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Les communautés juives liées au Consistoire central ont élu dimanche un nouveau grand rabbin de France
= Haïm Korsia, 51 ans plus d'un an après le scandale qui a provoqué la chute de Gilles Bernheim.

Selon la même source, le président du Consistoire central a également dit son inquiétude face à une décroissance des communautés israélites françaises, soulignant le nombre grandissant de juifs de France faisant l'aliyah (la "montée" vers Israël).

 

Mis en place en 1808 par Napoléon, le Consistoire central israélite de France rassemble la majorité des synagogues françaises. Il n'est cependant plus reconnu par l'ensemble de la communauté juive, certains lieux de culte se réclamant d'autres courants (libéraux, massortis...) et regrettant que le Consistoire se soit replié sur une ligne orthodoxe stricte.

source

 

Photo AFP

 

Coup de théâtre. Du moins pour ceux qui n'apprécient guère de voir bousculer leurs idées reçues. Le 28 septembre 2004, Libération et Le Figaro annoncent que Dieudonné s'apprête à partir pour Auschwitz sur invitation du rabbin Haïm Korsia, aumônier de l'armée de l'air et conseiller du grand rabbin de France, Joseph Sitruk.
La révélation est reprise par toute la presse du lendemain. En brève ou en article, personne ne sucre la nouvelle qui fait l'effet d'une petite bombe. Suite à une "belle rencontre", les deux hommes viennent de brouiller le jeu manichéen des étiquettes médiatiques. Hochets auxquels les médias sont très attachés...
(...)
Par la suite, le journaliste du Figaro décrit plus consciencieusement la rencontre : "Assis à une table d'un bistrot parisien, le rabbin et l'humoriste se tutoyaient, parlaient de l'éducation de leurs enfants, d'Israël, de la Traite des noirs. Nulle agressivité, nulle complaisance entre les deux hommes".
Et donne la parole à ses interlocuteurs. "Il est temps de remettre sur la table les valeurs républicaines", déclare Dieudonné. "Nous sommes, Haïm et moi, frères citoyens. Vu mon métier, je dois être à l'écoute des questions des gens et leur permettre de prendre du recul, y compris par la dérision. Il importe de comprendre ce qui nous divise pour mieux arriver à nous unir." De son côté, Haïm Korsia souhaite que "le dialogue instauré ici serve à apaiser le conflit israélo-palestinien. Seul Dieudonné peut passer le message auprès des jeunes de banlieue".
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Quant au rabbin Korsia, son initiative déroute. A tel point qu'il est principalement amené à "justifier" sa démarche plutôt qu'à l'expliquer. En guise de justification, 26 journaux sur 36 vont médiatiser les mêmes propos du rabbin, susceptibles de correspondre à leur grille de lecture sociétale fortement fantasmée : "Bien malgré lui, il est devenu l'icône de ceux qui veulent s'opposer aux juifs, je suis certain qu'il peut avoir un impact positif sur ces jeunes qui peuvent avoir un rejet du judaïsme".
(...)
A contrario, observons que certains propos tenus par Haïm Korsia à l'AFP feront l'objet d'une très faible reprise. Par exemple : "Je n'ai pas vocation à réhabiliter Dieudonné ni à lui donner un sauf-conduit quelconque, de toute manière, il a été blanchi par la Justice". Seuls 4 journaux sur 36 choisiront de publier ces mots pour leurs lecteurs. Idem pour : "C'est un pèlerinage que j'organise depuis 3 ans avec des militaires et des civils, je ne l'organise pas exprès pour lui". Non, ici ça monte un peu : 7 journaux sur 36.
Ces choix médiatiques visant à jeter le doute sur l'initiative seront inutiles. Sa visibilité, son potentiel d'intelligence et d'ouverture l'ont déjà condamné ! Le soir du 29 septembre 2004, un titre barre une nouvelle dépêche de l'AFP : "Le rabbin Korsia a renoncé à inviter Dieudonné à Auschwitz".
Un communiqué signé Joseph Sitruk est passé par là. Le grand rabbin de France a indiqué qu'il se "désolidarisait totalement de cette démarche". En conséquence, l'aumônier Korsia "se plie à l'avis du grand rabbin et à sa sagesse" tout en qualifiant le projet avorté de "belle idée".
De son côté, Dieudonné "remercie Haïm parce que c'était un geste courageux, une initiative pertinente qui s'inscrit dans une volonté de paix et d'accalmie, je regrette que cela ne puisse être suivi, mais sa décision est respectable". Il ajoute : "Le monde change et a besoin d'esprits ouverts, Haïm montre que ce n'est pas la communauté juive toute entière qui se replie sur elle-même".



Egalité zéro - Enquête sur le procès médiatique de Dieudonné, Olivier Mukuna, Ed. Blanche, Paris, 2005














http://blanrue.blogspot.com/2014/06/nouveau-grand-rabbin-de-france-haim.html

Tag(s) : #RELIGIONS

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