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je ne retiens que la première citation.

la pauvreté comme effet recherché du socialisme. pensée libérale ébouriffante.

j'ai été formée à l’école de la Révolution Permanente (excusez du peu !), au Centralisme Démocratique, au Trotskysme pur et dur.
de par ce fait je suis restée éloignée de l'essence de la pensée néo-libérale pendant longtemps.

quand j'ai rencontré le néolibéralisme érigé en une théorie cohérente (une utopie) voire en « un programme de destruction des structures collectives capables de faire obstacle à la logique du marché pur. » (Bourdieu) je peux vous dire que j'ai été plus que surprise, sidérée et hallucinée tout en étant intellectuellement attirée par cette construction intellectuelle si éloignée de moi.

le néolibéralisme : un programme de destruction méthodique des collectifs.
Le mouvement, rendu possible par la politique de déréglementation financière, vers l’utopie néolibérale d’un marché pur et parfait, s’accomplit à travers l’action transformatrice et, il faut bien le dire, destructrice de toutes les mesures politiques visant à mettre en question toutes les structures collectives capables de faire obstacle à la logique du marché pur : nation, dont la marge de manoeuvre ne cesse de décroître ; groupes de travail, avec, par exemple, l’individualisation des salaires et des carrières en fonction des compétences individuelles et l’atomisation des travailleurs qui en résulte ; collectifs de défense des droits des travailleurs, syndicats, associations, coopératives ; famille même, qui, à travers la constitution de marchés par classes d’âge, perd une part de son contrôle sur la consommation. 
L’institution pratique d’un monde darwinien de la lutte de tous contre tous, à tous les niveaux de la hiérarchie, qui trouve les ressorts de l’adhésion à la tâche et à l’entreprise dans l’insécurité, la souffrance et le stress, ne pourrait sans doute pas réussir aussi complètement si elle ne trouvait la complicité des dispositions précarisées que produit l’insécurité et l’existence, à tous les niveaux de la hiérarchie, et même aux niveaux les plus élevés, parmi les cadres notamment, d’une armée de réserve de main-d’oeuvre docilisée par la précarisation et par la menace permanente du chômage. Le fondement ultime de tout cet ordre économique placé sous le signe de la liberté, est en effet, la violence structurale du chômage, de la précarité et de la menace du licenciement qu’elle implique : la condition du fonctionnement « harmonieux » du modèle micro-économique individualiste est un phénomène de masse, l’existence de l’armée de réserve des chômeurs.
 (Bourdieu).

bien, quittons la douceur de Bourdieu et passons à la "Pensée Libérale" sur l'Humain. ce passage formule l'axiome central de la pensée libérale :

« Si une personne possède juste assez de sens commun et d'expérience, sa propre façon de tracer le plan de son existence est la meilleure, non parce que c'est la meilleure en soi, mais parce que c'est la sienne propre »

Une telle affirmation constitue une rupture fondamentale avec la pensée des Anciens, qu'il s'agisse des philosophes grecs ou des théologiens chrétiens. Un rejet radical de ce que Isaiah Berlin appelle la « liberté positive », à savoir une approche universelle, ontologique, de ce qu'est la « bonne vie » ; par exemple, une vie où l'intellect (la raison) commande aux passions et conduit l'individu sur le chemin de la réalisation de l'excellence humaine. Qu'il s'agisse de Platon, d'Aristote, de saint Augustin ou de saint Thomas, quelle que soit la diversité profonde de leurs conceptions, tous répondent à la même exigence de répondre à la question de ce qui constitue la fin de l'existence humaine et les modalités de la réalisation de cette excellence qui est le propre de l'humanité, en tant que telle. Désormais, ce qui est posé comme un principe intangible, c'est qu'aucune instance, ni sociale – par ex. religieuse, ni même intérieure – la raison précisément – n'est et ne doit être en mesure d'imposer une réponse valable pour tous de ce qu'est la bonne vie en soi. La bonne vie, c'est celle que chacun choisit selon les « plans de l'existence » qu'il se donne à lui-même, et cela en accord avec le principe qui est au cœur de l'ethos démocratique : le droit de chaque individu à se gouverner lui-mêm.

il importe, de façon décisive, que cette liberté soit garantie de la façon la plus large possible, précisément en luttant contre la tendance à l'uniformisation, dérivée de l'égalité. Une telle exigence a des applications décisives aussi bien au plan social que politique. 
 Conséquences politiques

Au plan politique, ce qu'il s'agit de promouvoir en priorité, c'est le droit des minorités et des opinions dissidentes à pouvoir s'exprimer publiquement, que ce soit dans la presse, dans des œuvres d'art ou dans les assemblées représentatives
 Et il y a à cela une raison profonde, c'est que la politique n'a pas affaire avec la vérité.
  L'important, c'est l'idée donc qu'existe en l'homme une capacité fondamentale de penser par soi-même. 
 Il est essentiel à l'émergence de l'individualité de « laisser le plus de champ possible aux pratiques contraires à la coutume ».
le néolibéralisme établit une distinction qui est essentielle et qui nous conduit au cœur aussi bien de sa vision de l'homme que de l'idée qu'il se fait d'une société respectueuse de la liberté humaine. La distinction entre « une théorie étroite de la vie », disons conformiste, moutonnière, qui produit des êtres « étriqués et rabougris » et une vision expansive, libérale précisément, qui engendre des individualités fortes. Ici le concept central est celui de « spontanéité individuelle ».

 L'affirmation païenne de soi

Une des conséquences les plus remarquables, liée à la notion de « personnalité forte », de singularité irréductible, est la remise en cause de l'idéal chrétien d'abnégation et d'humilité. La raison principale pour laquelle la foi chrétienne ne peut satisfaire les exigences d'une religion civique, c'est qu'elle fait de l'humilité la vertu suprême, et, à ce titre, elle exige du fidèle qu'il dissimule aux autres sa propre valeur morale.

 Une société politique composée d'hommes libres, et s'assumant comme tels, est à l'exact opposé de la communauté chrétienne où les fidèles recherchent dans le secret de leur cœur le royaume de Dieu qui n'est pas de ce monde.
Voici ce qu'écrit Hannah Arendt à ce propos :
« Une communauté d’hommes qui estime qu’il faut vraiment régler toutes les affaires humaines en termes de bonté, et qui par conséquent n’est pas effrayée à l’idée d’aimer ses ennemis -fût-ce à titre d’expérience- et de récompenser le mal par le bien, une communauté qui, en d’autres termes, considère que l’idéal de la sainteté est un critère -non seulement pour le salut de l’âme individuelle dans l’éloignement des hommes, mais pour la direction des affaires humaines elles- mêmes -ne peut que se tenir à l’écart de la sphère publique et de sa lumière. Elle doit oeuvrer dans l’ombre puisque le fait d’être vu et entendu produit inévitablement cet éclat et cette apparence dans laquelle toute sainteté -de quelque façon qu’elle s’y prenne- se transforme d’emblée en pseudo-sainteté et hypocrisie. » 

 
Il est très important de comprendre que cette apologie de l'individualité  n'a rien à voir avec une apologie de l'égoïsme. 
 La revendication du droit à l'originalité, à l'excentricité, à l'affirmation païenne de soi, vise à restaurer un idéal d'homme de type aristocratique au sein d'une société travaillée par la séparation, le nivellement et l'uniformisation (ce qui, notons-le, est assez conforme à l'idéal nietzschéen).
  les grands penseurs libéraux ont été conscients et ont dénoncé les dangers d'une société faite d'individus égoïstes, indépendants mais atomisés, repliés sur eux-mêmes, et, à bien des égards, serviles. Règne des masses, atrophie et atomisation des individus, isolés, séparés les uns des autres mais dépendants de l'Etat, perte de toute capacité à l'enthousiasme et à l'engagement, uniformisation des modes de vie et de pensée, émergence de nouvelles formes « douces » de despostisme, etc.

il est essentiel, aux yeux des penseurs classiques du libéralisme, de restaurer, au sein d'une telle société de masse, les vertus à la fois de la singularité et de l'engagement, du gouvernement de soi et du dépassement en direction de quelque chose de plus grand que soi, de plus vaste que les frontières dessinées par ce petit moi étriqué.

ce qu'il y a de fantastique avec les néo-libéraux, c'est qu'à leur lecture on se dit que finalement, oui, les hommes naissent bons et qu'à la fin, l’État (les nations, la société) les pervertit. (+ ou - Rousseau).
quand je les ai rencontré, pensant qu'ils n'étaient qu'une bande de banquiers psychopathes, quel ne fut pas mon trouble : ces gens avaient une véritable "pensée sur l'humain" !
je les ai donc, tout de suite trouvés encore plus dangereux ! 
;0) 


« La politique économique du nouveau conservatisme doit reposer sur deux principes : le monétarisme et le libre marché en opposition à l'intervention de l'État et à la planification centralisée »
— Nigel Lawson, Conférence du « Bow Group » en août 1980



 non, les humains ne naissent pas tous "bons", encore moins égaux et rarement libres. dans le meilleur des cas, en Liberté surveillée.

ensuite, je me suis dit que laisser libre court à "son énergie d’entreprendre" était une très bonne chose. oui, je suis entièrement d'accord ! mais.
mais, les êtres humains ne naissent pas tous avec cette soif de penser par eux-mêmes et cette imagination créatrice qui éblouirait leurs proches et la communauté à laquelle ils appartiendraient.

au bout de longues cogitations (contre moi-même ;0), j'en suis arrivée à la conclusion qui vient :

le néolibéralisme culpabilise les plus faibles/fragiles d'entre nous d'être en échec perpétuel dans le rapport de force qu'induit toute société humaine d'autant plus s'il elle ne bénéficie pas de règles morales (et policières) coercitives.

le néolibéralisme méconnait la nature humaine tout en scandant le contraire dans une pensée utopique mortifère.
les êtres humains veulent du territoire, le plus fort a davantage de territoire. ceci indépendamment de l'âge et du sexe. 
en ne garantissant aucun territoire aux plus faibles, il les condamne à la charité du fort. 
ce en quoi ils prouvent qu'ils sont profondément marqués, malgré ce qu'ils peuvent en dire, par la pensée de base judéo-chrétienne. par le "Livre".

les néolibéraux sont intelligents, ce ne sont pas des psychopathes, ce sont juste des menteurs.

ils privilégient la classe à laquelle chacun d'entre eux pensent appartenir, ceux qui "possèdent" et disent clairement que seuls les imbéciles ne peuvent accéder à ce niveau d'aisance qui est le leur. oubliant l'héritage, le patrimoine et expliquant "que parti de rien, tout le mérite te reviendra une fois arrivé dans leur cercle".

ils oublient de dire que la bourgeoisie concentre son capital et ne le divise pas.
la possibilité individuelle de création de richesse qui existait au temps de Tocqueville n'est plus d'actualité aujourd'hui.
pourtant le discours de néolibéraux n'a jamais changé !

en résumé : cela me prouve que cette pensée philosophique, cette "utopie" néolibérale est simplement devenue obsolète.

CQFD.

le centralisme démocratique est une utopie aussi. je le regrette. j'y reviendrai un jour, pour vous expliquer ce que cela signifie si cela vous intéresse. 
(bien moins que les bikinis, je le crains).

 plus sur le sujet 1 
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la démocratie et les trotskystes, éléments 
l'OCI. éléments 

le discours des néolibéraux sur l'Europe, aujourd'hui. un morcellement ?  :

 Dans un tel projet fédéral le centralisme jacobin, ou la République égalitariste à la française, devra être abandonnée
Si l’égalité devant la loi sera toujours un pilier de la Fédération européenne - les Etats-Unis d’Europe - les Etats-régions auront le pouvoir d’édicter des lois qui leur seront propres dans certains domaines. 

Elles auront donc une large autonomie. L’Europe des régions aura un nouveau visage.

Cette Europe des régions, fédérale, libérale, devrait avoir un but idéal pour motiver à sa construction..... 


Viviane Redding : "L’Europe est là" tous ses rêves ici, libéraux, bien sur.

Holbein : illustration de "Utopia" de Thomas More, 1518

cette Richissime Europe

Zone Euro. Les mois se suivent et se ressemblent - Cela ne plaide pas pour un euro faible.

via : 

et : "La Commission européenne, 3ème employeur préféré des étudiants en école de commerce"

 de quoi se plaint-on ?

Tag(s) : #POLITIQUE

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