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Mot d’introduction de l’auteur (photo) : ce genre d’article – mettant en cause de façon directe Renault et la voiture électrique – est systématiquement censuré (ou lissé) dans la presse traditionnelle ; Renault, Areva, Edf etc. étant d’énormes annonceurs.




Toussaint 2011 : la Renault Kangoo ZE est enfin disponible en concessions. Une date de lancement qui relève du funeste présage.
Renault aurait investi quelque 4 milliards d’euros dans le VE (véhicule électrique). Paradoxal quand on sait à quel point ce véhicule frôle l’imposture économique. La sortie de la Renault Kangoo ZE, laquelle précède la Zoé, en est l’illustration.

Primo cette Kangoo électrique n’est disponible qu’en tarif HT, donc destinée aux sociétés, pas aux particuliers. Étonnant, alors qu’on nous bassine avec le méchant CO2 et le sauvetage de la planète. Il faut dire que les fameux 15 000 modèles précommandés sont des commandes d’entreprises d’État ou assimilées (UGAP / La Poste, Areva, EDF, GDF-SUEZ, Air France, RATP, SNCF, Orange, Eiffage, Bouygues, Vinci…). Une entreprise d’État vend à d’autres entreprises d’État et autres collectivités locales – plus ou moins forcées d’acheter -, des milliers de véhicules-gadgets largement créés puis “bonussés” grâce aux subventions publiques. Ces mêmes entreprises devront payer dans la foulée plus de 3000 Peugeot Ion (la voiturette électrique du concurrent). Éternel pigeon : le contribuable. Où est la demande réelle ? Où est l’avancée économique dans cette histoire ? Pire, où est l’innovation technique ?

Car le véhicule électrique a eu sa chance, il existe depuis un siècle. Mais technologiquement il n’a pas assez progressé. Nonobstant le débat sur la prolifération nucléaire induite, et le simple déplacement de la pollution généré par le VE, pour le « zéro émissions » de la Kangoo ZE on repassera : des camions roulant au gazole achemineront l’auto à chaque révision dans les centres « agréés ZE » ; seulement 250 sur 5200 points de vente Renault. Quant aux acheteurs des régions froides ils ont droit à l’option « chauffage au gazole » (grâce à un réservoir additionnel de 13 litres) pour ne pas vider la batterie propulsant cette camionnette nouvelle génération. Anecdotique certes, mais ça fait sourire.

Le prix de cette petite merveille dite « décarbonée » ? Il pique. 20 000 euros HT (hors subventions d’État) pour la caisse vide d’un Kangoo sous équipé. Car ce tarif n’inclut pas la batterie. Celle-ci devra être louée à Renault, ad vitam, de 72 à 125 euros par mois suivant le contrat (kilométrage, etc.). Pire, Renault ne garantit un changement de batterie à l’acheteur qu’au-delà de 25% de perte d’autonomie (120 km en théorie). De plus le constructeur se vante d’installer un mouchard électronique dans ses véhicules. Non seulement le pauvre client est pigeonné dès la signature du contrat de vente, mais en plus ses déplacements seront surveillés de près.

Soit le VE est mort-né, soit notre futur électrique craint du boudin. Lucide, la marque au losange propose toutefois à ses « clients VE » de louer une autre voiture, une vraie celle-ci, à moteur thermique, via des remises de 25% chez Avis et Europcar.

Jean-Luc Nobleaux, journaliste spécialisé auto-moto, auteur de Radars, le grand mensonge (éditions Tatamis, 2009)

source: enquete-debat.fr

Tag(s) : #AIR DU TEMPS

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