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Par Deborah JONES

VANCOUVER (Canada)

Les manifestations anti-Wall Street qui rassemblent des milliers de militants depuis plusieurs semaines aux Etats-Unis trouvent une de leurs sources dans un magazine canadien, Adbusters, déjà à l'origine d'initiatives comme la journée "sans achats".

Au mois de juillet, la publication, considérée comme un des magazines phares de la contre-culture, réputée pour ses critiques de la publicité (Adbusters peut se traduire par "chasseurs de pub"), avait appelé à occuper le 17 septembre le quartier de Wall Street, symbole du capitalisme financier.

Plusieurs milliers de personnes ont répondu à l'appel du magazine pourtant établi à des milliers de kilomètres de New York, à Vancouver, métropole de l'Ouest canadien qui a aussi été le berceau de Greenpeace il y a 40 ans.

Le mouvement, qui ne concernait initialement que New York, a depuis quelques jours essaimé dans d'autres villes américaines, dont Washington, où des sympathisants "anti-Wall Street" se sont joints jeudi à des pacifistes célébrant le 10e anniversaire du début de la guerre en Afghanistan.

Abdusters avait appelé à se rendre à Wall Street "avec une tente", façon imagée d'appeler à une occupation prolongée des lieux rappelant l'occupation de la place Tahrir au Caire en janvier, un des épisodes clés du "printemps arabe".

Le magazine avait publié en page centrale une affiche montrant une ballerine dansant sur la sculpture d'un taureau, emblème de Wall Street, sur un arrière-fond de manifestants coiffés de masques à gaz dans le brouillard. L'affiche appelait à "occuper" le lieu symbolique de la finance et à se regrouper en ligne.

"Il y avait quelque chose de magique" dans cette affiche, se félicite aujourd'hui auprès de l'AFP Kalle Lasn, fondateur et éditeur du magazine.

"Les gens perdent leur emplois, leur maison, 40% des jeunes Américains ne trouvent pas de travail. Pendant ce temps-là, les pachas ou les fraudeurs de la finance restent au 17e étage de leur tour et continuent de toucher de généreux bonus", dit-il.

S'il se qualifie de "meneur" du réseau de contestation, Kalle Lasn, 69 ans, refuse de s'approprier la réussite des manifestations qui ont suivi son appel. "Toute le monde aurait pu faire ça. Les gens qui mènent vraiment ce bal ce sont les jeunes qui manifestent dans la rue", plaide-t-il.

Du reste, sur son site internet "non officiel", le mouvement informel "Occupez Wall Street", s'il rappelle effectivement l'appel lancé par Adbusters, précise bien qu'il n'est "pas affilié" au magazine.

La prochaine étape, confie Kalle Lasn, est d'étendre la contestation à travers le monde et de clarifier le message des "anti-Wall Street".

Peu clair, celui-ci se perd pour l'instant dans une sorte de colère hétéroclite contre les grandes entreprises, le pouvoir et les pontes de la finance.

M. Lasn appelle désormais à une mobilisation monstre de 50 millions de personnes dans le monde le samedi 29 octobre pour demander l'imposition d'une taxe de 1% sur toutes les transactions financières, peu avant la tenue du sommet du G20 à Cannes (Sud-Est de la France), début novembre.

"Une taxe de 1% à la Robin des Bois sur toutes les transactions financières et les échanges de devises permettrait de ralentir la spéculation et de donner une vraie impulsion à l'économie mondiale", estime Kalle Lasn.


Source : AFP

Tag(s) : #AIR DU TEMPS

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