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L’assassinat jeudi de l’ambassadeur des Etats Unis d’Amérique en Libye a occulté un autre événement tout aussi inquiétant et porte en lui les germes de l’effondrement du système monétaire international : La Federal Reserve a annoncé acheter désormais pour 40 milliards de dollars par mois de titres de la dette, sans llimites dans le temps

Le début de l’apocalypse financier ?

 

QE3, voilà un acronyme bien mystérieux, que la plupart des gens ne comprennent pas. Le nom complet, Quantitative Easing 3 n’est guère plus parlant. La traduction française, 3èmeAssouplissement Quantitatif, n’explicite pas grand chose au non initié. Une petite explication est donc nécessaire.

 Qu’est ce que « quantitatif » veux dire ?
Il s’agit de monnaie, plus précisément de dollars, la monnaie de référence mondiale. Quantitatif signifie qu’on va changer la quantité de monnaie qui circule.

Que signifie Easing (assouplissement)
Cela signifie qu’on va augmenter cette masse de monnaie en circulation. En d’autre terme il va y avoir une inflation monétaire.

Comment ça se passe ?
Les USA « titrisent » leur dette, c’est à dire qu’on crée des « titres de propriété » de portions de cette dette dans le but de les vendre. L’acheteur devient alors « propriétaire » d’une partie de cette dette. Cela revient à un emprunt d’état.

Qui achète ces titres de dette ?
Plus personne n’en veux plus. Historiquement c’étaient la Chine et l’Arabie Saoudite qui en achetaient la plus grosse partie. Mais comme personne n’en veux, c’est la Federal Reserve qui les achète.

Avec quel argent ?
La Federal Reserve (FED) émet des dollars tous neufs à partir de rien. C’est pourquoi on dit que cela revient à monétiser la dette, c’est à dire à la faire fondre en abusant de la « planche à billets ».

Que signifie le 3
C’est la 3ème opération de ce genre depuis 2006. Petit rappel historique :
2006 (septembre) L’administration Bush annonce qu’elle va cesser de publier l’indice M3. Il s’agit de l’indice qui indique la masse de dollars en circulation dans le monde. Le thermomètre est cassé.

QE1 (2008) :
la FED émet  2000 milliers de milliards de $US (2,1x1015). 
La Bank of England : 375 milliards de £ (375x1012).
La Bank Of Japan : 55 milliards de milliards de Yen (55x1018).
La BCE : 60 milliards d’€ (60x1012).
Note : Je met les chiffres en notation scientifique car la presse française utilise souvent les termes anglo-saxons de « billion » et « trillion » qui ne correspondent pas à nos billions et trillion français.
En français, un billion US correspond à un milliard et un trillion US à un milliard de milliards.
Vous avez l’impression qu’on parle astrophysique ? N’oubliez pas que ce dont on parle là c’est de la planche à billet, de sommes astronomiques sorties de nulle part et injectés dans le systeme bancaire.
Mais comme rien ne se perd et rien ne se crée, ces sommes en fait vienne bien de quelque part : elle sont prélevées sur la valeur de chaque billet qui circulait précédemment. Bref,  dans la poche de tous ceux qui ont des Yen, de £, des € et des $.
Et comme les deux plus gros portefeuilles en dollar dans le monde sont les fonds souverains Chinois et Saoudien, on comprend que l’opération ne les a pas enchanté et qu’ils ont cessé d’acheter des titres de la dette US lors du QE2.
Car il y a eu un QE2. Ces sommes, bien qu’astronomiques, n’ont permit de faire survivre le systeme bancaire mondial (et, accessoirement, les salaires indécents de ses patrons) que deux ans.
On a donc remit ça en 2010 avec le QE2 au cours duquel la FED émet 600 milliards de milliards de $US supplémentaires (2,1x1015).
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Je sens que vous avez le tournis, aussi  vous laisse prendre une aspirine avant de vous expliquer pourquoi cela n’était que le prélude et que le QE3 est un coup d’état permanent comme dirait Mitterrand.
« Nous somme ici par la volonté du peuple et nous ne sortons le chéquier que par la force des baïonnettes. »
C’est un peu ce qu’auraient pu dire les membres du Congrès des Etats Unis d’Amérique en 2008, quand le secrétaire au trésor de l’époque Henry Paulson, présenté la note du QE1 au vote des représentants du peuple. Un vote extorqué la baïonnette dans le dos, comme l’a révélé les auditions obtenues plus tard par le sénateur républicain Ron Paul. L’ultimatum était clair : Votez le plan Paulson ou demain matin le soleil de se lèvera pas.
Obtenir le vote du Congrès et la signature du président des USA fut autrement plus ardu pour le QE2 en 2010.
Quand au QE3 il a trainé dans le parapheur depuis l’été dernier avant qu’un Obama en fin de mandat et mal parti pour ne faire un second ne finisse par accepter de le signer. Après moi le déluge, en somme.

Déluge permanent d’argent.
Mais tout cela c’est de l’histoire ancienne. Car, comme l’a annoncé la Federal Reserve, le QE3 est un programme d’émission monétaire permanent, et ce jusqu’à ce que l’économie US « sorte de la crise ». Autant dire que ce n’est pas pour demain et que rien n’interdit de penser que cette sortie se fera les pieds devant. Bref, le Congrès et le Président n’auront plus à donner leur avis.

On a retiré le frein démocratique de la planche à billet.
A ce point, le lecteur attentif de mes articles précédents aura remarqué un point de convergence qui n’est pas fortuit avec la situation au sein de la Zone Euro.
En effet, j’ai expliqué dans un article précédent (mais je ne suis pas le seul) que les statuts du Mécanisme Européen de Stabilité (MES) étaient antidémocratiques justement parce qu’ils obligeaient les états de la zone euro à financer le système de « stabilité » à l’initiative exclusive du directoire du MES, et à déboursersous les 15 jours le montant décidé en vase clos par eux sans que ni les gouvernements ni les parlements n’aient jamais eur mot à dire.
Hier, le conseil constitutionnel allemand est parvenu à la même conclusion, et n’à donc donné son feu vert pour la ratification du traité qu’à la condition qu’un plafond maximum de la contribution allemande soit défini et qu’il ne puisse être dépassé sans une consultation du Bundestag.
Les allemands ont vérifié les freins. « Deutsche qualität »

Un frein pour 17 c’est peu.
Hollande, à l’opposé est tout disposé à nous embarquer dans « El camino de la muerte » avec un véhicule sans freins.
Il ne nous reste plus qu’à faire nos prières, car la situation est en train d’échapper progressivement à tout contrôle démocratique tant aux USA qu’en Europe.
La suite est connue, elle a été vécue par les allemands lors de la république de Weimar (1918-1933).
En 1923 le Mark est entré en hypereinflation, au point que les prix changeaient d'heure en heure. Le prix du timbre postal est passé de 10 Marks à 30 millions de Marks en 9 mois.
 Seul un retour à une monnaie adossée à l’or a stoppé cette crise, qui a ruiné les allemands (manifestement ils s’en souviennent encore).
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Aujourd’hui la planche à billets est devenue électronique, ce qui facilite encore plus l’émission de « papier ». La tentation de faire marcher la planche à billets est d’autant plus grande que la Chine et l’Arabie saoudite ont d’énormes fonds souverains en $, les USA et l’Europe « possèdent » d’aussi gigantesques dettes.  Sans frein démocratique, on voit mal ce qui pourrait désormais la ralentir.
En effet, ce que les banquier centraux appellent « besoin de recapitalisation bancaire » cache pudiquement le fait que le système bancaire sous perfusion exige des afflux constants de monnaie fraichement créée pour continuer de survivre.

Un monde monétaire en apesanteur.
Du fait de cet inflation monétaire, la valeur des principales monnaie est en chute libre. Non pas l’une par rapport à l’autre comme en 1923 quand le Mark chutait par rapport au dollar, mais toutes ensemble par rapport à des valeurs tangibles comme l’or ou l’argent (le métal).
Aussi il est naïf de se rassurer en comparant le cours de l’€ par rapport au $ ou à la £ : nous sommes tous en chute libre, et notre vitesse de chute augmente de façon exponentielle.
Le frein politique qui aurait pu freiner cette chute n’existe plus qu’en Allemagne, mais il demeure bien seul pour empêcher l’entrée en hyperinflation de l’Euro et il ne sera efficace pour l’économie allemande que si l’Allemagne s’extirpe de l’Eurozone.
Le coup d’état mondial est donc en passe de devenir permanent et nous entrons dans une phase de fuite en avant dont l’issue, historiquement, a toujours été la guerre.
Or l’entrée des USA dans cette phase critique est en train de refermer la fenêtre d’intervention militaire de l’empire car le coût des opération militaires va bientôt se heurter au choc monétaire.
Tag(s) : #ECONOMIE - FINANCE

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