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La désinformation est l’arme de destruction massive des lobbies qui financent les politiques. Ces politique qui font les lois en leurs faveurs (évidement, on ne crache pas sur celui qui vous entretient) et qui sont servilement relayés par une presse de journalistes rampants qui en croquent aussi. Pour finir, en bout de chaîne, le zombie alimenté quotidiennement par les télés officielles distribuant de sirupeuses informations, des émissions exacerbant un voyeurisme malsain ainsi qu’une série de jeux et sports abrutissants, acquiescera et avalera tous ces mensonges pré vomit par une élite corrompue dont le seul but est une mise en esclavage totale des individus. Hélas, tout cela se vérifie de jour en jour…

 

 

 

 

Tchernobyl nous avait montré la voie, Deepwater a suivi, et enfin Fukushima, prouvant que tout ce qui touche à notre environnement est cadenassé par des lobbys performants qui ont acquis une parfaite maitrise de la désinformation ou de la dissimulation.

Présenter ainsi la situation peut sembler à juste titre réducteur, car aux 4 coins de la planète, la liste des catastrophes écologiques ne se limite pas, malheureusement, à ces seuls évènements.

Comment faire l’impasse sur l’amiante, les gaz de schiste, les OGM, les pesticides, les tensio-actifs, les autres marées noires… ?

La désinformation règne donc en maitre, mais heureusement, Internet veille, et l’information passe finalement.

Prenons Deepwater par exemple : les communicants ont fait leur boulot, répandant « la bonne nouvelle », la catastrophe a été réglée, et il n’y plus aucune raison de s’inquiéter.

C’est le 20 avril 2010 à 21h 53, qu’a eu lieu l’explosion de la plateforme de forage « Deepwater horizon », en plein cœur du Golfe de Mexique, provoquant la mort de 11 personnes, la fuite de 680 000 tonnes de pétrole brut, jusqu’au 15 juillet, couvrant 9000 km2, jusqu’à la mise en place d’un « bouchon ». lien

Une autre étude porte ce chiffre à 835 500 tonnes. lien

A titre de comparaison, le naufrage de l’Exxon Valdez avait relâché 40 000 tonnes, et celui de l’Amoco Cadiz, 228 000 tonnes de pétrole. lien

Sur cette image, les plus graves marées noires.

Le 4 aout 2010, la NOAA (National Oceanic & Atmospheric Administration) estimait qu’il ne resterait dans l’eau que 26% de pétrole, et que les 74% restant se serait évaporé (25%), scindé en microgouttelettes naturellement ou sous l’effet des dispersants (24%), brûlé (5%), récupéré à la sortie du puits, ou à la surface (20%).

Sauf que 12 jours plus tard, des scientifiques du GSGP (Georgia Sea Grant Programme), de l’Université de Géorgie ont dit tout à fait autre chose, déclarant que 70 à 79% du pétrole se trouverait encore dans l’écosystème marin.

Ils contestent le taux de biodégradation, expliquant que le pétrole de profondeur se décompose bien plus lentement, à cause de la température relativement basse de l’eau.

De plus, ceux qui se dégradent rapidement, les hydrocarbures à courte chaine, ne sont pas les plus toxiques.

Le 19 aout 2010, une équipe de la WHOI (Woods Hole Oceanographic Institution) confirme avoir détecté un long panache d’hydrocarbures de 35 km de long, épais de 200 mètres, naviguant à 1 100 mètres de profondeur.

Jean Oudot, professeur au Muséum national d’histoire naturelle va dans le même sens, avec plus de nuances en déclarant : « aucun de ces articles ne permet d’estimer le taux de biodégradation du pétrole  ». lien

Les dégâts occasionnés par la catastrophe sont nombreux, certains étant liés au dispersant toxique utilisé, le Corexit EC9500A et EC9527A, (lien) et provoquant 5 mois après sa dispersion de graves affections des voies respiratoires et des sinus, vomissements, diarrhées, éruptions cutanées, fièvre, hypertension, arythmie, ulcères, hémorragies internes. lien

En novembre 2010, ce sont les crevettes rouges, (salicoque royale), qui ont subi les conséquences de la catastrophe de Deepwater, et dont la pêche a été fermée après la découverte de boulettes de goudron dans le filet d’un pêcheur. lien

Quant aux thons rouges, lesquels se reproduisent seulement dans le Nord du Golfe du Mexique, ils étaient en pleine époque de reproduction au moment de la catastrophe, et les experts estiment que la naissance de ces poissons si recherchés, et de plus en plus rares, aurait baissé de 20%. lien

Un an après la catastrophe, on découvrait que l’impact sur l’environnement avait été largement sous-estimé, et que les Baleines et autres dauphins avaient payé un lourd tribut suite à cette catastrophe.

La pollution aurait provoqué la mort d’au moins 1152 animaux, dont 770 oiseaux, 341 tortues de mer, 41 dauphins et autres mammifères, bilan provisoire et sujet à caution, d’autant que début 2011, des centaines de dauphins ont été retrouvés morts sur les plages de l’Alabama et du Mississipi. lien

Une 1ère étude avait affirmé que seules 101 baleines auraient péri, se basant sur le nombre de cadavres retrouvés, mais Rob Williams de l’Université « British Columbia » estime qu’on ne peut pas faire un tel comptage, car le nombre de carcasses ne représente qu’une faible proportion des animaux tués, et que l’ampleur du désastre pourrait être 50 fois plus grave que ce que l’on croyait.

Ce que confirme un autre scientifique, le Dr Scott Kraus du « New England Aquarium », expliquant qu’il faut compter 16 décès par carcasse récupérée, ajoutant : « le nombre de carcasse échouées est extrêmement trompeur si on l’assimile au nombre de décès causés ». lien

En 2012, grâce à une étude réalisée par Siddartha Mitra, de l’université de Caroline de l’Est, on sait que la chaine alimentaire du Golfe du Mexique a été impactée. lien

Le mensonge va au-delà de ça, puisqu’en avril 2012, Kurt Mix, un ancien ingénieur de BP a été arrêté pour « obstruction à la justice » : il avait détruit des preuves liées à l’explosion de la plateforme.

Les messages qu’il avait tenté d’effacer prouvaient que le groupe BP savait, quelques semaines après la catastrophe, que la fuite était 3 fois plus importante que les estimations publiées. lien

Mais, puisque ces messages envoyés par cet ingénieur sont parvenus à BP, pour quelles raisons n’y a-t-il pas d’autres inculpations ?

Il y a plus grave, la plateforme Atlantis, située à 250 km de la Nouvelle Orléans, la plus grande connue au monde, pourrait bien provoquer, un jour ou l’autre, une pollution 30 fois supérieure à celle de Deepwater.

C’est un ingénieur texan, Max Sawer, qui nous apprend que 85% des instruments de contrôle et de commande des canalisations n’ont pas été soumis à une validation technique, et 95% des soudures sous marines n’auraient pas été certifiées. lien

Pourtant, il n’y a pas que Deepwater  : la fuite de pétrole en eau profonde survenue en novembre 2011 au large du Brésil provoquant l’apparition d’une nappe de pétrole d’1 km de long a été jugée minime par Chevron, l’exploitant et le moins que l’on puisse dire, c’est que les médias l’ont discrètement occulté. lien

Après BP, c’est Total qui a été confronté le 25 mars 2012 à une fuite, du gaz cette fois, sur la plateforme d’Elgin-Franklin en Mer du Nord, et c’est discrètement que l’on apprenais que l’exploitant avait entamé le forage de 2 puits de secours pour tenter d’arrêter la fuite finalement colmatée le 21 mai dernier. lien

Elle aurait provoqué un lâcher de 23 tonnes de pétrole d’après Total, et proviendrait d’un forage fermé une année auparavant (lien).

Au total, au bout de 2 mois, ce sont donc 12 000 000 m3 de méthane qui ont été relâchés, ce méthane 23 fois plus dangereux que le CO2 en matière de réchauffement climatique. lien

Et quid de la pollution du fleuve Angara ?  

Elle a pourtant souillé en toute discrétion ce fleuve sur une longueur de 10 km de long en avril 2012. lien

Sur le chapitre des pollutions moins médiatisées, celle qui se produit au Nigéria depuis 50 ans, représente 9 millions de barils de brut (soit 1,26 millions de tonnes de pétrole) lesquels se sont déversés dans le delta du Niger. lien

Au niveau de la répression, il reste pas mal de chemin à faire, comme le constate Bernard Bouloc, professeur à l’Université de Paris 1.

Dans un rapport récent, il rappelle que «  la notion de « dommages-intérêts punitifs » n’est pas reconnue en droit français, et que les photographies, malgré la précision du point de vue de l’image, n’établissent pas l’existence d’hydrocarbures, n’identifie pas toujours le pollueur, et ne tienne pas compte des circonstances dans lesquelles le rejet s’est effectué  ». lien

Dans le cas de Deepwater, la facture s’élèverait à 2,5 milliards pour l’industrie halieutique de Louisiane, et 3 milliards pour le tourisme de la Floride  ; BP aurait versé en octobre 2010 6 milliards de dollars (ce qui est son chiffre d’affaire réalisé au cours du 1er semestre 2010) pour réparer les dégâts, provisionnant 32 milliards de dollars pour faire face à l’ensemble des couts, et mettant sur un compte bloqué 20 milliards de dollars afin d’indemniser les victimes. lien

En avril 2012 un accord a été trouvé entre les 116 000 plaignants et BP avec à la clef le versement de 7,8 milliards de dollars, somme que l’entreprise ira puiser dans le fond bloqué, (lien) mais il doit être ratifié par la justice.et ne porte pas sur les plaintes déposées par les actionnaires de BP, ni sur celle des entreprises touchées par le moratoire qui avait été décidé dans le Golfe du Mexique. lien

Pourtant, l’environnement reste le grand oublié de l’affaire, et les forages en haut profonde ont repris de plus belle, à moins que la proposition de loi déposée par le groupe SRC n'aboutisse finalement, (lien) car comme dit mon vieil ami africain : « il vaut mieux jouer aux échecs que les collectionner  ».

L’image illustrant l’article provient de « observatoiredesidées »

Merci aux internautes de leur aide précieuse

Olivier Cabanel


Tag(s) : #Philosophie-réflexion

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