, contre 200 000 pour Nicolas Sarkozy. Voici un passage en revue non exhaustif des grandes dépenses et des petits à-côtés.

Musique, maestro!

Un mélange de Boléro de Ravel et de la chevauchée d'Indiana Jones dans Les Aventuriers de l'Arche perdue : le publicitaire préféré de Nicolas Sarkozy, Jean-Michel Goudard, avait donné ses consignes pour la musique des meetings du président sortant. Par souci de discrétion, l'enregistrement a lieu à Sofia, en Bulgarie, trois jours avant l'entrée officielle en campagne. En deux semaines à peine, le compositeur Laurent Ferlet honore la commande. Cette livraison express a un coût : 86 112 euros TTC. François Hollande a aussi sa musique d'accompagnement, à la dramaturgie beaucoup moins impressionnante, mais au prix bien moins élevé : 12 000 euros.

Moteur!

Un petit film de campagne est devenu célèbre après coup : Julie Gayet y déclare son... soutien à François Hollande. L'enregistrement se déroule le 6 mars 2012. Entre cette date et le 29 mars, cinq autres stars défilent devant la caméra, dont l'ancien patron de Canal+ Pierre Lescure, l'humoriste Gérald Dahan, l'homme de théâtre Jean-Michel Ribes ou encore l'ancien président de l'Olympique de Marseille Pape Diouf. Facture pour "la réflexion, la conception, la réalisation, la création et le suivi" de ces six vidéos diffusées sur Internet : 25 000 euros.

386 000 euros le Falcon

En 2007, Nicolas Sarkozy avait plusieurs fois eu recours à un avion privé, notamment pour rentrer de ses meetings provinciaux. Une trentaine de jets - et un hélicoptère - avaient été affrétés au coup par coup. En 2012, son équipe choisit une option plus radicale : la location pendant toute la durée de la campagne d'un Falcon. Dassault Falcon Service facture 386 474,72 euros un appareil pour une période allant du 16 avril au 6 mai (jour du second tour), dont un peu plus de 32 heures supplémentaires au tarif horaire de 4 800 euros.

Le vol privé emprunté par François Hollande pour rejoindre Paris depuis Tulle au soir de sa victoire avait fait polémique. D'après ses comptes de campagne, ce n'était pas une première. Une facture de Darta Transports aériens mentionne un vol Cannes-Montpellier, où le candidat tient meeting le 29 mars 2012, puis une halte à Mont-de-Marsan avant de rejoindre Le Bourget (10 272 euros). Le 4 mai, pour sa dernière réunion de campagne à Périgueux, une facture est éditée par la même société pour un vol depuis Le Bourget (8 915 euros).

Sondage, mon beau sondage...

François Hollande et ses proches n'ont jamais été à court de critiques sur un usage abusif, selon eux, des sondages par Nicolas Sarkozy. Mais le candidat socialiste a tout de même consacré, d'après ses comptes de campagne, 236373 euros à ce poste budgétaire. Ipsos réalise une enquête "en temps réel" lors de son passage dans l'émission de France 2 Des paroles et des actes. Montant : 14 352 euros. Outre des études qualitatives mensuelles sur l'état de l'opinion, François Hollande reçoit une analyse de Viavoice sur "les perceptions politiques des catégories populaires" (même tarif) et une autre du cabinet PHG - il prend bien soin de diversifier ses prestataires pour ne pas faire de jaloux ! - sur "le rapport des retraités à la société" à partir d'entretiens individuels (10 000 euros).

17 000 euros de salaire mensuel

Une campagne présidentielle, ce sont beaucoup de petites mains bénévoles ; ce sont aussi des professionnels parfois bien rémunérés. Les candidats doivent verser aux comptes de campagne les feuilles de paie des salariés qui sont anonymisées avant d'être accessibles au public. Demeure cependant visible la fonction occupée. Ainsi le directeur de campagne de Nicolas Sarkozy (Guillaume Lambert par simple déduction) est-il rémunéré 16 911,31 euros par mois. Il n'est pas le mieux rétribué : les "conseillers" perçoivent plus de 17 700 euros. Une attachée de presse gagne 6 510,84 euros.

Ces si chers professionnels

Soucieux de se démarquer de Dominique Strauss-Kahn, François Hollande veut tenir à l'écart les grandes sociétés de communication. Pour autant, il ne se prive pas des conseils d'une agence de publicité réputée, BDDP & fils. Honoraires mensuels forfaitaires : 74 961 euros. Via sa société Cap (Conseils, analyses et perspectives), le consultant Stéphane Rozès conseille le socialiste en matière de "stratégies d'opinion". Par exemple, pour des prestations allant de janvier à mars, François Hollande s'acquitte de 20 092,80 euros.

11 000 euros pour Noah

Le 22 janvier 2012, Yannick Noah chauffe les planches du Bourget avant le grand discours de François Hollande où il désignera son "ennemi", "la finance". Pour quelques minutes de prestation et "conformément au devis" accepté par l'équipe de campagne, la société de production du chanteur touche 11242,40 euros. Le cachet dépend bien évidemment de la notoriété de l'artiste. La prestation de Sanseverino à Bercy, le 29 avril, revient à 2504,87 euros. Les fanfares Kosmonot et Boula Matari, qui animent le meeting sur l'esplanade du château de Vincennes le 15 avril, se contentent d'un chèque de 1200 euros chacune.

A la caisse

Qui dit campagne décentralisée dit nombreuses factures et... petits montants : la fédération PS de la Loire refacture 1,15 euro à l'association de financement de la campagne de François Hollande pour l'impression de 100 affichettes, celle de l'Ain s'acquitte de 29,83 euros pour l'achat de jus de fruits et de boissons gazeuses. Des centaines de tickets de caisse de supermarché figurent dans les comptes de campagne du futur président. Tout comme une facture de 50 euros de maquillage adressée par la fédération PS du Cantal.

Bleu, blanc, rouge

A chaque meeting de Nicolas Sarkozy, des drapeaux tricolores sont distribués par centaines aux participants, qui peuvent repartir avec. Une véritable aubaine pour les fabricants : 3 900 euros y sont dévolus pour le grand meeting de Villepinte, le 11 mars 2012, qui se transforme en marée bleu, blanc, rouge; 2 526 euros pour le rassemblement réunionnais en plein air. Face au ciel capricieux de l'île de l'océan Indien, les organisateurs ont même prévu un budget parapluies : 5 892 euros.

La lettre six fois plus chère que le livret

Deux semaines avant le premier tour, Nicolas Sarkozy se fend d'une longue "lettre au peuple français" où il détaille son programme pour un second quinquennat. La brochure de 36 pages, tirée à 2,5millions d'exemplaires, revient à 450470 euros. Quatre fois plus d'exemplaires du petit livret des "60 engagements pour la France" (40 pages) de François Hollande sont distribués pour un coût bien moindre : 70 143 euros. Une différence surprenante.

Internet à tout prix

Quand François Hollande multiplie les prestataires pour sa campagne numérique, Nicolas Sarkozy préfère s'en remettre à un seul professionnel, la société Emakina. Un contrat daté du 18 janvier 2012 et signé par le secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé, prévoit un projet clefs en main de 878000 euros hors taxe. Les tarifs des professionnels y sont détaillés : 1500 euros par jour pour un directeur associé, 1000 euros pour du conseil en "planning stratégique".

 

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Tag(s) : #POLITIQUE

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