Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

 

Extraction de pétrole dans les sables bitumeux au Canada.

 

Le ministre canadien des ressources naturelles, Joe Oliver, entame un voyage officiel en Europe jusqu'à vendredi 11 mai - successivement à Paris, Bruxelles et Londres -, envoyé spécial du gouvernement fédéral pour défendre auprès des Européens l'industrie pétrolière des sables bitumineux et son "bilan" environnemental.

Ce voyage intervient alors que l'Union européenne s'apprête à adopter une directive, qui vise à réduire l'empreinte carbone des carburants fossiles utilisés dans le transport, en prenant en compte les émissions de gaz à effet de serre liés à leur production.

Dans cette liste, le pétrole extrait des sables bitumineux se voit attribuer une "valeur" de gaz à effet de serre nettement supérieure à celle du pétrole conventionnel.

"Ce n'est pas dans l'intérêt économique de l'Europe de se priver du pétrole canadien", estime M. Oliver, ajoutant que la directive européenne pourrait avoir cet effet.

Il juge cette dernière "injuste", car ignorant des sources de gaz à effet de serre d'autres pays "moins transparents", dont la production pétrolière a "une intensité égale ou supérieure aux sables bitumineux, comme le brut léger russe, aux méthodes d'extraction plus polluantes."


 2 MILLIONS DE BARILS DE PÉTROLE PAR JOUR

Alors que la demande énergétique mondiale devrait augmenter d'un tiers d'ici à 2035 et que les hydrocarbures occuperont encore les deux tiers du marché, selon l'Agence internationale de l'énergie, le ministre défend l'idée que le Canada est "un fournisseur d'énergie écologiquement responsable", y compris dans les sables bitumineux.

L'industrie canadienne de l'or noir produit près de 2 millions de barils de pétrole par jour, soit 2% de la production mondiale. Le chiffre devrait atteindre 3,7 millions d'ici à 2020. A condition de pouvoir l'exporter!

C'est là que le bât blesse. Aux États-Unis, principal marché, le Canada lorgne sur une voie d'exportation par le golfe du Mexique, avec le projet d'oléoduc Keystone XL (5 milliards de dollars d'investissement), mais celui-ci rencontre une vive opposition.

Deux autres projets d'oléoducs sont aussi controversés au Canada : vers l'ouest pour accéder au Pacifique et vers l'est pour acheminer le pétrole vers des raffineries, avec visées sur le marché européen.

Les groupes de défense de l'environnement ou les scientifiques, canadiens ou étrangers, dénoncent la dérive du Canada dans la lutte contre les changements climatiques, depuis son retrait du Protocole de Kyoto.


DES PROGRÈS "DÉCEVANTS"

L'Institut Pembina, think tank canadien réputé sur les questions énergétiques, a indiqué, le 29 avril, que "les progrès réalisés depuis deux ans pour développer les sables bitumineux de façon responsable sont très décevants".

Il s'inquiète de la pollution à grande échelle de l'eau en Alberta et du manque de volonté pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.

M. Oliver réplique en rappelant que, contrairement à d'autres pays, notamment européens, le Canada a "77% d'électricité venant de sources non émettrices de gaz à effet de serre", principalement hydroélectriques.

Un document de son ministère avance que les émissions découlant de la production d'électricité dans l'UE représentaient, en 2010, un quart de ses émissions totales et étaient "près de 30 fois supérieures à celles de l'industrie des sables bitumineux."

Le Canada a fait "des efforts énormes", selon M. Oliver, pour limiter les dégâts, investissant "10milliards de dollars [7,6 milliards d'euros] dans des technologies vertes, des études et des technologies visant à diminuer les émissions du secteur hydrocarbures."

Avec pour résultat, dit-il, une baisse de 26 % de l'intensité des émissions pour les sables bitumineux entre 1990 et 2010.

Cette intensité est toutefois une mesure contestée par rapport à celle qui identifie des réductions "absolues" d'émissions. Or, en prenant ce critère, les émissions de gaz à effet de serre au Canada ont augmenté de 26 % par rapport à 1990.

Anne Pélouas (Montréal, correspondance)


98 % des réserves canadiennes dans des "sables bitumineux"

 

Le Canada possède des réserves prouvées de pétrole équivalant à 173 milliards de barils, soit les troisièmes plus importantes au monde, derrière le Venezuela et l'Arabie Saoudite.

Quatre-vingt-dix-huit pour cent de ces réserves se trouvent dans les "sables bitumineux" de l'ouest canadien, principalement en Alberta.

Le gisement repose sous une masse terrestre de 142 200 kilomètres carrés et 80 % des sables bitumineux se trouvent à plus de 75 mètres de la surface, nécessitant une extraction par forage profond.

De 1967 à 2010, quelque 8 milliards de barils de pétrole brut extraits des sables bitumineux ont été produits au Canada.

Facteur essentiel de la croissance nationale, surtout dans l'Ouest, la production de pétrole issu des sables bitumineux a drainé 116 milliards de dollars d'investissements de 2000 à 2010, selon le gouvernement albertain, et soutenu 273 000 emplois directs ou indirects dans tout le pays.

 

source

Tag(s) : #NATURE - ECOLOGIE

Partager cet article