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Par Antoine LAMBROSCHINI

MOSCOU

Union eurasiatique aux relents d'URSS mardi, éloge du dirigeant soviétique Leonid Brejnev mercredi : le camp de Vladimir Poutine puise dans les références issues de l'Union soviétique, à six mois de la présidentielle russe qui doit marquer son retour au Kremlin.

L'homme fort du pays se défend, dans un texte publié mardi par le journal Izvestia, de vouloir récréer "l'Union soviétique sous une autre forme", 20 ans après sa disparition, mais sa proposition semble bien le contredire.

Dans cette même tribune Vladimir Poutine appelle les anciennes républiques à rejoindre l'Union douanière Russie-Kazakhstan-Biélorussie pour former une nouvelle alliance avec une "intégration étroite sur de nouvelles valeurs, politiques et économiques".

"Nous proposons un modèle d'unification puissante et supranationale, capable de devenir l'un des pôles du monde contemporain", écrit-il, "nous avons un but plus ambitieux: aller vers un autre niveau, plus élevé, d'intégration : l'Union eurasiatique", explique-t-il.

Vladimir Poutine, un ancien officier du KGB qui qualifia en 2005 la chute de l'URSS de "plus grande catastrophe géopolitique" du 20e siècle, est un nostalgique avoué de la puissance de son pays sur la scène internationale, et se vante régulièrement de lui avoir redonné une place dans le monde.

Et ces discours trouvent un écho certain en Russie, où, selon un sondage au printemps 2011 de l'Académie russe des sciences, seuls 3% de la population considèrent la disparition de l'Union soviétique comme "un évènement positif".

Le camp de l'homme fort de la Russie semble bien assumer un certain héritage soviétique.

Jusqu'à déclarer qu'il n'y a aucune honte pour M. Poutine à être comparé, après sa décision de revenir au Kremlin en 2012, à Leonid Brejnev.

Le numéro un soviétique, resté au pouvoir pendant 18 ans, jusqu'à sa mort et malgré sa sénilité, est resté pour beaucoup de Russes le symbole d'une période de "stagnation".

Ayant accompli deux mandats consécutifs (2000-2008), M. Poutine est devenu Premier ministre, laissant le Kremlin à Dmitri Medvedev, un homme de confiance qui s'effacera en 2012.

Il est désormais libre de rester à la tête de la Russie pour deux nouveaux mandats de six ans, jusqu'en 2024, et battra la longévité de Brejnev au pouvoir dès 2018.

Le porte-parole de Vladimir Poutine, Dmitri Peskov, n'y voit pas de mal.

"On entend souvent +pourquoi (Poutine) revient-il?+. En effet, nombreux sont ceux qui parlent d'une brejnevisation de Poutine", a-t-il expliqué, à la chaîne télévisée en ligne Dojd.

"Vous savez, Brejnev, ce n'est pas une période négative dans l'histoire de notre pays. C'est un grand plus. Il a posé les fondements de notre économie", a souligné M. Peskov.

Selon lui l'erreur de Brejnev a été de ne pas "pas quitter à temps" le pouvoir, alors qu'il était miné par la maladie et la vieillesse.

Dans ce contexte, l'ambition de "modernisation" économique, de lutte contre la corruption, et le penchant libéral affichés depuis son élection en 2008 par le président Dmitri Medvedev semblent relégués au second plan.

 

Source : par Agence France-Presse, mercredi 5 octobre 2011

Tag(s) : #AIR DU TEMPS

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