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Avec sa société Bionoor, Hadj Khelil a lancé la première viande halal bio. Mais sachant que, selon la tradition musulmane, une viande est halal si la bête est égorgée vivante, sans étourdissement, la question se pose : cette viande peut-elle être labellisée bio ? 


Le halal peut-il être bio ? Hadj Khelil bionoor


 

« L’abattage sans étourdissement est-il compatible avec le label vert ? »

Cette question, Hadj Khelil se l’est posée. Seulement, même si les règlementations bio sont précises sur de nombreux points (notamment le bien-être animal pendant la vie de la bête), elles restent floues sur  la question de l’abattage.

C’est pour cela qu’Ecocert, l’organisme de contrôle et de certification de l’agriculture et l’alimentation bio, qui avait d’abord trouvé les 2 labels incompatibles, s’est rétracté et a délivré à Bionoor le label Bio en août dernier. Une décision qui a fait suite à l’incapacité de contre argumenter les propos d’Hadj Khelil, à savoir : « Si l’abattage est pratiqué dans les règles, rien n’indique qu’il augmente la douleur. »

« C’est inhumain, dégueulasse, d’infliger cette torture inutile aux animaux »

Des propos qui ne peuvent que choquer Brigitte Bardot, présidente de la Fondation de protection des animaux éponyme, qui considère que l’abattage halal relève d’une « insupportable barbarie infligée aux bêtes sacrifiées ». Elle rappelle que les bovins peuvent mettre jusqu’à 14 minutes à trépasser, « 14 minutes durant lesquelles la vache s’étouffe dans son sang, c’est inhumain, dégueulasse, d’infliger cette torture inutile aux animaux et je ne peux pas croire que les éleveurs acceptent cela ou alors c’est vraiment qu’ils n’ont aucune empathie envers leurs bêtes. »

Les éleveurs, qu’en pensent-ils, justement ? Beaucoup s’opposent à ces pratiques. Si certains parviennent à travailler avec des établissements qui pratiquent l’abattage conventionnel (étourdissement préalable), la plupart d’entre eux se retrouvent face à une réalité : le travail à la chaîne dans les centres de découpes qui, pour un souci de rentabilité, évite l’étape de l’étourdissement. Enfin, certains éleveurs considèrent aussi que c’est leur travail quotidien qui leur permet d’avoir le label Bio, et estiment que le transport et l’abattage ne sont pas de leur responsabilité.

Qui peut trancher ? L’Inao (Institut national de l’origine et de la qualité), qui s’occupe de délivrer les certifications (AOC, Label Rouge, bio…), s’exprimait en 2011 sur la question de l’abattage halal. Le porte-parole concluait qu’« à ce stade, l’Institut n’a pas trouvé d’incompatibilité » avec les réglementations bio. source

 

Pages 2 : nous avons rencontré Mériame Najjari, de Green Halal, une coopérative bruxelloise qui associe alimentation durable et religion musulmane.

Tag(s) : #SANTE

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