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Désobéir comme un mode de vie tranquille, sincère. Une révolution en douceur. Nul besoin de violence, juste une morale et une saine détermination qui prennent un sens total. La planète ne survivra pas à cette consommation effrénée qui aliène l'homme et détruit tout bonheur de vivre. C'est simple pourtant !


Que mes fils me voient indignée et méfiante à l'égard de tous les grands de ce monde qui ne parviennent plus à stopper cette machine destructrice lancée à vive allure tel un tombereau sur nos vies. Je veux parler de ce capitalisme débridé, cette inconscience ambiante.
On nous a trop dit qu'on ne pouvait rien changer, que c'était ainsi : la mondialisation, les banques, le chômage inévitable, les délocalisations indispensables à la bonne marche des entreprises.


Mais qui peut encore croire tout cela ? Seulement les sots, les aveugles et les inconscients, les radins, les égoïstes, les obsédés du chiffre positif en bas de la colonne Bénef. Toute cette peur savamment distillée pour nous faire courber l'échine !
Allez, maintenant, tout le monde au garde-à-vous devant le drapeau. Pourquoi ? C'est la guerre ? Ah, bon ?



Têtes inclinées, regards à ras le sol devant l'autoritarisme, la violence verbale ou physique, la justice, la police, l'argent, les crédits, les banquiers, les chefs, les petits-chefs, l'école, les profs, les imams incultes, les prêtres intégristes, les cyniques, les ambitieux sans morale, les calculateurs et les bouffis d'orgueil, sans compter les imbéciles, et encore, et encore…
Désobéir comme relever la tête et se reconnaître à nouveau unique et fort dans un respect constructif du bien commun d'une république pas bananière, pas corrompue. Non, juste la république française.
Nous voulons ralentir le temps, l'aimer, en donner même à nos enfants : qu'ils profitent du temps où l'on s'amuse d'un rien. Qui a t-il de plus gai que le rire d'un enfant ?
Leur apprendre à méditer leurs vies. Nous nous devons de leur dire qu'il n'est pas toujours bon d'être poli et obéissant. Il leur faut apprendre à reconnaître le libre arbitre, le discernement comme des données fondamentales à la dignité de l'homme.
Quelle est donc cette société qui nous assomme de publicités criardes, de TV gueularde, d'idées toutes faites, de bouffe toute prête, d'enseignements bradés dans des mots faciles et des grandes idées complaisamment appelées « volonté politique forte ».
Nous voulons désobéir à la poudre aux yeux. Nous ne sommes pas impressionnés par le ton docte de grands scientifiques qui affirment avec aplomb que « Rien ne vaut le nucléaire ». Nous ne voyons qu'Hiroshima, Fukushima et Tchernobyl, des gosses chauves rongés par des cancers, yeux creusés, regard perdu.
Sont-ils donc devenus fous les habitants de la planète bleue ? Quel est donc ce monde où la nourriture, la semence même est prise en otage par quelques uns ? La biodiversité n'est pas le combat de quelques doux rêveurs. C'est la réalité d'une terre à laisser filer entre les doigts. Sentez, égrenez-là, prenez votre temps. Admirez sa couleur, vous touchez la vie même.
Nous désobéirons également à ceux qui veulent s'octroyer le droit de ficher des hommes par leurs ADN ! Criez ! Criez car, oui, c'est scandaleux !
Nos aïeux, nos grands-parents, nos parents n'appartiennent qu'à nos histoires propres. Et tout ce fichage pour mieux retrouver les « méchants », c'est du bluff.
Mais quel monde voulez-vous Messieurs les Raisonneurs de la droite dure et la gauche molle ?
Nous nous devons de désobéir. Offrir une paix simple et heureuse. Nous voulons partager et non pas vendre ou acheter. Nous voulons des regards bienveillants, la parole libre, le verbe haut si nécessaire.
Au diable cette passivité ambiante ! L'uniformisation à tout crin est détestable, la mondialisation une fumisterie qui ne sert que quelques-uns et affame la moitié de la planète.
Et moi je veux partager le pain qui m'est offert chaque jour. Je veux la résurrection de la chair à chaque seconde de ma vie. Je veux garder Jésus, Martin Luther King, Gandhi et bien d'autres encore dans un regard confiant, partager cela avec les non-violents et les hommes de bonne volonté.
Je veux m'émerveiller encore sur les mots purs et doux de St-Exupéry, retenir mon émotion à la lecture d'un poème, sentir encore les larmes déborder mon corps quand je me laisse emporter par la musique et m'émouvoir tout autant devant une peinture où une sculpture.
J'oppose à ceux qui veulent du fort, du lourd, du riche et du bling-bling la certitude qu'on peut trouver du beau, simple, vrai et tout autant puissant dans une désobéissance sereine.
Qu'importe d'être taxée d'utopie, de rêverie et d'irréalisme. Car toute cela n'est rien d'autre qu'une extraordinaire force de vie telle une lame de fond, La capacité de désobéir.

Ecrit à la suite de la Journée de la désobéissance, 8 octobre 2011, Grigny (69), organisé par la ville de Grigny (69) et le journal « Le Sarkophage ».

source: Au bout de la route
Tag(s) : #AIR DU TEMPS

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