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L'évolution mondiale de la tuberculose est préoccupante. Dans son rapport de début d'année, l'OMS l'a placée dans les trois maladies infectieuses à traiter prioritairement. Une résistance qui est surtout la conséquence de mauvais choix politiques.

Atlantico : En Biélorussie, on a enregistré cette année le taux le plus important de l'histoire de tuberculose multi résistante. Au Sénégal, les cas se multiplient à Dakar. En France, des foyers sont apparus, en Seine-Saint-Denis par exemple, et se développent de manière inquiétante. Pourquoi ne parvient-on pas à lutter efficacement contre la tuberculose ?

 François Bricaire : Plusieurs éléments rendent cette lutte ardue :

François Bricaire

 

François Bricaire est un médecin. Il est chef du service Maladies infectieuses et tropicales de l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière de Paris. Il est professeur à l'Université Paris VI-Pierre et Marie Curie.

 

 

 

  • La paupérisation générale des populations s’accentue. Les problèmes économiques mondiaux ne vont pas faciliter la lutte contre la tuberculose. C’est une maladie complètement liée à la pauvreté et aggravées par tous les facteurs liées aux difficultés d’existence et la promiscuité au sein des populations. Nous sommes actuellement au cœur d’une situation optimale pour le développement de cette maladie.

 

Cet aspect économique des choses entraîne à la fois une augmentation des migrations, une concentration de personnes dans des foyers infectieux où la transmission s’effectue plus rapidement dans la mesure où elle se fait principalement par les voies respiratoires.

 

  • La persistance et l’extensionde l’infection du VIH. Cette dernière crée une immunodéficience. Le VIH se répand dans des zones où, faute de prise en charge de cette épidémie, il entraîne un sur-risque de tuberculose.
  • D’un point de vue médical, la tuberculose est une maladie difficile à traiter. Il faut plusieurs antibiotiques à prescrire pendant plusieurs mois. Encore faut-il pouvoir se les procurer. Les patients doivent comprendre l’importance de leur prise régulière et sans interruption. C’est là où le bât blesse : nous avons du mal à faire accepter à ces populations malades des traitements aussi contraignants.

 

 

Le manque de fiabilité de ces médicaments et les douleurs qu'ils entraînent décourageraient beaucoup de patients. Qu'en pensez vous ?

 

Le traitement est effectivement lourd. Il faut avaler un grand nombre de gélules à des horaires pesants. Beaucoup l’acceptent difficilement. A terme, c'est pourtant beaucoup moins problématique que les conséquences de la maladie elle même. Si elle peut paraître, durant quelques mois, relativement peu gênante, elle peut devenir réellement grave pour les patients lorsqu'elle finit par se déclarer franchement.

 

Il y a par contre effectivement un vrai problème en termes de fiabilité et de qualité des médicaments fournis. Ils sont prescrits sur ordonnance puis distribués via un réseau de fournitures médicales. Dans les pays moins développés, il y a là de vrais problèmes de qualités.

Tag(s) : #SANTE

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